L'EXCOMMUNICATION
!S de l'excommunication. — Deux degrés. — Formule de la grande excommunication.
eus connaissons la loi du Juif talmu-
omme toute société, et spécialement
,e société religieuse, doit dans l'intérêt
sa propre conservation éliminer les
nbres réfractaires qui refusent d'obéir à
ioi, ainsi le judaïsme conservateur du
[nud et des rabbins a aussi son excom-
nication»
Précisément aujourd'hui où le monde juif
libéral ne se lasse pas de parler de
rexcommunication de TÉglise catholique, il est doublement intéressant de connaître dans ses traits principaux V excommunication ecclésiastique imaginée par les sages du.judaïsme.
Parmi les causes * qui font encourir rexcommunication, quelques-unes méritent d'être mentionnées.
Est excommunié quiconque méprise un rabbin, serait-ce même après sa mort.
Est excommunié quiconque méprise les paroles d'un rabbin ou de la loi.
Est excommunié quiconque détourne les autres de l'observation de la loi.
Est excommunié quiconque vend son champ à un acheteur non juif.
Est excommunié quiconque prête serment contre son coreligionnaire juif devant un tribunal non juif, etc., etc.
Mais l'excommunication a trois degrés :
* Schulchan a. joreh. deah., n<* 334; cf. choschen hara., no 28 ; Talm. Baba k., 113, b.
le troisième est depuis longtemps tombé en désuétude et il suffira de décrire les deux premiers, qui sont appelés Nidd ui et ChereY js
Le degré inférieur Ni33ui, a pour effet d'isoler l'excommunié du reste de la communauté : il doit vivre séparé de ses coreligionnaires, de telle façon qu'à l'exception de sa femme et de ses enfants et de ceux de sa maison, personne ne peut l'approcher si ce n'est à la distance de quatre aunes, et que pendant toute !a durée delà peine il ne peut n i se raser , ni je laver.
Dix hommes constituent une communauté sainte, comme nous lavons vu; s'il ne s'en trouve que neuf de présents, l'excommunié ne peut pas être le dixième ; s'il entre dans l'assemblée d'une dizaine sainte, il doit rester assis à distance de quatre aunes.
S'il meurt avant l'expiration de la peine, le juge fajt mettre une pierre sur le cercueil, pour marquer que le défunt a mérité d'être
lapidé parce qu'il est mort sans avoir fait pénitence et était exclu de la communauté. C'est pourquoi on ne porte pas le deuil de sa mort, et aucun convoi n'accompagne son corps, pas même les parents de sang.
Cette excommunication peut être prononcée même par un simple particulier, et suivant les circonstances, elle peut être rendue plus rigoureuse. Sa duréè.eat-detreûte jours, mais si le coupable ne s'amende pas, elle \ est prolongée jusqu'à soixante, au besoin i jusqu'à quatre-vingt-dix jours *.
Si la conversion désirée n'est pas obtenue, I on a recours à l'excommunication majeure, ' qui s'appelle Cherem. "^
Tandis que le Niddui accorde à l'excommunié la coexistence avec ses coreligion-.
* Pour Niddui, voir J. deah, l. c. ; choschen ham., n<> ii. ; Jad. chas, hilch. talm. tora, c. 6, 7 ; Reschilh. chok., c. 7.
naires à la distance de quatre aunes, le Cherem interdit toute communauté*.
L'excommunié ne peut ni s'instruire avec les autres, ni enseigner aux autres; il ne peut ni manger, ni boire avec qui que ce soit ; personne n'a le droit de lui rendre un service quelconque ni d'en accepter un de lui : on ne peut que lui vendre ses aliments afin qu'il ne meure pas de faim.
Le Cherem doit être prononcé par dix personnes au moins.
La chose s'accomplit avec la plus grande solennité.
On allume des cierges, on sonne de la trompe et l'on prononce les plus horribles malédictions sur le pécheur. Quand l'acte est consommé, on éteint toutes les lumières pour signifier que le criminel est désormais exclus de la lumière céleste.
< Çf. Buxtorf lex. talm.^D. 828.
La formule du Gherem est conçue en ces termes :
« Par le jugement du Seigneur des seigneurs, que N... fils de N... soit excommunié, dans, les deux tribunaux, dans le tribunal suprême et dans le tribunal inférieur ; qu'il subisse l'excommunication des saints les plus hauts et l'excommunication des séraphins et enfin l'excommunication des petites et grandes communautés.
Que toutes les plaies, que toutes les maladies graves et affreuses tombent sur lui.
Que sa maison soit un repaire de dragons !
Que son étoile s'assombrisse dans les nuages ; qu'elle s'irrite et se courrouce contre lui, qu'elle lui soit funeste;
Que son corps soit jeté aux bêtes sauvages et aux serpents ;
Que ses ennemis et ses contradicteurs se réjouissent sur lui ;
212 LETALMUD
Que son or et son argent soient donnés utres et que ses enfants tombent au MP de ses ennemis ; e sa descendance exècre et maudisse oup;
'il soit maudit par la bouche d'Addiriît d'Achtariel, par la bouche de Santon et d'Adraniel, par la bouche d'Anet de Patchiel, par la bouche de )hiel et de Sangasael, par la bouche de ael et de Gabriel, par la bouche de ael et de Mescharetiel.
['il reçoive Fanathème de la bouche de za vif et delà bouchede Hafhavif qui est md Dieu, et de la bouche des soixanteoms du roi trois fois grand, et enfin par uche de Zortack grand chancelier, l'il soit englouti comme Korée et toute Dupe ;
Le son âme sorte de lui avec effroi et vante ;
Que la sentence du Seigneur lui donne la mort;
Qu'il soit étranglé comme Achitophel ;
Que sa lèpre soit comme la lèpre de Giezi ;
Qu'il tombe et ne se relève plus ;
Qu'il soit rejeté de la sépulture d'Israël ;
Que sa femme soit donnée à d'autres, et que pendant sa mort d'autres se penchent vers elle ;
Que cette excommunication tombe sur N... fils de N... et qu'elle soit son partage ;
Mais sur moi et sur tout Israël, puissent s'étendre la paix et la bénédiction du Seigneur. Amen !