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CHAPITRE CINQUIÈME

Et telle fut, d’après la même autorité judaïque, la vertu de cette recommandation, que les Juifs ne sont aujourd’hui ni plus ni moins im probes que les protestants ou les catholiques, et que, par exemple, les condamnations pour usure seraient « moins nombreuses en Alsace et en Lorraine que dans tels départements du centre de la France où ne résident pas d’Israélites »

Il nous restera tout à l’heure à reconnaître si les déclarations du Talmud, si celles de l’histoire et de la statistique générale sont conformes ou contraires h celles des autorités que nous avons cru devoir mettre en ligne en faveur d’Israël. Mais d’abord, et lorsqu’il s’agit de se former une opinion sérieuse sur les Juifs, comment répéter sur assez de tons qu'il est aussi plaisant de l’entendre nous donner pour sa loi religieuse la loi de Moïse, qu’il le serait d’entendre, au Japon, un hérétique, parce qu’il est chrétien, donner pour sa loi les décrets des conciles œcuméniques de l’Église.^’ Une fois encore le Talmud, voila, sauf une insignifiante exception, voilà quelle fut, pendant de longs siècles et jusqu’à celui-ci , la loi du Juif-, voilà sa foi, voilà la règle de conduite de « l’indestructible noyau de la nation m, et les traditions pharisaïques de ce code, transmises par les rabbins, non-seulement dominent, mais effacent et repoussent dans le néant les préceptes du divin législateur.

Veuillons donc graver profondément dans notre mémoire cet imprescriptible axiome de l’orthodoxie judaïque : « Ceux qui violent les préceptes des scribes doivent être punis plus sérieusement que ceux qui violent la loi de Moïse; l’infracteur de la loi de Moïse peut être absous, mais le violateur des préceptes des rabbins, — c’est-à-dire du Talmud, — doit être puni de mort*, » et la vie du Talmud, c’est la mort des préceptes mosaïques !

‘ Archives israéliteS) II, p. 81-2, 15 janvier 1867.

2 E. H., t. III, ord. 4, tract. 4, dist. 10, p. 297, extraits de la Prompta Bibl. de Lucius Ferrari. Laurent, Syrie, t. H, n. 394; 1846. Id., Dracli, lettre première, p. 74; 1825. — Id., Rohrbacher, Hist. univ. de l’Eglise, XV, p. 483 , etc.; Paris, 1851.

i(62 LES JUIFS.

Mais riiistoirc, si nous la consultons, nous tiendra-t-ello un langage qui se rapproche de l’idée que U Juif du Sanhédrin nous inculque de scs devoirs charitables? Quelques rapides étapes à travers les siècles nous donneront sur ce point un commencement de réponse; et d’abord, un auteur contemporain qui ne professe point le christianisme, car, « d’après les propres termes de l’Univers israélite, il est philosophe pur sang, » M. Dclaunay nous reporte vers la chute de Jérusalem, et nous dit ; « Comme partout, comme à toutes les époques , et encore maintenant, les Juifs exerçaient ’a Alexandrie le trafic et l'usure »

Ce trait de généralité n’est point sans valeur sous une telle plume-, nous nous en contentons pour ces époques reculées, et, rapides que nous sommes, nous voulons franchir d’un bond plusieurs siècles, afln d’arrêter nos yeux sur la France et de nous livrer pendant une période suffisante à un examen de quelque importance.

Phénomène prodigieux, et qui démontre à quel inimaginable degré s’élève la puissance absorbante de ce peuple : le roi Philippe 1" chasse les Juifs de France l’an 1090, nous dit le monumental Traité de la police, « et tous les autres princes en firent autant, chacun dans ses États », à tel point ces hommes de rapine s’étaient rendus intolérables. Cependant, « leur rétablissement se fit on France quelques années après.. i à des conditions qui parurent favorables h leur sûreté , mais qui augmentaient beaueoup le poids de leur servitude. Ils se rendirent tributaires, et le roi les partagea avec les princes et les autres seigneurs de sa cour. Sous cette protection, ils continuèrent véritablement leur commerce; et en payant la somme convenue, le reste de leurs biens leur appartenait; mais ils étaient tellement attachés ’a leur seigneur qu’il les considérait comme /in’iaurjoorrie deson domaine... Ils entraient eux-mêmes dans le commerce comme un héritage ; on les vendait, on les revendiquait, on les hypothéciuait à

> L’Univers israélite, p. 71, octobre 1867. A Alexandrie, et dans toute l’Afrique voisine (le la Judée, leur nombre était énorme.

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