ACTE CINQUIÈME gS
de l'été. Partout l'isolement et l'engourdissement.
Il marche, suivant les chemins familiers, traversant les villages qu'il peut nommer tous, passant dans les bois dépouillés de feuillage, franchissant les ruisseaux couverts d'une glace fragile. Et dans cette région qui a été le jardin de sa jeunesse, sous ses pas s'éveillent les souvenirs, formant autour de lui un cortège d'ombres protectrices, mélancolique et doux. Est-ce l'espérance qui se lève ? Est-ce la dernière consolation à un mourant?
Il marche jusqu'au soir.
Et le soir venu, n'ayant pas assez de ce bain salutaire d'activité et de rêve, il continue, repassant par les mêmes ruisseaux, par les mêmes bois, par les mêmes chemins, par les mêmes villages pacifiques, se saturant de leurs effluves rendus plus subtils par la magie nocturne.