HISTOIRE DES DIABLES
Origine. ~ Relations d'Adam avec les démons femelles et et d'Eve avec les démons mâles. — Les principaux de la tribut. — Leur rôle, leur séjour sur terre. — Noyers, cornes de bœuf, enterrements, etc. — Le Talmud et la magie.
Dieu créa les diables le vendredi soir au moment du crépuscule, et comme le sabbat commençait il n'eut pas le temps de leur fabriquer un corps et des habits*.
Suivant d'autres, s'ils ne reçurent pas de corps, ce fut en punition de ce qu'ils ne voulaient pas que l'homme en reçut un ^
Les démons sont un composé d'eau et de
i Jalk. chad., f. 107, n. 27.
a I6id., f. 115-116.
feu * ; un certain nombre sont créés avec de l'air, d'autres avec de la terre ; quant à leur âme, elle est faite d'une matière qui se trouve sous la lune et qui ne sert à autre chose qu'à cela^
Quelques démons descendent d'Adam qui, après avoir reçu la malédiction de Dieu, refusa de s'approcher d'Eve pour n'en avoir pas d'enfants de malheur*.
Alors deux diables femelles lui apparurent et par lui engendrèrent de nouveaux démons *.
D'après le Talmud, Adam entretint pendant 130 ans des relations avec Lilith, démon féminin des plus illustres, et pendant 130 ans, il n'engendra que des diables et des spectres*.
* Nischm. chaijm, f. il7, 2.
2 Tub., haar, f. 9, 2.
8 Jalk., rub., n. 3.
* Tr. Erubin, f. 18, 2.
* Bêchai, par. 1, f. < 6, 1 ; et Nischmath Chaijm, f» 114, 2*
De son côté, du reste Eve, ne mit au monde que des diables également, et cela durant les 130 ans où elle dut être la femme des démons masculins*.
Suivant le Talmud, les démons peuvent procréer entre eux comme les hommes, ils se multiplient comme les hommes, boivent et mangent comme les hommes et beaucoup meurent comme eux^
Quatre femmes sont célèbres à titre de mères des démons : Salomon eut, dit-on, plein pouvoir sur elles, les appela ses servantes et se servit , d'elles pour son usage'.
L'une de ces femmes s'en va, dit le Talmud, durant les nuits du jeudi et du sabbat et sort à la tête de cent quatre-vingt mille diables qui ont le pouvoir de nuire et de
iTr. Chagiga, f. 16, 1.
2 Menachem I, c, f. 33, 3.
3Tr. Pesachim, f. Ii2, 2.
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mal faire : cette femme, et ses filles en même temps qu'elle, est Tépoùse du démon Sammael *.
Lilith, une autre des quatre, se montra désobéissante envers Adam, son époux, et dut pour sa peine se résigner à voir mourir chaque jour cent de ses enfants, et en même temps à promettre de ne pas tuer les petits enfants sur lesquels elle a pouvoir, quand ils porteraient trois noms d'anges *.
Lilite hurle continuellement, accompagnée de quatre cent quatre-vingts anges de perdition.
Une autre de ces quatre femmes danse sans trêve ni repos et conduit avec elle quatre cent soixante-dix-neuf esprits malins *.
* Seph. b. Sira, f. 9, 1 et 2, et aussi emek. hammel, f. 84, 2.
« Jalk. chad., f. 108, 3.
3 Hanhag, f. 16.
De même que par rintervention d'Adam, ainsi un grand nombre de diables nouveaux continuent toujours à naître, mais il serait trop malpropre de le raconter.
D'ailleurs, il est bon de remarquer que rhomme peut tuer les diables en certaines circonstances, par exemple quand il est occupé à faire cuire les gâteaux de Pâques * et qu'il s'y applique d'une façon soutenue. — Par contre^ Noé sauva la vie à un certain nombre d'entre eux en les prenant avec lui dans l'arche.
Quant au lieu de résidence des démons, les rabbins nous apprennent qu'un certain nombre habite les airs et a pour mission de fabriquer les rêves des hommes; d'autres résident dans les abîmes de la mer et ils détruiraient le monde s'ils étaient laissés en liberté; d'autres demeurent dans les juifs
* Nischm., ch., f. H5, 3.
et ce sont eux qui commettent leurs pélés*.
D'après le Talmud *, les diables aiment danser entre les cornes d'un bœuf qui rt de Teau, et au milieu de femmes qui viennent d'un enterrement '. Les démons cherchent encore le voisinage des rabbins rce qu'une terre desséchée, dit le Talmud, 3oif de pluie *. Ils se rencontrent égale- 3nt sur les noyers, et s'il est dangereux dormir dessous, c'est qu'il y a un diable r chaque feuille *.
Deux démons fameux, Asa et Asael demeuit dans les montagnes sombres du côté l'Orient : c'est d'eux que Balaam, Job et tro apprirent l'art des enchantements ; ist par eux que Salomon régnait sur les
Bêchai, f. 90, 1.
Tr. pes., f. Ii2, 2.
Jore deah, n. 348 et suiv.
Tr. Berach, f. 6, 1 .
Jalk. chad., f. 108, 2.
oiseaux ainsi que sur le reste des démons, et c'est par eux aussi qu'il força la reine de Saba à venir le voir *.
A cause des démons, personne ne doit s'isoler dans des endroits retirés ou pendant la croissance et la décroissance de la lune ; personne ne doit saluer ceux qu'il rencontre pendant la nuit, car celui qu'on salue pourrait être un démon ; personne ne doit oublier de se laver les mains le matin de bonne heure, parce que l'esprit impur se repose sur les mains impures.
On n'en finirait pas si l'on voulait rapporter tout ce que le délire de la superstition inspire aux docteurs du Talmud.
On possède des ouvrages entiers consacrés aux superstitions et aux pratiques de magie des écrits juifs. « Le Talmud, dit un professeur françaisdema^^
* Emek. Hamel., f. 68, \ et 132.
' Elipha s, Histoire de la Magie, Pa ris, 4860.
r^ Talmud est le traité fondamental de toute
)us contentons d'ajouter quelques puntés à certains enchanteurs célèle Talmud.
îs fondateurs du judaïsme talmumit, suivant ce qu'en rapporte le réer un homme par sortilège après ué un*.
soir il créait un veau de trois ans ration avec 4in autre rabbin, et geaient ensemble*, le un autre rabbin talmudiste pouvolonté changer les citrouilles et en cerfs et en chevreuils '.
51iézer ensorcelait un champ de i qu'il se couvrait de citrouilles*.
edrin, f. 65, 2, et Tr. Megilla, f. 7, 2.
., ibid.
p. Sanh., cap. 7.
Rabbî Jannai savait changer l'eau en scorpion ; un jour, il changea une femme en un âne sur lequel il s'en alla au marché *.
Le patriarch e Abraham lui-même aurait pratiqué la magie et l'aurait enseignée aux autres ' : il portait au cou une pierre par la vertu de laquelle il rendait la santé à tous les malades *.
Mais les rabbins talmudistes possédaient même une pierre avec laquelle ils rendaient la vie à ce qui était mort : un rabbin, raconte le Talmud, enleva la tête à un serpent d'un coup de dent, et quand il le toucha avec sa pierre, le serpent redevint vivant. Il alla mêmejusqu'àtoucher de sa pierre des oiseaux déjà salés et ceux-ci retrouvèrent la vie et s'envolèrent *.
* Tr. Sanh., f. 67, 2 et Tr. Soph. f. 13.
2Tr. Sanh., f. 9i, 1.
, 3 Tr. Baba, b. f. 16, 2.
* Tr. Baba, b. f. 74. 2.