‹ Le juifChapitre 92 sur 312 · CHAPITRE CINQUIÈME. ‘ 1S · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. ‘ 1S

Apprenons d’ailleurs aux intéressés, dont il est certain que la plupart l’ignorent, qu’il existe chez les Juifs des tours de phrases et des formules particulières , accompagnées de différents actes extérieurs, qui dépouillent ou revêtent le serment de sa validité. « Le chrétien qui n’est pas au courant de ces détails, croit au serment, tandis que le Juif a juré sans scrupule une chose contraire à la vérité. Ce qu’il y a de positif, c’est que Maimonide, c’est-à-dire la première de toutes les autorités religieuses dans le judaïsme,

K et le rabhin Cozzen , proposent un grand nombre de ces détours et de ces subtilités pour délivrer leurs coreligionnaires de l’obligation de tenir leurs serments'! »

Lorsque, par exemple, ceux qui tiennent à se dégager de la foi jurée entrent dans la synagogue la nuit qui précède la fête de Kippur, ils ont simplement à tenir en main le livre de la loi , puis à prononcer ces paroles ; « Moi , Isaac ou David, etc., je déclare devant Dieu et devant vous que tous les serments que je ferai à quelqu’un pendant l’année prochaine, et que j’aurai promis d’observer, tandis que ma volonté ne consentira pas à les observer, je veux qu’ils soient nuis, de nulle valeur, et non imputables à péché si je ne les accomplis pas. » Cette formule change en actes légitimes la violation la plus criante des promesses et des serments. Voilà ce que les rabbins , voilà ce que le Talmud, ont su faire de la conscience humaine !

C’est pourquoi le docte néophyte Pfefferkorn, examinant la doctrine de la Synagogue au sein de laquelle il était né, ne craignait point d’écrire ; « Il arrive quelquefois qu’un débats’élève entre un chrétien et un juif au sujet d’un gage, d’un prêt,... ou de quelque autre chose importante, de sorte que , en l’absence de preuves , le Juif est obligé de prêter serment... » Vous l’entendez alors jurer, et sans

‘ Une des conditions essentielles pour la validité de l’absolution, lorsque le catholique qui se confesse la reçoit, c’est la compensation, selon ses forces, du tort quelconque qu’il a fait, et qui se nomme satisfaction.

difficulté, sachant qu’il jure une chose fausse, mais qu’il ne doit redouter aucun Dieu vengeur du parjure-, car le Talmud a dégagé sa conscience, et sa religion le couvre!

En vérité, lorsque le judaïsant ne voit dans le chrétien qu’une brute, et se refuse à reconnaître en lui son prochain, le chrétien ne doit-il pas s’applaudir de n’étre point considéré par un tel homme comme son semblable!

Quelques Juifs ont soutenu que la loi morale qui les gouverne est^elle même qui règle leurs rapports avec les chrétiens; et, pour nous donner le change k ce propos, au lieu de nous qualifier de Goïm ils nous qualifient de Gherim.

Mais ne nous y laissons pas tromper, le goïm, c’est le non- Juif, payen ou chrétien-, tandis que le gherim est le prosélyte qui renonce ’a tout autre culte pour embrasser le culte d’Israël. Or, aux yeux de la loi, ces convertis étrangers, ce sont des frères; ils ont cessé d’être des brutes , ils acquièrent par leur entrée dans la Synagogue la qualité d’hommes; et, dès lors, les lois delà morale naturelle deviennent obligatoires ’a leur égard'. »

Les lumières, les phares resplendissants qu’élèvent audessus de nos têtes ces points capitaux du Talmud, projettent de lointains rayonnements sur le passé des Juifs, et l’histoire puissamment éclairée par de tels foyers se montre k nous sous un jour qui la dépouille de ses énigmes k l’égard des égarés de la dispersion. Nous comprenons alors, tout en nous soulevant contre les cruels excès de la réaction , dont les Juifs eurent sans cesse k souffrir d’un bout k l’autre de la terre, le désespoir et la fureur des peuples, sans cesse et sans pitié déçus et dévorés par ces hommes, d’autant plus rebelles et hostiles aux sentiments de la nature humaine qu’ils entraient plus scrupuleusement dans l’esprit de leur loi religieuse. Nous comprenons et nous félicitons les princes ^ ossez sages, et par cela même assez forts, pour avoir su protéger leurs peuples contre ces barbares... Et, dans cette Es-

* Rupert, l’Église et la Synagogue, p. 54 à 61 ; Paris, 1859, in-lî.

Page 1