CH. XII. — L'ÉNIGME DES NOUMÈNES
Kleutgen, reproduisant le vieil enseignement catholique,— est le fondement de l'être des choses, parce que tout ce qui est et subsiste, doit avoir en elle son prototype, et par suite la loi, d'après laquelle il est et subsiste. Elle est le fondement de notre connaissance, parce que notre esprit, participant par la lumière rationnelle à la lumière incréée dans laquelle Dieu voit tout, possède la faculté de connaître dans les choses non seulement ce qui passe mais encore ce qui demeure. Et comment ? Cette ressemblance avec Dieu, en raison de laquelle l'homme, plus que toutes les autres créatures, est appelé l'image de Dieu sur la terre, consiste en son fonds dans l'essence spirituelle de notre âme, c'est-à-dire dans l'immatérialité, grâce à laquelle outre la vie sensible à laquelle suivent les organes du corps, il possède en luimême une vie intellectuelle et une existence indépendante du corps.
On voit donc que le réalisme dit transcendantal, opposé par Hartmann à l'idéalisme Kantien, ne peut donner dans ce qu'il a de
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vrai que ce que l'antique philosophie catholique avait depuis longtemps donné.
L'élément réaliste qui subsiste dans le Kantisme, excite à un haut degré l'intérêt de l'esprit qui cherche la vérité. Dans le chapitre suivant nous dégageons cet élément et montrerons qu'il ruine et détruit tout l'édifice de l'idéalisme Kantien.