LE MONODRAME III
7'ait la littérature dramatique des entraves qui la paralysent?
Quand on lit la pi'emière partie du « Faust » de Goethe, on est frappé à la fois du puissant intérêt di'amatique de l'œuvre et de Vimpossibilité de la mettre au théâtre. Des épisodes multipliés, souvent très courts, des descriptions mises dans la bouche des personnages pour suppléer au décor absent. On se figure vivement les lieux, on sent que V action indiquée par le dialogue y serait très belle, mais pour en faire une représentation sur la scène, il faudrait des remaniements considérables.
Les pièces de Shakespeare laissent une impression analogue, et ceux qui, de notre temps, ont essayé de les jouer telles quelles, ont mal réussi; d'excellents critiques déclarèrent, après répreuve, quelles n étaient pas faites pour le théâtre contemporain. Là aussi des épisodes variant incessamment, et des descriptions parlées fréquentes. Les décors n'existaient pas au temps du grand tragique, ou ils étaient rudimentair es. La scène et la salle étaient disposées comme celles où ont lieu les conférences modernes.
Assurément, voilà des observations qui