‹ Le juifChapitre 82 sur 312 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

resse le nom Israélite ' ! » Comment d’ailleurs, s’il découvre jamais ses enfants, les arracher aux mains des fanatiques qui combinèrent leurs plans avec une audace, avec une habileté si grande, et qui les exécutèrent avec une précision

si rare! Mais le Ciel est avec lui, sans doute, et dès lors

qu’importent les Juifs! Il espère. Un beau jour, en effet, un mécontent, un jeune Israélite que les procédés défiants de ses coreligionnaires ont blessé dans son orgueil, vient trouver Drach, et lui livre le secret judaïque. La retraite de sa famille lui est connue. Elle réside b Londres, et ne quitte point cette ville! Ses enfants sont vivants, et croissent sous l’aile de leur mère. O bonheur! Il vole aux pieds de cette femme, et s’y précipite; il use de tous les moyens que lui suggère le cœur; il réveille toute la puissance des souvenirs, il épuise toutes les tentatives de la tendresse paternelle et conjugale, mais l’implacable Juive le repousse. A peine peut-il en obtenir la grâce d’embrasser sa jeune famille ; encore cette faveur ne lui est-elle accordée que sous les yeux de celle qui jamais ne lui pardonnera l’ignominie d’avoir fait d’elle la femme d’une brute, d’un converti, d’un chrétien! Toutes les précautions, toutes les sûretés d’ailleurs ont été prises contre l’époux, contre le père... Que teutera-t-il donc, et comment rentrer en possession de ces innocents? Adressera-t-il une requête à l'autorité, caria législation britannique reconnaît, comme la nôtre , le droit du père sur ses enfants. Mais, au bruit de « sa première démarche, les Juifs, maîtres de sa famille, usant des grands moyens dont ils disposent, la feront disparaître pour toujours. S’en emj)arera-t-il par surprise? Cela parait impossible, avec des gens tels que les Juifs! »

Le Ciel cependant lui inspire ce dernier parti, qui paraît inexécutable, et, Dieu aidant, l’impossible sera fait, fut fait, bien fait, et promptement fait. Notre témoignage est du

< Lire à l’appui de ce mot, digne de toutes nos méditations, ce que Drach ajoute sur les assassins du P. Thomas. (Voir plus bas notre chapitre Assassinat.) Ih., Drach, Harmonie, t. 1“'', p. 79; Paris, 1844.

nombre de ceux qui l’afOrment; et la raison, c’est que le hasard nous rendit l'un des initiés involontaires de la fin de ce drame. Car les enfants de Drach, c’est-k-dire deux filles et un garçon, furent ramenés en France et mis en sûreté dans l’intérieur des terres-, le lieu de retraite du fils, ce fut le vieux château , le château demi-sauvage et pittore.sque d’un louvetier de nos amis, dont la femme et les filles devinrent la famille de l’orphelin' ; et cet asile était l’une des étapes favorites de nos chasses. Ce fut l'a que nous connûmes le docte et soucieux rabbin, qui s’apprivoisa bientôt avec nous jusqu'à venir de temps en temps prendre gîte sous notre toit!... Lorsque les tristes événements de 1830 eurent réintégré dans l’Europe , un instant rafraîchie par les bienfaits d’un régime réparateur, l’ère brûlante des révolutions, Drach, redoutant « de nouveaux attentats contre ses enfants, » partit pour l’étranger, résolu d’achever leur éducation hors de France. Quant à sa femme, après avoir résisté aux invitations les plus réitérées et les plus tendres, elle avait déclaré ne vouloir plus « jamais rien savoir » de ces petits malheureux : c’est-à-dire que, dans « son aversion pour le christianisme, » elle avait renié non-seulement son mari, mais son propre sang, ses entrailles, plutôt que d’aimer, plutôt que de tolérer près de son cœur des êtres humains déchus à l’état de brutes, des chrétiens’!

Ce fait que nous n’isolons point de sa date (1823) est pris au hasard entre une multitude de faits analogues et plus graves. Il n’est point extrait de pages empruntées au sixième,

* C’est là ce que nous avons décrit ailleurs.

2 Une des lettres d’invectives que cette mère avait écrites à Drach renfermait le dessin d’un poignard. Ib., p. 76. Lire plus de détails, mais non pas tous les détails, dans Harmonie, t. I, p. 73 à 86, d’où nous extrayons ces lignes sans y ajouter nos propres documents, car nous connûmes aussi à Londres ropulente et Irès-honorablè famille grâce à qui se fit le contre-enlèvement. Lire la relation complète de Si. le docteur Morel, Mémor. calh., de mars 1826. Ce docteur est un Israélite converti. Son père, Yekl-Mutzig, l’amena fort jeune à Paris; sa mère, devenue veuve, quitta cette ville par suite de l’intolérance des Juifs contre elle ; restée juive, « elle n’était coupable que d’avoir un fils catholique. » Harmonie, t. I'-'’, p. 231.

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