L’AUGMENTATION DU SALAIRE A L'AIDE D’UNE PART DU PROFIT
Nous avons vu précédemment les fondements théoriques du juste salaire, il nous faut étudier maintenant les tentatives qui ont été faites pour le réaliser. Sans doute, est-il souvent impossible de dire que l’on a voulu mettre en applicalion, en tel lieu donné et à tel moment déterminé, l:. théorie du juste salaire. Mais ce que l’o: peut aisément déceler, ce sont des institutions, d2 nature fort diverse d’ailleurs, qui ont ce trait commun de rechercher une plus grande justice dans la fixation du taux du salaire. |
Il faut d'ailleurs préciser davantage cette notion.
Ces moyens ne constituent pas, stricto sensu, une application de la théorie du juste salaire, car ils ne se préoccupent pas de réaliser la justice dans les prestations échangées ; ils cherchent essentiellement à augmenter le taux du salaire. Ils supposent donc un postulat; à savoir que le taux du salaire communément alloué est trop bas.
Il serait intéressant de connaître, en vertu de quel critérium on l'estime trop bas : est-ce la partie qui correspond au salaire vital qui est insuffisante, ou bien estime-t-on que ce minimum est atteint et qu’il s’agit de réaliser le salaire absolument juste. IL semble bien à voir les préoccupations qui ont inspiré les réformes que nous allons étudier que ce soit la premiére condition qui ait revêtu aux yeux des réformateurs le plus d'importance. En effet, ce que l’on recherche, c'esi d'élever les conditions de vie du travailleur afin de.lui permettre, de se hausser au-dessus de sa condition sociale actuelle. C’est donc bien semble-t-il le souci d’élever le nécessarium vitae et le nécessarium personae et peut-être plus le deuxième élément que le premier. Nous serions donc dans une phase où le Juste salaire n’est pas atteint et où même le salaire vital dans s‘n sens le plus compréhensif, n’est pas toujours réalisé.
Cette impression nous sera confirmée par l'étude détaillée des divers moyens qui ont été mis en œuvre pour augmenter le salaire
Ces moyens sont fort divers et n’ont souvent entre eux d'autre
lien commun, que le but qu’ils poursuivent Leur nature n’est même pas toujours identique. Dans certains cas, il s’agit bien d’une augmentation du salaire proprement dit, à l’aide d’un supplément dont la nature économique est nn salaire, mais dans d’autres cas, le supplément de rémunération accordé à l'ouvrier nest plus à proprement parler une augmentation du salaire, mais une garit du profit. Et parfois même l’ouvrier tend à se rémunérer, non plus avec un salaire, mais à l’aide d'un profit
Nous éludierons en les groupant sous trois chefs, les moyens pratiques d'augmenter les salaires
L'augmentation du salaire, à l’aide d’une part du profit de l’entreprise, se trouve réalisé par la participation aux bénéfices, l’action: nariat ouvrier, et dans certains cas par les assoctalions ouvrières de production et de consommation.
L'augmentation du salaire stricto sensu est réalisé par les divers moyens d’alteundre le salaire familial : allocations familiales. indemnilés pour le retour de la mère au foyer, etc. Elle est réalisée encore par les contrats collectifs et par l'échelle mobile des salaires
Enfin, il est un cas où l’ouvrier cherche à augmenter son salaire en ézhappant à la toute puissance patronale et en devenant en quelque sorte lui-même un patron ; c’est les cas de l'association ouvrière de produc:ion et de consommation. C’est là un cas limite, car, dans la mesure où l’ouvrier devient producteur, il ne touche plus un salaire mais un profit. Cependant, bien des distinctions sont à faire, et comme par ailleurs, l’idée de salaire insuffisant est à la base de ces lentatives nous eslimons devair envisager cette question sans avoir à sortir des
limites de notre étude.
Dans les moyens que nous allons étudier, le salaire est augmenté à l’aide d’un prélèvement sur le profit. On rémunère tout d’abord le travail, puis on lui ajoute un supplément qui est constitué par une part des bénéfices, qui suivant les règles normales du jeu capitaliste serait allée à l'entrepreneur.
Les moyens pratiques employés ne sont pas tous identiques; nous allons étudier les principaux.
$ 1°. — La participation «ux bénéfices
Dans le système de la participation aux bénéfices, l’ouvrier reçoit, tout d’abord, son salaire qui représente la rému-