DROITS RESPECTIFS DES SALARIÉS ET DES CONSOMMATEURS
Les fonds destinés au paiement des salaires proviennent en totalité des sommes dépensées par les consommateurs pour satisfaire leurs besoins. Les sommes ainsi dépensées ne sont pas attribuées exclusivement aux salariés, mais se répartissent
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entre tous les agents de la production. Plus les dépenses de consommation seront importantes et plus élevée sera la part pouvant revenir aux salariés. |
Les travailleurs de certaines industries peuvent-ils moralement exiger une hausse de leurs salaires, alors que cette hausse ne peut être obtenue qu’en élevant le prix des marchandises ?
Pour répondre à cette auestion, il y a lieu d'étudier quelles seront les répercussions de cette hausse sur les différents groupes de consommateurs qu'on peut classer comme suit : 1° les salariés de l’entreprise intéressée ; 2° les salariés des autres industries ; 3° les entrepreneurs ; 4° les capitalistes.
a) En ce qui concerne ie premier groupe, l'avantage constitué par des salaires plus élevés ne serait pas détruit par une élévation du prix de certaines marchandises; ce groupe bénéficierait donc largement de la hausse de ses salaires ;
b) Cette catégorie aurait à souffrir de la hausse des marchandises, puisque ses salaires resteraient fixes. Si cette élévation du prix des marchandises avait pour effet de faire desendre leurs salaires au-dessous du niveau vital l'accroissement des salaires de certains groupes d'ouvriers ne pourrait être obtenu par ce moyen, car nous l'avons vu, aucun ouvrier n’est fondé à recevoir un supplément, alors que d’autres ne touchent pas le salaire vital. Si toutefois, cette situation se réalisait, ces ouvriers peu favorisés seraient en droit d'exiger une hausse de leurs salaires. On se trouverait ainsi enfermé dans un cercle vicieux, si cette élévation ne pouvait être obtenue que par une augmentation du prix des marchandises. L’élévation nominale des salaires ne correspondrait plus, alors, à une amélioration du sort des ouvriers. Si au contraire cette hausse des salaires peut être fournie par une compression de frais ou une diminu-
tion du prix de revient, il en résulterait un avantage pour l’ouvrier.
c) Les capitalistes constitueraient la classe la plus frappée çar ils ne pourraient compenser par une majoration du taux d'intérêt de leurs capitaux ce supplément de charges.
Le taux d'intérêt est en effet fixé indépendamment de leur volonté, il n’existerait donc pas pour les capitalistes de moyen pouvant compenser la diminution de leur pouvoir d’achat. Mais les inconvénients résultant de cette situation ne sauraient contrebalancer, d’un point de vue général, les avantages résultant de la hausse des salaires. Le droit du capitaliste à son revenu n'est en effet que conditionnel et a une force bien moins grande que celui du salarié. D'ailleurs s’il arrivait que le capitaliste trouvât son revenu insuffisant, il aurait toujours la ressource de retirer ses capitaux des entreprises où ils étaient investis et de ne les employer à nouveau que lorsqu'il estimerait suffisant le taux d'intérêt alloué.
d) En ce qui concerne les autres consommateurs : producteurs autonomes, entrepreneurs, agriculteurs, etc... ils devraient chercher à compenser par une augmentation de leur profit l'élévation du coût de la vie. Cette augmentation pourrait être obtenue par une diminution de la rémunération des capitaux employés, une réduction de frais ou encore par des progrès techniques.