CHAPITRE CINQUIÈME
ses créanciers, et il y avait action de complainte contre les gens qui en troublaient la possession. »
Concevons - nous un peuple ayant conservé quelque respect de lui-même, un peuple à qui le monde est ouvert, si l’on n’excepte quelques États chrétiens , et qui , pour assouvir sa cupidité, se prête de gaieté de cœur à subir l’humiliation de ces lois exorbitantes, ou plutôt qui les sollicite comme une. faveur; et pourrons-nous comprendre qu’il les accepte çans en restera jamais écrasé? Alil si nous le comprenons , c’est que nous nous sommes fait une bien pauvre et bien fausse idée des ressources du génie judaïque. En effet, « les choses, reprend l’auteur du Traité de ta police, demeurèrent en cet état sous les règnes de Louis le Gros et de Louis le Jeune' , et c’en fut assez pour enrichir de nouveau les Juifs. Les usures excessives qu’ils exerçaient avaient mis dans leur dépendance les biens et les fortunes de la plus grande partie des chrétiens*. »
Voilà donc les hommes libres de la France en train de devenir les biens et la chose de ceux qu’ils viennent de constituer leurs serfs! voilà que, des bas-fonds de cette servitude, naît et sort la domination des inévitables et terribles usuriers, contre lesquels le célèbre abbé de Cluny, Pierre le Vénérable, adresse au roi Louis VII (H37 à H80) sa requête avec une sainte et mâle liberté. Car se Contenir n’est plus possible. Il s’élève donc avec vigueur contre les inimaginables envahissements de cette face qui concentre dans ses mains tous les trésors de la France; cette même race dont le grand docteur de l’Église, saint Bernard, s’était fait le charitable défenseur, mais dont la charité chrétienne, qui ne saurait laisser périr la victime dans la crainte de frapper le bourreau , jugea qu’il devenait urgent de réprimer l’audace.
• Il est temps que justice soit fhite , et loin de moi pourtant la pensée « qu’on doive les mettre à mort, s’écria
* Louis VI, de nos à 4137; Louis VU, do 1137 à 1180.
* Delamare, 1. 1", p. 281 ; Paris, 1706, in-fol.
Pierre-, mais ce que je demande, c’est qu’on les punisse daus une mesure proportionnée à leur perfidie. Et quel genre de punition plus convenable que celui qui est à la fois une condamnation de l’iniquité et une satisfaction donnée à la charité? Quoi de plus juste que de les dépouiller de ce qu’ils ont accumu/é par la fraude? Ils ont ravi et dérobé comme des voleurs; et, qui plus est, comme des voleurs assurés jusqu’à ce jour de l’impunité! Ce que je dis est de notoriété publique. »
« Ce n’est ni par les travaux simples de l’agriculture , ni par le service régulier dans les armées, ni par l’exercice de fonctions honnêtes et uliles, qu’ils font abonder les céréales dans leurs magasins, le vin dans leurs celliers, l’or et l’argent dans leurs coffres. Que n’en ont-ils amassé par tout ce que la ruse leur a permis d’arracher aux chrétiens, et par tout ce qu’ils ont acheté furtivement et à vil prix aux voleui's, habitués à faire passer dans leurs mains tant d’objets gui nous sont chers! Qu’un voleur vienne en effet à dérober de nuit des encensoirs, des croix, des calices consacrés, il échappe aux poursuites des chrétiens en recourant aux Juifs-, et, trouvant auprès des hommes de cette race une malheureuse sécurité, non-seulement il se prépare à de nouveaux méfaits, mais il livre à la Synagogue de Satan tout ce qu’il sait enlever de sacré à nos églises... Puis, la perversité des Juifs leur fait employer ces vases célestes à des usages qui sont un opprobre pour nous et pour .lésus- Christ luimême. »
Que dire , enfin , lorsque ce commerce si criminel s’abrite avec sécurité sous la protection d’une loi aussi ancienne que diabolique, et que portèrent cependant des princes chrétiens? Cette loi veut que lorsqu’un objet sacré quelconque est surpris aux mains du Juif, ou que le Juif recèle un vol sacrilège, nul ne puisse l' obliger à restitution , nul n’ait droit de le contraindre à nommer le voleur dont son argent entretient l’industrie! Ainsi reste impuni chez le Juif un détestable sacrilège, que le chrétien , s'il s’en rend coupable.