‹ Le juifChapitre 91 sur 312 · CHAPITRE. CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE. CINQUIÈME

tout engagement avec un chrétien est remis , et remit <tavance, au Juif qui prétend user du privilège que lui confère le Kol-Nidrai. Jamais, non, jamais entre ces deux êtres le lien social d’une promesse, d’un contrat, d’un accord, ne s’est formé , ne se forme et ne se serre , sans que le Juif, mais le Juif tout seul, et nullement le chrétien, se trouve armé du droit de le rompre et de le trancher. Mais, en le violant , sa conscience reste en paix , exempte d’alarmes ou de remords, car elle reste pure, judaïquement pure, s’il est orthodoxe.

Oui, « de nos jour» encore (1827), c’est devant un tribunal de trois que se donnent les lettres de divorce , etc. -, et trois Juifs QUELCONQUES, qu’un autre Juif fait asseoir, ont pleine autorité de le délier de tes serments et d’annuler ses promesses , ses engagements , tant pour le passé que pour l’avenir'. »

Et pour laisser plus à l’aise la conscience du Juif, ou si l’on veut, afin de moins en exposer la délicatesse aux atteintes • du souffle tentateur, « cette cérémonie, nommée l’annulation des vœux et des promesses , — Hapharai-nédarim , — se fait pour chaque Juif au moins une fois l’an , » et prévient ses désirs. L’usage est de choisir pour son accomplissement « les jours de pénitence, depuis la veille du jour de l’an , vers le mois de septembre , jusqu’à la veille de la fête des expiations. »

Avant don§ que le chantre ait entonné dans la synagogue la première prière de cette fête , « trois hommes réunis en tribunal , et placés en tête de l’assistance , annulent de leur pleine autorité tous les vœux, les engagements et les sermetits de chacun de l’assemblée, tant ceux de l’année qui vient de s’écouler que ceux de l’année où l’on est entré. On appelle cela Kol-Nidrai. Quelques rabbins ont voulu soutenir que cette dernière annulation n'est valable que pour l’avenir ^

‘ Drach, lettre deuxième, p. 8Î-3; 1827. Le magnifique sermon de la Fausse conscience, de Bourdaloue, qui révèle tant de faux chrétiens à eux-mêmes, serait bien indispensable au Juif, si ses yeux pouvaient s’ouvrir devant un tel texte !

mais l’effet en serait exactement le même, puisque cette cérémonie se renouvelle chaque année. Ils ont d’ailleurs été victorieusement réfutés par d’autres docteurs , qui prouvent ■' que l’on en profite aussi bien pour le passé que pour l’avenir.

Aucune nécessité d’ailleurs, et nous le répétons, n’existe pour le contractant de se prêter aux lenteurs du retour de l’année; et de nos jours (1827) comme autrefois, « le Juif qui sent sa conscience trop chargée de promesses et de serments fait asseoir trois de ses frères qui se constituent aussitôt en tribunal. Devant cette cour, il expose qu’il se repent de toutes les promesses et de tous les serments qu’il a jamais articulés,, et qu’il les rétracte. Ils sont si nombreux,, dit-il en terminant sa protestation, que je ne saurais les spécifier. Qu’ils soient donc U vos yeux, ô rabbins, comme si je les avais énumérés en détail! » Le tribunal formé de ces trois Juifs quelconques « déclare, sans autre forme de procès, ces promesses et ces serments nuis, de nul effet, et non avenus’. » A son tour le délié déliera ceux qui viennent de • faire tomber ses liens, si ceux-ci l’en requièrent. Quoi de plus commode et de plus simple?

Parla prière Omnia vota, pacta, juramenta , faite le jour de Kippur, c’est-à-dire le jour de leur expiation, les Juifs entendent donc , ainsi que nous le dit le docte auteur de ï’Harmonie entre l’Église et la Synagogue, que « tous les vœux, toutes les conventions, tous les serments de^délité qu’ils ont pu violer ou ne pas accomplir dans l’année précédente, sont annulés-, qu’ils ne peuvent plus leur être imputés à péché, et qu’ils sont réunis sans qu’il y ait compensation à établir pour le préjudice qui peut en résulter. Dans cette croyance , au lieu de se regarder comme des criminels et des parjures , ils sont persuadés de leur candeur et de leur sincérité! » Telle est la force des doctrines perverties et de la fausse conscience!

' Deuxième lettre d’un rabbin, etc., p. 82-83, 304-5; un vol. in-8°; Paris, <827.

Page 1