‹ Le Kantisme et ses erreurs [microform]Chapitre 6 sur 25 · SYNTHÉTIQUES A PRIORI · texte numérisé non relu

SYNTHÉTIQUES A PRIORI

1. — Pour se faire soi-même une idée juste de la solidité du Kantisme, il faut d'abord considérer les fameux jugements synthétiques. C'est la plus sûre, sinon la seule base scientifique de cette philosophie ; c'est ce qu'il y a de plus profond dans les profondeurs de Kant. Heureusement il y a des degrés par lesquels nous pourrons conduire nos lecteurs dans ces profondeurs sans les exposer au danger de se casser le cou, comme on pourrait le crain-

lf~

dre. Il vaut la peine de se convaincre soi-même de visu combien sont ruineux les fondements du palais de la science moderne.

La valeur desdits jugements pour le système tout entier n'est pas difficile à apercevoir. Kant veut et doit soutenir énergiquement que la nécessité, que nous expérimentons dans les jugements nécessaires universels, est purement subjective et ne doit point son origine a la conception du rapport objectif de l'attribut avec le sujet. Pour mettre ce point hors de doute, il soutient qu'il y a des jugements nécessaires universels, dans lesquels l'union du sujet et du prédicat ne s'impose pas à l'esprit, par V intuition {i'xm rapport objectif; partant ils ne peuvent s'expliquer que par une nécessité subjective : les caractères de fixité, d'universalité, de nécessité, sortent en quelque façon de l'esprit pour passer dans les représentations. C'est ainsi que Kant dit : c< Le (( premier homme qui démontra l'égalité des ce côtés d'un triangle, eut une connaissance c< claire ; il trouva qu'il ne devait pas s'atta-

CH. II. — FANTASMAGORIE DES JUG. A PmORI 31

(( cher à ce qu'il voyait dans la figure, ni (( même à la simplicité de celle-ci, ni en dé- (( river en quelque sorte ses propriétés, mais (( qu'il fallait les en faire sortir par le moyen « de ce qu'il y concevait d'après les idées (( mêmes à priori et se représentait ( grâce « à la construction ), — et que, pour savoir (c sûrement quelque chose à priori, il ne (( devait attribuer à la chose que ce qui dé- (( coulait nécessairement de ce qu'il y avait « mis lui-même conformément au concept (( qu'il en avait » (i). En conséquence, il y a des jugements qui sont à la fois synthétiques et à priori : ces jugements sont la base du

Kantisme.

Or des jugements de cette sorte sont et demeurent, malgré toute son ingéniosité, une chimère, et toute la construction du grand penseur s'évanouit en fumée.

2. — Examinons d'abord la position que prend Kant, et les matériaux qu'il emploie pour établir cette fiction.

(1) Crit. de la Raison pure ( éd. Rosenkranz, p. 667 ).

L'observation intime montre que nos jugements, tels que nous les formulons en propositions, sont de deux sortes: jugements rationnels, et jugements expérimentaux ( c'est-à-dire jugements d'expérience imre, ne reposant que sur l'expérience, tandis que les jugements rationnels supposent aussi l'expérience comme condition du développement de nos concepts, mais rien de plus ). Kant les appelle aussi les premiers, jugements explicatifs, les seconds, jugements extensifs. Quand je dis : Le cercle est rond, c'est un jugement rationnel, parce que renonciation du prédicat apparaît comme fondée dans le sujet. Mais quand je dis : Le cercle est bleu, c'est un jugement expérimental, parce qu'aucun acte mental ne pourrait découvrir dans le concept du cercle un motif, en vertu duquel je dois énoncer qu'il est bleu. Les jugements rationnels sont marqués des caractères d'universalité et d'absolue nécessité, tandis que les jugements expérimentaux n'expriment en soi et ]wiir soi qu'un contenu individuel, qui pourrait être tout autre; il n'y

a qu'à comparer les deux jugements : Le cercle est rond, — le cercle est bleu. Nous disons en soi et pour soi, car, au cours d'une observation prolongée et d'une expérience répétée, un jugement expérimental peut aussi, à l'aide d'une induction régulière, revêtir un certain caractère d'universalité et de nécessité relative ou absolue. Ainsi naissent les propositions expérimentales, qui expriment des lois de la nature, par exemple : tous les corps s'attirent. Elles sont le produit de l'expérience et n'ont de valeur universelle qu'autant qu'un jugement rationnel ( le principe de raison suffisante ) nous force à supposer au retour constant d'un phénomène une cause dans la nature de la chose, et c'est cette cause qui dans certaines conditions fait toujours apparaître le phénomène. Aussi demeure-t-il certain que les jugements expérimentaux ne prétendent jamais en soi et pour soi à l'universalité et à la nécessité absolue.

Les jugements rationnels ^onl analytiques, attendu que par la seule analyse du sujet ( cer-

PESCH. — KANTISME. — 3.

cle) nous trouvons le motif pour lequel ce prédicat ( rond ) doit être attribué à ce sujet, ou^ ce qui revient au même, parce que, grâce à la seule analyse du sujet et du prédicat, nous pouvons nous rendre compte de l'exactitude de notre jugement. Les jugements expérimentaux, au contraire, sont synthétiques, parce que le prédicat y ajoute quelque chose au sujet, adjonction qui n'a de motif ni dans le concept du sujet ni dans celui du prédicat, et qui ne peut se justifier que par l'expérience réelle (1).

Les jugements rationnels sont dits à priori parce qu'ils font connaître l'objet par son principe : le principe précède ce dont il est le fondement. Or ici le principe est le concept. C'est pourquoi connaître quelque chose à priori, c'est le connaître par son seul concept. Ce qui est connu à priori, c'est ce qui a pour principe de connaissance, non l'expérience, mais le

(1) Synthétique ne veut pas dire qu'un prédicat en général est adjoint au sujet. S'il en était ainsi, les jugements synthétiques seraient des vérités de M'' de la Palisse.

concept rationnel pur. Très souvent, en particulier dans la pensée de Kant, ce sens propre de l'a priori est laissé de côté : doit être à priori tout ce qui, en vertu de son origine et de son principe de connaissance, est indépendant de l'expérience. Ainsi les jugements rationnels sont à priori en ce sens qu'ils déposent d'une valeur, qui ne se fonde pas seulement sur la convenance factice du sujet et du prédicat, mais encore qui subsiste indépendamment de toute expérience. Je juge à priori que le cercle est rond, en tant que je me vois contraint déjuger ainsi, quand môme telle ou telle expérience n'existerait pas (1).

3. — Jusqu'à Kant on avait généralement admis que tous les jugements d'expérience pure, ou synthétiques, apparaissent comme jugements à posteriori, c'est-à-dire qu'on ne peut jamais se sentir contraint d'énoncer d'un

(1) Kant le remarque avec raison : «Tous les jugementsanalytiques sont, de leur nature, des connaissances à priori ; les concepts qui leur servent de matière, peuvent être empiriques, ou non. » ( Prolégomènes, p. 17 )

sujet un attribut étranger à son concept, sans s'appuyer pour cela sur une intuition qu'on possède (le cercle est vert). On croyait en effet que tous les jugements ont pour base une intuition, soit du concept du sujet et du prédicat, soit du fait même de l'expérience.

Et voilà Kant qui déballe à grand bruit sur le marché delà Science des jugements synthétiques, qui sont en môme temps à priori. Des jugements synthétiques il dit: «qu'ils ne sont possibles qu'à condition que sous le concept du sujet il y ait une intuition, » (i) c'est-à-dire qu'il faut que, dans ces jugements, aux concepts du sujet et du prédicat s'ajoute une intuition ( Anschmmng ). Il n'y a en général de jugements synthétiques que s'ils ont pour base une intuition qui s'ajoute à l'analyse du concept. Auxjugements synthétiques^ dits expérimentaux, s'ajoute une intuition empirique. Auxjugements synthétiques, dits à priori, s'a" joute comme principe de la synthèse une intuition à priori.

(1) (Huv. complètes, I, 470.

Est à priori OU originel, d'après Kant, tout ce qui, par son origine ou son principe de connaissance, est indépendant de l'expérience immédiatement. Est à priori au sens de Kant la connaissance, dont le principe doit se trouver ailleurs que dans T intuition empirique.

Si donc il doit y avoir des jugements synthétiques qui soient à priori (originels), il doit y avoir une intuition à priori, dans laquelle s'effectue la synthèse primitive de la connais sance. Dans une lettre à Reinhold, Kant s'exprime ainsi : « Tous les jugements synthétiques a de la connaissance spéculative ne sont possi- € blés que par le rapport du concept donné avec ce une intuition. Sile jugement synthétique est <c expérimental, il doit avoir pour base une w- (( tuition empirique; si c'est un jugement à prio- « ri, une intuition pure. Cette dernière doit (L être la base de tous les jugements synthéti- (( ques à priori. Or, comme il est impossible (( d'avoir une intuition pure qui ne consiste (L pas simplement dans la forme du sujet ou (( dans sa capacité représentative, dans la facul-

^r^CT^WT^*"-:^

c( té d'être affecté par les objets, la réalité de « propositions synthétiques à priori peut déjà « en soi suffire pour prouver qu'ils ne peuvent « s'appliquer qu'à des objets sensibles et dé- (( passer les phénomènes, sans que nous puisce sions encore savoir que le temps et Vespace « formes de la sensibilité, et les concepts à prio- « ri, auxquels nous subordonnons ces intui- « tions, afin d'avoir des propositions synthé- « ciques à priori, sont des catégories. » (1)

Y a-t-il donc réellement des jugements synthétiques, qui soient à priori? Cette question, qui est la question de fait, est la plus importante, celle qui, au fond, décide de tout. Nous savons que Kant prétend avoir trouvé de tels jugements.

Pénétrons dans la précieuse trouvaille de l'illustre penseur. Elle est d'autant plus intéressante que Kant se croit grâce à elle autorisé à présenter les théorèmes fondamentaux de toute science de la nature et les derniers prin-

Ibid. XI, 98.

cipes des mathématiques comme reposant sur une synthèse à priori.

Kant emprunte à V arithmétique et cite comme indubitablement synthétique à prjorile jugement 7+5=12; à la géométrie, la ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre ; à la physique : tout changement d'état a une cause, ou : dans tout changement d'état des corps la quantité de matière reste constante, ou : la communication du mouvement entraîne une réaction correspondante ; à la métaphysique : toutes les propositions relatives à l'existence, telles que : l'àme est immortelle. Pour lui ces jugements sont synthétiques parce qu'au concept du sujet s'ajoute quelque chose, ici par exemple l'existence.

Or, il n'est pas besoin de beaucoup de paroles pour montrer que tous ces jugements ( à l'exception des propositions métaphysiques relatives à rexistence, qui sont à posteriori, parce que, pour exclure l'existence, il faut toujours s'appuyer sur les faits d'expérience), que tous ces jugements sont bien à priori, mais ne sont

nullement synthétiques. Même en accordant à Kant que l'analyse de 5+7 ne nous fournît pas ridée de 12, il n'en serait pas moins incontestable que l'analyse de 5+7 nous montre pourquoi 5+7—12. Quand même le concept de ligne droite ne renfermerait pas formellement le concept du plus court chemin, cependant, par suite de la comparaison impliquée dans l'exemple donné entre les différentes lignes, " il résulte du concept de la ligne droite et de toute ligne brisée que la seconde est conçue comme plus étendue que la première. Il en est de môme des propositions empruntées à la physique. Si, dans ces propositions, le prédicat, de la façon dont il est exprimé n'est pas formellement inclus dans le sujet, cependant on trouve formellement la raison de ces jugements dans l'analyse du changement et du mouvement. Lorsque Kant est d'avis qu'il appartient à un jugement analytique que le prédicat soit inclus et en quelque sorte tout prêt dans le sujet et n'ait besoin que d'en être tiré, il se trompe : cette restric-

tion du concept est tout arbitraire (1). Ce qui importe dans un jugement analytique, c'est que, par la seule appréhension des concepts j'acquière la vue claire de la subsistance réelle du rapport énoncé dans le jugement. C'est ce qu'a d'ailleurs bien vu et ce qu'a dû avouer la science de Kant : aussi recourt-il à la plus incroyable sophistication pour dériver de l'intuition les jugements en question. Kant, ainsi qu'on l'a vu, avait déclaré synthétiques tous les jugements, dans lesquels une intuition doit s'adjoindre au concept. C'est de cette explication si amphibologique qu'il ne veut pas démordre. Or il est faux que tous les ju-

(1) Kant a trouvé dans Hume le concept trop étroit de jugement analytique, Hume avait distingué les jugements nécessaires en identiques et analytiques. Dans les premiers la même représentation est posée dans le sujet et dans le prédicat, A= A : dans les seconds, le sujet est analysé, décomposé, grâce au prédicat, en ses parties. Pareillement on trouve dans Hume cette opinion que tous les jugements qui étendent une représentation sont synthétiques. Or il n'a pas remarqué qu'avec le concei>t du sujet peuvent être données bien des choses que je n'avais pas encore notées dans la représentation du sujet. Si plus tard je les remarque, ma représentation sera étendue, quoique le jugement soit analytique et nullement synthétique.

-al

gements soient synthétiques, dans lesquels ( exemple : le cercle est rond ) il y a une intuition à titre d' élément fournissant les matériaux. Pour qu'un jugement soit synthétique, l'intuition doit fournir un principe de synthèse entre l'attribut et le sujet, et ce principe doit être extérieur au concept ( exemple : le cercle est vert). Si, au contraire, le principe de la synthèse est intérieur au concept fourni par Tintuition, le jugement, en dépit de toutes les intuitions, demeure analytique.

Laissons maintenant parler Riehl, l'un des plus récents défenseurs des jugements de Kant : « Les équations mathématiques, dit-il, « ne posent pas des grandeurs réciproquece ment égales ( tandis que les équations logl « ques posent des concepts ), mais des lois « relatives aux opérations sur les grandeurs, c( et d'après lesquelles des grandeurs égales « peuvent être obtenues : ce sont donc des « jugements d'identité synthétiques, et non (( analytiques. . . tout membre d'une équation (( doit servir à joindre des concepts d'après

CH. II. —FANTASMAGORIE DES .lUG. A PRIORI 43

« un procédé représentable dans Vintui- (( tion )) (1). A quoi l'on peut répliquer: nul homme sensé ne doute que, lorsque je dis 74-5=^12^ je pose réellement des grandeurs réciproquement égales, et que je n'entends pas indiquer un procédé pour faire ressortir l'identité entre ces grandeurs. Si celte égalité de position ne va pas sans intuitions, — comme en effet il n'en peut être autrement, étant donnés les caractères des mathématiques, — elle a cependant son principe dans l'analyse des concepts. Relativement à l'exemple géométrique cité, Riehl remarque que (L nous ne pouvons comparer des lignes sans « les tracer, partant, sans nous fonder sur (( l'intuition, et non sur un concept, d'où il (( suit que la proposition est indubitablement (( formée par synthèse ( ibid., p. 334) ». Nous disons, au contraire : l'intuition fournit bien les matériaux des jugements géométriques, et, en ce sens, on peut dire qu'ils se

(1) Le criticisme philosophique, I, 336.

fondent sur rintuition, mais le fondement formel du jugement réside dans le concept fourni par l'intuition. Relativement au principe de causalité^ Riehl soutient qu'il consiste à admettre que la succession des phénomènes est nécessairement déterminée dans le temps, et que, par suite^, la synthèse exprimée dans ce principe repose sur l'intuition du temps ( ibid., p. 333 ). Mais nous répétons qu'il n'y a plus rien à répondre à ceux qui jouent ainsi à cache-cache, au mépris de la science. En voilà donc assez : il n'y a pas de jugements synthétiques à priori.

Nous ne pouvons autrement faire que d'examiner un second motif que Kant fait valoir en faveur desdits jugements. Il soutient qu'il n'y a de véritable connaissance que s'il existe des jugements à priori, qui soient en même temps synthétiques. En effets dit-il, toute connaissance doit étendre mon savoir : or, mon savoir ne reçoit d'extension que par des jugements synthétiques, car ce n'est que par des jugements synthétiques que quelque chose de

noiivecm s'ajoute à la connaissance du sujet, tandis que les jugements analytiques ne font que l'éclaircir, Vexpliquer. Toute cette prétendue démonstration ne tient pas debout. Si l'on prend le mot étendre dans le sens de perfectionner, on peut admettre qu'une vraie connaissance doit être extensive. Mais si l'on restreint l'idée d'étendre à celle d'ajouter, en sorte qu'il n'y ait de connaissance vraie que celle qui ajoute quelque chose de nonveaii et d'inconnu jusqu'alors au concept du sujet, la thèse n'est pas soutenable. Car il y a encore connaissance vraie et progrès dans le savoir, quand je connais quelque chose qui est intelligiblement joint au sujet, et qu'auparavant je ne remarquais pas. En ce cas, ma connaissance est réellement étendue, quoique le concept du sujet ne soit pas étendu par les nouveaux prédicats. C'est ce qui arrive, par exemple^ quand on apprend les théorèmes mathématiques. Kant se trompe donc en soutenant qu'il n'y a de véritable connaissance que grâce aux jugements synthétiques. Nous ne nions pas

■■ jTT'^.'f '- t^.'^i»^

que l'extension de la connaissance humaine ne dépende en grande partie des jugements synthétiques. C'est que le savoir humain com. mence par la perception sensible et l'observation, et ne s'élève à la connaissance de l'essence des choses qu'après avoir pris possession des faits individuels. Beaucoup de théorèmes scientifiques sont des jugements synthétiques qui sont en soi et pour soi, mais qui par l'adjonction de principes a priori acquièrent une valeur générale.

C'est pourquoi les jugements synthétiques à priori sonfune fiction tout arbitraire, une chimère imaginée par le grand penseur et qu'il suffit de considérer de près pour qu'elle s'évanouisse en fumée. Erreur inoffensive, dira-t-on peut-être. Mais qu'onn'oublie pas qu'elle entraîne après elle les plus graves conséquences. Car c'est la fatahté non seulement de l'action mauvaise, mais encore de la perversion de la vérité qu'en se développant elle produise toujours de pires fruits. Si ces jugements étaient vrais, comme ils sont réellement faux, la Cri-

tique de la Raison pure serait justifiée, et la base si vantée de la moderne science allemande aurait du moins quelques petites parties solides. Il ne faut pas s'étonner que cette fantasmagorie ait joué quelque temps un rôle dans la (( science ». Luther a raison de le dire : « Nous « autres, Allemands, voilà les gens que nous (( sommes ! Nous tombons en arrêt devant ce (( qui est nouveau, nous le happons comme des fous ; )) mais il n'aurait pas dû restreindre aux Allemands cette sage remarque. Qu'il y ait encore aujourd'hui des hommes qui s'extasient devant les jugements synthétiques à priori, cela montre combien il y a peu à attendre, au fond, de la science moderne.

Par la voie erronée que Kant a ouverte, nous arrivons nécessairement aux fameuses formes de la connaissance, qui doivent nous expliquer l'essentiel de la connaissance humaine. Nous aurons à nous en occuper de plus près. Tout d'abord nous devons nous représenter comment le penseur de Kœnigsberg comprend et traite la connaissance humaine.

Page 1