LES JOIES
matrone, remplir les temples de prostituées au nom de» dieux du ciel, introduire et fonder, sous mille formes, la servitude morale à côté de l'esclavage corporel et du culte homicide?
La loi du Christ, au contraire, la foi chrétienne n’at-elle pas fait germer les vierges? n’a-t-elle pas relevé par la pénitence la virginité déchue des Madeleine? n’a-t-elle pas humanisé les bêtes féroces qui hurlaient les idiomes du Nord? n’a-t-elle pas dissous, plutôt que brisé, les fers des ergastules? Et, jusque dans la boue de sang des amphithéâtres, remuant la pourriture du cœur romain, n’a-t-elle pas fait sortir des ardentes moiteurs de ce fumier les perles vivantes de la charité, du dévouement et du martyre?
Or, ce que l’histoire a dit de l’idolâtre et du chrétien, qui de nous oserait le nier du Juif? Si donc nous retournons l’ordre des choses, comment, ’a prendre le Juif d’âge en âge, à suivre les parfums, les senteurs de vices ou de vertus dont il sature autour de lui l’atmosphère ; ’a le juger jadis et aujourd’hui par ses actes, par ses mœurs, par les irrésistibles colères ou par les sentiments excessifs qui de toutes parts ont éclaté sur ses pas , comment ignorer ce que fui et ce que devient sa foi ?
Source et mesure de ses actes, sa croyance dut être'et fut en effet, la raison, la source et la mesure de sa moralité. Tant valait cette foi, tant valut le Juif. Eh bien, que crut-il donc, et que croit-il aujourd’hui? quelle est sa loi, c’està-dire, en d’autres termes, quelle est sa foi?
Vous qui l’écoutez, chapeau bas! car, s’il dit vrai, ce Juif, sa foi, c’est la loi de Moïse! Dieu la traça de son doigt sur la pierre de la montagne, lorsqu’elle s’était effacée de la pierre du cœur humain. Et c’est en serrant le Décalogue contre sa poitrine avec les démonstrations de l’amour que le Juif s’écrie : Voici le code immortel de ma croyance! (espérant donner le change au chrétien et défier sa critique). A Moïse donc de nous dire ce que croit Israël.