‹ Le juif selon le TalmudChapitre 6 sur 31 · UN LIVRE DIVIN · texte numérisé non relu

UN LIVRE DIVIN

Supériorité du Talmud mis par \e\à Juifs au-dessus de la Bible. — Infaillibilité des rabbins. — tout ce quMls disent est parole divine. — L'àne des rabbins.

De tout teiripô, â Texceptioti de quelques dissidents, les Juifs otit l*egardé le Talmud en général iîomme utl livre tout aussi divin que la Bible de TAncien Testament.

Mais si Ton considère les choses de plus près, ils le mettent bien aU-dessus de la Bible.

Isaïe (33, 6), dit le Talmud*, aurait déjà marqué ses différentes divisions. Et le même

♦ Tr, Scbabbath, f, 3l,c, i.

Talmud écrit de lui-même * que « les paroles de la tradition orale sont égales à celles de la loi »•

Ailleurs * il dit :

« La Bible est comme l'eau, la Mischna « comme le vin, la Gemara comme le vin « aromatique. Le monde ne peut exister « sans eau, sans vin et sans vin aromatique « et celui qui est riche ne se passera ni de « Tun ni de Tautre. Par conséquent ne « peut exister non plus sans la Bible, sans « la Mischna et la Gemara. La loi est comme « le sel, la Mischna comme le poivre, la « Gemara comme Tépice : le monde ne peut « exister sans sel, etc. »

Et plus loin ^ :

« Ceux qui étudient dans la Bible font « une action qui est une vertu ou qui n'est

* Rosch. hasch., 19, 1.

2 Soph., 13, 2.

» Tr. Baba m. f. 33, 1,

« pas une vertu ; ceux qui étudient dans la « Mischna pratiquent une vertu et en seront « récompensés, mais ceux qui étudient dans « la Gemara pratiquent la plus grande des « vertus. »

Plus loin encore * :

« Quiconque méprise les paroles des rab- <( bins mérite la mort. »

Et de môme* :

« Si l'homme passe des préceptes et des « enseignements talmudistes à ceux de la f< Bible, il n'y a plus de bonheur pour lui. »

Car»:

« Les paroles des docteurs du Talmud ce sont plus aimables que celles de la loi. »

Et par conséquent* :

« Les péchés contre le Talmud sont plus

* Tr. Erubin, 21, 2.

2 Tr. Chagiga, f. 10.

3 Tal. Jerus. Mas. Ber., cap. 1, f. 3.

* Tr. Sanh., f. 88, 2.

(( graves que les péchés contre la Bible, »

bu reste le témoignage des autres rabbins ou docteurs de Judas s'accorde exactement avec le propre témoignage du f almud :

ainsi Bêchai * déclare que :

« Si quelqu'un a entre les mains la Bible « et la Mischiia, mais non lé Talmiid, on « ne doit pas avoir commerce avec lui. »

Et le célèbre Raschi, d'accord avec^e Talmud, s'exprime ainsi * :

« Mon fils prête attention aui paroles « des rabbins plus qu*aux paroles de la « loi. »

Ailleurs ', nous trouvons un remarquable commentaire de cette parole, que l'homme ne vit pas seulement de pàifa : le pain isighifie là Bible, et « tout ce qtli sort dé la boiiche

* Kadd. Hakk. f. 77, 3. Berfiai, rabbin fameux des dernières années du xiii® siècle.

2 Sur le Tr. Gittin, f. 57; Erubin, 2i, 2.

' Men. hammaor sur le Jfeut.j 8, 5 (vers 147Q),

de Dieu » veut dire les sentences, les récits et les fables du Talmud.

Dans un livre rabbinique*, icrit en Tan 1500 après Jésus-Christ, la sentence du Talmud est confirmée par ce& paroles que « celui qui lit la Bible sans la Mîschna et la Gemara, est comme s'il n'avait pas de Dieu » .

Il est enseigné en propres termes ^ que :

« Sur le Sinaï, Dieu donna la loi suivant « Tordre de la Bible, de la Mischna et de « la Gemara avec les Agades (récits et fables) , « mais qu'il voulut donner le Talmud de « vive voix, seulement par l'intermédiaire « de Moïse, afin que si les peuples du c< monde venaient à assujettir Israël, il sub- « sistât une différence entre Israël et les (( idolâtres. »

Et aussi' :

* Schaare zed., f. 9.

2 ïaltn. tr. Berach. f. 5 et Rab. par. 47 sur Schem. f. 131 (verji 300 après Jésuî-Ghrist).

^Seph. Juch. f. 160 (1500 ans après Jésus-Christ).

« Parce que s'il avait voulu mettre le Tal- « mud en écrit, son étendue aurait dépassé « celle de la terre. »

Si pour montrer de quelle autorité jouit le Talmud, nous avons recours au témoignage de rabbins qui n'ont pas eux-mêmes composé le Talmud, ce^ n'est pas sans de légitimes raisons.

En premier lieu, puisque le Talmud ne peut être parole de Dieu, étant donné son contenu, il s'ensuit, si l'on examine la chose à fond, que les rabbins de tous les temps sont exactement égaux les uns aux autres, car les premiers n'ont pas été plus que les derniers les interprètes d'une révélation.

Secondement, il est enseigné expressément que tous les rabbins, jusqu'au temps présent, sont revêtus d'une autorité divine et que, tout ce qu'ils disent, est parole de Dieu.

Rabbi Menachem* nous apprend, d'ac-

* Sur le Pentateuque, p. 28, f. 129, col. 3.

cord avec beaucoup d'autres, que « Dieu le « Seigneur fait souvent prendre l'avis des « rabbins sur terre, quand une question dif- « fîcile se présente dans le ciel ».

Le Talmud interprétant à faux une sentence des Proverbes (H, 25) dit* que les rabbins défunts de tous les temps, instruisent les élus dans le ciel.

Et un Uvre juif de l'an 1590 dit' :

« Tu dois savoir que les paroles des rab- « bins sont plus douces que les paroles des c( prophètes. »

Bien plus ' « la conversation ordinaire « des rabbins doit être respectée à l'égal de « la loi entière » .

Car* « les paroles des rabbins sont les « paroles du Dieu vivant ».

* Tr. Sanh, f. 92, 1.

2Kapht. uph.,f. i2i.

3 Mid. mischle, f. 1. (Ven. 1546.)

* Bêchai, sur le Fent., p. 44, f. 201, 4.

Ô6 LE TALMUÎ)

Et par conséquent * « si le rabbîû te dit a que ta main droite est ta main gauche et a que la gauche est la droite, tu ne dois « pas t'écarter de sa parole ; mais combien « moins encore quand il dit que la droite « est la droite et la gauche la gauche ».

Maimonides, qu'on surnomma Taigîe de la synagogue, et qui mourut dans les premières années du xni® siècle, disait * que :

(( La crainte du rabbin est la crainte de a Dieu. »

Le Talmud lui-même explique d'une manière générale ce que nous venons d^entendre dire aux rabbins des époques suivantes :

« Celui quî Contredit son rabbin ou son « maître, qui se dispute aveC lui, qui hiur- « mure contre lui, est aussi coupable que « s'il contredisait la majesté divine j se

* Raschi, sur le Beut., 17, 11.

2 Jad. chaz. Talm. torà, 3, 1.

€ disputait avec elle, murinurait contre « elle*. »

Mais comme il arrive que les rabbins se contredisent entre eux, le même Menachem * a écarté cette difficulté au moyen de la plus incroyable assertion : c'est que toutes les paroles des rabbins, quels que soient les temps et les peuples où ils vivent, sont paroles de Dieu aussi bien que les paroles du prophète, quand même elles se contrediraient et s'excluraient les unes les autres.

C*est pourquoi quiconque les contredît, se dispute avec eux, murmure contre eux^ pèche aussi gravement que s'il contredisait Dieu, se disputait avec lui^ inurmuralt contre luî»

De même beaucoup de livres juifs * sou-

* Tr. Sanh. f. 10.

• Sur VExode 20, 1, f. 98, par. 31.

'Par ex. : Leb arje (Ven. 16o0), f. 96, 4; meg. amukk. f. 3, 2; Jalk. chad. f. ISo, 1, n. 34 (Cracovîe, 1595).

Ô8 LETALMUD

tiennent que les paroles et les explications les plus contradictoires des rabbins viennent du ciel, et qu'ainsi, celui qui les méprise sera jeté dans la fange bouillante de Tenfer.

Les rabbins qui ont composé le Talmud réclament la même foi aveugle pour leurs phrases contradictoires. Ainsi le Talmud raconte en détail les éternelles disputes des écoles d'Hillel et de Schammai ; qu'il s'agisse d'une mouche ou d'un chameau, d'une question grave ou d'une affaire de rien, les opinions des deux écoles seront toujours obstinément opposées : cependant, ajoute le Talmud, c'est bien la parole de Dieu qu'enseigne Schammai et qu'enseigne Hillel **

Un jour Rabbi Ghaja jura devant Dieu qu'un Rabbin avait dit telle et telle chose % mais Bar Kappara jura également devant

* Tr. Erubin f. 13, 2.

2 Pr. Rohling, etc. P. 73-74.

Dieu que le rabbin avait dit exactement le contraire. Et cependant Raschi explique que les deux rabbins avaient tous les deux dit la vérité, car il est dit que Dieu ne permet pas qu'un rabbin se trompe.

Le Talmud * déclare que même une voix venue du ciel serait sans puissance pour contester renseignement d'un rabbin.

Bien plus Dieu lui-même* ayant pris parti pour un rabbin dans une discussion, se reconnut vaincu par l'adversaire de celui-

Cette infaillibilité va si loin qu'elle rayonne autour du personnage, et il ne peut pas arriver à l'âne d'un rabbin de manger des choses défendues ' .

Ailleurs on discute la question de savoir à quel signe on reconnaît la loi dans le cas

* Pr. Rohling, elc , p. 74.

2 Ibid.

3 Ibid.

vGooQle

OÙ les opinions se contredisent : la réponse mérite d'être retenue *.

« Toutes ces paroles viennent de Dieu, « façonne-toi donc les oreilles pareilles à un (( entonnoir et un cœur qui écoute la parole « de celui qui défend comme de celui qui « permet. »

Ce qui veut dire en français : Fais donc ce que ton cœur désire pourvu que faire se puisse .

Après cela, si une voix noble et honnête s'élève dans le sein du rabbinisme en faveur du droit et de la vérité, le juif talmudiste ne sera aucunement lié par elle, puisque les enseignements opposés sont tout aussi divins que les siens.

Aussi verrons-nous vingt fois pour une le

Talmud déclarer ouvertement et sans détour

;^ qu'il est permis jde^jJt Md foire po urvu qu'on

* Tr. Chagiga f. 3, 2.

2 Tr. Chagiga f. 16, 1 ; Kidduschj f. 40, i:

DU TALMUD EiN GÉNÉRAL 61

Puisque les rabbins du Talmud et ceux des siècles suivants se regardent comme également divins et déclarent avec un égal mépris de la raison que leurs contradictions les plus criantes sont au môme titre paroles de Dieu, nous traiterons les uns et les autres avec un égal respect, et nous interrogerons ceux-ci comme ceux-là pour mettre en lumière à Taide de leur témoignage les points principaux de la doctrine et de la morale du Juif talmudiste.

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