LE DIEU DU TAÎ.MUD
Ce que Dieu fait dans le ciel. — Le Lévialhan et sa rehielle. — l^ééhés de Dieu, son amer irepenifr. — Les lion d'Elai, — Cause des tremblements de terre. — Griefs de la luhé.— Autres défauts de Dieu.
Le Talmud dit :
« Le jour a douze heures ; durant les ti^ois « premières, Dieu est assis et il étudie la loi^ « durant les trois autres il juge ; durant les a trois suivantes ilndûrril le monde entier,
t Traité Àb6dà sara, f. 3, 1
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« et durant les trois dernières, il est assis « et joue avec le Léviathan, roi des poisse sons. »
Et la nuit, ajoute Menachen *, il étudie le Talmud.
La haute école à laquelle Dieu s'instruit dans le ciel en compagnie de tous les anges est aussi ouverte à Asmodé, roi des démons , qui, suivant le Talmud ^ , monte tous les jours au firmament pour s'y instruire.
Quant au Léviathan, le Talmud nous explique ' qu'un poisson de 300 lieues de long entrerait sans se gêner dans sa gueule* Mais à cause de sa grosseur démesurée.
Dieu jugea bon de lui soustraire sa femelle, car le monde aurait été rempli de monstres qui auraient tout anéanti.
C'est pourquoi Dieu, dans sa grandeur, a
* Sur le Pentat., f. 97, 3, p. 17.
2 Tr. Gittin, f. 68.
3 Tr. Aboda s. f. 3, et Baba b. f. 74, \ et 2.
castré le mâle eï tùé la femelle qu'il a salée et réservée pour le repas des juste» dans le paradis.
Mais il laul remarquer que les jeux de t)ieu et du Lévîathan h'ohl duré que jus* qu'à la destruction du Temple \
Depuis ce temps-lâ, Dieu n'a plus le cœur à jouer : il ne danse pas non plus comme ail tëiïips jadis oîi il exécuta U première dansé avec Eve, après lui avoir fait sa toi» letté et liii avoir tressé les cheveiix ^
Bien au contraire, depuis la ruine du Temple, tlieù pleure, car il à gravement péché'.
Ce péché pèse si loiirdement sur sa conscience * qiie, pendant les trois parties de la nuit, il se tient sur son séant, et rugit comme iîh lion, et crie ;
* Tr. Baba b, f. 74, 1 et 2.
?Tr. Berach., f. 61.
? Tr. Chagiga, f. 5, %.
*Tr. Beracb, f. 3,i,
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« Malheijr à moi, car j'ai laissé dévaster ma maison, brûler le Temple et emmener mes enfants ! »
Aussi, depuis ce temps-là, lui qui jadis remplissait le monde entier, il n'occupe plus qu'un petit espace de quatre annoec \
Et quand on veut le louer, il secoue la tête et dit :
« Bienheureux le roi qui est loué dans sa mê^ison! mais quelles louanges mérite un père qui a laissé ses enfants tomber dans la misère*? »
Pour bien se rendre compte de l'immensité du désespoir de Dieu, il est bon de savoir que le lion dont il égale les rugissements était sorti de la forêt d'Elai.
Un jour l'empereur de Rome voulut le voir et on alla le lui chercher. Quand le lion fut arrivé à 400 lieues de l'empereur, il se
* Ibid., f. 11, 1.
*Tr. Ber., i,c.
mit à rugir avec une telle force que toutes les femmes enceintes avortèrent et que les murs de Rome s'écroulèrent; quand il ne fut plus qu'à 300 lieues, il fit entendre un autre rugissement au bruit duquel les dents canines et les mâcheKères tombèrent à tout le monde; Tempereur roula par terre du haut de son trône, et demanda qu'on reconduisît le lion chez lui *.
Dieu se repent d'avoir laissé tomber les Juifs dans la misère comme d'un malheur tout personnel, car, chaque jour, il laisse tomber dans la mer deux grosses larmes, mais avec un tel fracas qu'on les entend d'un bout à l'autre du monde et que souvent même leur chute occasionne des tremblements de terre ^ ""- — .
En outre, la lune a démontré à Dieu qu'il avait eu tort de la créer plus petite que le
* Tr. ChoUin, f. 59, 2.
air. Berach, f. 59, i ; Chagîga, f. 5, 2.
soieii, c'efet pourquoi Dieu est obligé d'en cohveiiir et de dire :
« O&rezùn sacriRce d'expiation pour moi, car j'ai ïoiï la lune plus petite que le soleil ^ »
Le bien saint n'est pas non pluâ à Tabrî de Tétourderie, et quand la colère le surprend, il agit tout à fait à la légère ^
il lui est même arrivé de mésuser du serment, car il a confirmé une grande injustice par le serment le jour ou il jura dans sa colère que les Israélites qui séjournaient dans le désert n'auraient point part à la vie éternelle. Aussi s'est-il repenti de ce serment qu'il s'est bien gardé de tenir ^
Il est vrai qu'un autre endroit du Talmud nous apprend que toutes les fois que Dieu fait un serment illégitime, il est nécessaire qu'il en soit délié par un autre.
« Tr. ChoUin, f. 60, 2; Schebnoth, f. 9, i.
* Tr. Aboda, s. f. 2, 2. ^Tr. Sanhed, f. 1^0, ?.
CORRUPTION bE LA DOCTRINK 60
Car un sage d'Israël entendit une fois Dieu qui criait : Malheur à moi ! Qui me délivrera de mon serment ^ ?
Et quand le rabbin rapporta la chose à ses collègues, ils le traitèrent d'âne, parce qu'il n'avait pas lui-même délié Dieu de son serment *.
C'est pourquoi il y a entre le ciel et la terre un ange puissant appelé Mi dont la fonction est de déher Dieu de tous ses serments et de tous ses vœux et de l'absoudre quand il y a lieu ^
De même que Dieu a pu jurer illégitimement, il lui est aussi arrivé de mentir pour rétablir la concorde entre Abraham et Sara.
C'est pour cela, ajoute le Talmud, qu'on a le droit de mentir quand il s'agit d'avoir la paix *.
iTr. Babab. f. 74, 1.
2 Ibid.
^ Meg. amukk, f. 1,4.
*Tr. Baba, ra. f. 87, i.
'^y^, r ^ Le Dieu mihi est môme là cause de tous
les pé(Bhé8 qui «e commettent sur terre, car c'est lui qui a créé la mauvaise nature de Thomme *, qui a voué Thomme au péché par un êcrt fatal % et qui a contraint les Juifs à foi ce ouverte d'accepter la loi '.
On conçoit donc que l'adultère dé David * et les excès des enfants d'Eli * ne soient pas des fautes au gré du Talmud, puisque Dieu était en cela seul responsable et seul coupable.
; V' *■ 1 Tr. Berach, f. 32, i et 61, 1.
\ ^' 2tf. Aboda, s. f. 4, ê.
^^ * 3 Tr. Aboda, s. f. % \ Schabb, f. 88.
*Tr. Schabb., f. 56, i.