CHAPITRE CINQUIÈME
pagne religieuse, si misérablement calomniée par U» alliés des Juifs ^ loin de gémir sur les inhumains décrets du soU' verain qui protège contre eux ses sujets, nous admirons, au contraire, le roi d’Aragon Jacques I", de glorieuse mémoire, lorsque nous l’entendons publier k Barcelone, dans une assemblée générale de ses États , la constitution où l'u> sure des Juifs reçoit le taux de 20 pour cent comme limite extrême, et qui défend d’ajouter le moindre crédit k leur serment. L’expérieûce et la connaissance de leur, morale , ajoute ce monarque, ont enseigné ce que vaut dans leur bouche la foi jurée-, on doit donc s’abstenir de réclamer d’eux cette sanction verbale et n’admettre contre leurs débiteurs que des titres réguliers ' . »
Ici se présente l’occasion de rappeler que des serments d’une nature toute particulière avaient pour but, dans certains pays, de chercher et d’atteindre le Juif orthodoxe au fond de cet abîme qu’il nomme sa conscience. On y parvenait quelquefois en usant de la formule judaïque qui valait k cet acte la dénomination de serment more ju~ daïco. Un ami de la nation juive, appartenant a l’école libérale avancée, publia celle que nous offrons au lecteur et qui fut extraite d’un arrêt de la cour de Colmar, k la date du 10 février 4809. Nous transcrivons avec exactitude cette pièce curieuse, et sans nous permettre d’en redresser le style :
« En consultant les décrets impériaux rendus sur la matière , et en rapprochant les dispositions de ceux des Empereurs Sigismond et Charles-Quint du 12 août 1530, concernant les privilèges des Juifs, de la jurisprudence adoptée par la cour d’appel de Brunswick-Lunebourg , les reglements de la cour impériale de la basse Autriche de ceux du Magistrat de Francfort du 7 décembre 1705, et des autres États
• Mesures qui au bout de douze ans furent insuIRsantes. — Ihid., Marca Hispanic.,1. FV, p. 167; an 1228. Jacques 1''' règne au moment où meurt Moïse Maimonide, le grand docteur du Talmud , le véritable Moïse du Juif talmudisant. On voit quel être il faisait du Juifl
de l’AIIeniagDe, il en résulte que le Juif auquel il avait été déféré un serment, devait se présenter accompagné de dix Juifs de son sexe, dont chacun âgé de trente ans au moins, à la synagogue, et là, la tête couverte, le front et la main garnis du Tephillin Schel Rasch , et du Schel jad ', couvert du Tallis*, et revêtu de son Arba canphor avec les zizzis ’, se poster devant l’Oren »
« En ce moment, le Cascher Sepher Thora* en sera • extrait et porté avec pompe sur l’Almemor *, où l’on donnera lecture du passage qui concerne le serment. »
« La Thora sera ensuite posée sur le bras du Juif, qui, la main droite étendue sur le cinquième livre de Moïse, verset :
M Tu ne prendras pas le nom de Dieu en vain, » après avoir entendu l’explication qui lui en sera faite par le rabbin, ainsi que du serment et des malédictions qu’encourent les parjures, répétera la formule suivante :
« Adonaï (Seigneur Dieu), créateur du ciel, de la terre et de toutes choses ,' qui es aussi le mien et celui de tous les hommes présents ici , je t’invoque par ton nom sacré en ce moment, où il s’agit de dire la vérité. Je jure en conséquence » que etc... « Je te prie donc, Adonaï, de m’ai-
der et de confirmer cette vérité. Mais, dans le cas où, en ceci j’emploierais quelque fraude en cachant la vérité, que je sois éternellement maudit, dévoré , et anéanti par le feu dont Sodomeet Gomorrhe périrent, et accablé de toutes les malédictions écrites dans la Thora-, que l’Éternel, qui a créé les feuilles, les herbes et toutes choses, ne vienne jamais à mon aide ni à mon assistance dans aucune de mes
' Cuir en forme de courroie, dont se servent les Juifs dans leurs prières, et dont ils s’entourent la télé et le bras gauche.
2 Voile dont ils se couvrent la tête.
^ Arba canphor avec les zizzis, sorte de manteau consacré auquel pendent huit fils.
* Sanctuaire, tabernacle.
5 Le véritable livre de la loi, c’est-à-dire la loi composée des cinq livres de Morse, écrits en gros caractères sur un rouleau de parchemin enveloppé d’une étoffe de soie, et orné de plaques d’argent.
B Estrade carrée, au milieu de la synagogue.