‹ Le juifChapitre 98 sur 312 · CHAPITRE CINQDIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQDIÈME

expie par le supplice de la corde' ! Car voiik quel est le privilège de ce dernierl

Aussitôt que Philippe Auguste s’est assis sur le trône, le toile général retentit de nouveau contre les Juifs. On les accuse, et les termes sont précis, « d’avoir ruiné le peuple par leurs usures, de s’être rendus par cette voie injuste les maîtres d’une inllnité de terres considérables, et de presque la moitié des maisons de Paris; d’avoir reçu pour gages les vases sacrés, les trésors des églises, et de les avoir profanés. On y ajoute qu’ils ont réduit plusieurs pauvres chrétiens à devenir esclaves, et qu’enfin ils en crucitient tous les ans le jour du vendredi saint. » ( Voir plus bas en ce volume.)

Déjà (c les lois ecclésiastiques les avaient privés de toutes les charges publiques, parce que ceux que l’on y avait soufferts avaient abusé de leur autorité contre les chrétiens »; et déjk rÉglise avait exhorté les princes k « contraindre les Juifs de cesser leurs usures, et de rendre celles qu’ils avaient exigées des chrétiens. » il devenait alors plus que jamais urgent d’aviser.

Philippe Auguste, « enfin persuadé de la malignité des Juifs, les chassa donc de ses États l’an 1182; confisqua tous leurs biens, k l’exception de leurs meubles;... rétablit ses sujets dans la possession des héritages qu’ils avaient aliénés, et les déchargea de toutes les sommes qu’ils devaient, en lui en payant seulement un cinquième’; » car le droit public, dans ces siècles barbares, n’avait point adopté le principe libéral et si cher aux gens de rapine, du respect pour le fait accompli; ni l’opinion ni le pouvoir ne

‘ On trouve ce discours plus au long dans L’Eglise et la Synagogue, p. 145 à 147; Paris, 1859. Ces mêmes habitudes criminelles des Juifs sont amplement décrites dans le traité De perfidia Judœorum, Sim. llaioli Ëpiscopi, p. 810, col. 2,p. 841, etc.; 1615. Nous ne reproduisons pas le passage de cet auteur, que nous avons déjà cité, parce qu’il nous semble être «ne copie du premier, malgré les siècles qui les séparent.

* Ibid., Traité de la police, t. !“■, p. 281. La protection coûte au pouvoir; il lui faut des agents, et sans argent, point d’agents.

garantissaient au spoliateur la possession des biens que la ruse et la violence avaient fait passer sous sa main. Ce que le voleur a pris est-il son bien, ou le bien d’autruiP et le fruit de l’usure est-il ou non le fruit du vol? Ces questions alors ne soulevaient aucun doute, et les chefs de la société, en arrachant au Juif ses richesses mal acquises, se bornaient h lui reprendre le bien, me partie du bien dont ses usures avaient dépouillé le chrétien.

Nous disons une partie du bien! Car, malgré ses lamentations stridentes elles cris aigus de ses doléances, les Juifs, en définitive, avaient l’avantage sur les chrétiens; et, malgré les persécutions — marquées au sceau de la justice — qu’ils reprochaient au pouvoir, un intérêt incomparable les ramenait et les attachait au milieu de leurs persécuteurs! Leur sécurité y était assez grande, lorsqu’ils ne suscitaient point contre eux les fureurs de quelques tempêtes , pour que tous leurs efforts fussent de rentrer dans les royaumes objets de leurs exactions et de leurs calomnies ; il leur fallait si peu de temps pour dévorer un peuplel Et si leur sort n’eût été plus favorable et plus doux chez les chrétiens que chez les musulmans et les idolâtres, qui donc les eût empêchés de s'établir une fois pour toutes chez ces barbares et d’y fixer leur demeure?

Les actes du Juif, sans ces,se en contradiction avec ses paroles, le furent une fois de plus après cette exécution, que les amis et les disciples des Juifs jugeront aujourd’hui si cruelle. Animés du plus ardent désir de rentrer dans le royaume de France, ils « sollicitèrent en effet leur rétablissement , et offrirent de grandes sommes pour l'obtenir. Les besoins de l’État, pour soutenir les guerres contre les Anglais et les Flamands, furent une occasion favorable, et leurs offres furent acceptées (H98). »

Or, quatorze ans après le rétablissement des Juifs en France, Innocent III écrivait à propos de leurs crimes et de leur ingratitude envers les chrétiens « cette excellente lettre de l’an 1212 qui a mérité d’être rnise au nombre des

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