LE MONODRAME
Vexplication n'est-elle pas ailleurs'^
Dans la conception shakespeatienne, le décor matéiHely peu réalisable alors y n'était-il pas un accessoire inutile ? Pour le grand poète et pour tout son temps, la règle n était-elle pas de le faire surgir fortement dans l'imagination des spectateurs par ces descriptions à grandes touches, souvent violenteSj qui nous choquent quelque peu dans le dialogue des personnages en scène?
Cette observation a une grande portée . Elle explique deux choses obscures : la multiplicité des changements de lieux et les tirades descriptives. Elle est aussi d'accord avec Vidée qu'on se fait de l'art du décorateur et du machiniste à cette époque primitive, ainsi qu'avec la tradition historique; les décoi's étaient dédaignés. Elle fait évanouir l'étonnement de ceux qui, voulant jouer actuellement ces d?'ames puissants, n'y obtiennent que des effets médiocres parce qu'ils ne i^éussissent pas à adapter à l'œuvi'e des moyens matériels la suivant dans son développement rapide et changeant.
Mais s'il en est ainsi, s'il a existé un genre de littérature dramatique sans décors, y suppléant par des artifices de style, comportant