‹ Le juré; monodrame en cinq actes. FrontChapitre 83 sur 90 · SCÈNE CINQ.UIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE CINQ.UIÈME

Son soiïimeil s'acheva lourd. Le poignant désir de vivre le moins possible durant ce jour redoutable qui, pour lui, pouvait ne pas finir, le prolongea tard. Il est onze heures quand le réveil descelle ses paupières.

A ce moment il entend des pas mous sur l'escalier. Quelqu'un traverse le palier. La porte s'ouvre.

C'est l'Autre! Libre et subtil, il vague dans la mort.

Il s'arrête à l'embrasure, plus livide que la veille, apportant avec lui un relent de la décomposition du cadavre, qui gît abandonné dans la chambre funéraire de la prison.

— C'est pour aujourd'hui.

— Je le sais, bourreau! répond Larbalestrier.

En lui sonne l'imprécation de Macbeth : « Loin de moi les pâles terreurs des poltrons. Ne m'apporte plus de messages. Je ne veux plus en recevoir. Ni l'esprit qui me mène, ni le cœur que je porte ne peuvent être ébranlés par le doute, ni abattus par la peur ! »

Et, sans faiblesse, il ajoute :

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