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mes intuitives. Herbart pense qu'il faut se les représenter comme deux grands vases, où les sens versent leurs impressions qui finissent par prendre la forme des dits vases. De son €ôté, le docteur Cohen (ainsi que le professeur Riehl ) sont d'avis que les formes existent déjà, non actuelles, mais en puissance, et que l'objet agit sur elles (1). S'il veut seu-
(1) Voici Texplication du D'' Riehl : « A l'occasion de l'expérience se développent les connaissances formelles. L'expérience éveille et développe la conscience ; celle-ci agit et croît d'après ses propres lois, et cela seul est à priori qui a son fondement dans ces lois mêmes. Dans le développement empirique de la connaissance les impressions précèdent les intuitions, les intuitions précèdent les concepts ; sur la malière de l'expérience se développe, d'après la doctrine authentique de Kant, la forme de la conscience. Nous pouvons donc ne la considérer que comme impropre et provisoire, l'expression qu'emploie Kant, lorsqu'il appelle les formes, d'après leur lieu d'oric^ine, des « germes et des dispositions » dans l'entendement ; c'est uniquement par métaphore qu'il parle de formes préexistantes de l'intuition ; car, selon lui, c'est seulement la raisort de leur origine qui se trouve dans la connaissance réceptive ; l'espace n'est pas d'ores et déjà donné dans cette connaissance, mais il apparaît dans la synthèse formelle des impressions, laquelle se fait d'après les lois de notre représentation ». ( Le Criticisme philosophique, t. l'^ p. 323-324 ). C'est se tirer d'affaire bien facilement que d'éliminer comme « provisoire » et « métaphorique «tout ce qui gêne.
lement dire que nous avons la faculté de connaître ce qui est dans le temps et dans l'espace, il s'éloigne du kantisme et revient à l'opinion traditionnelle ; s'il veut conserver la (( potentialité y sous le nom de deux formes, appelées temps et espace, la question reste ouverte : comment la sensibilité arrive-t-elle à posséder cette provision de formes, et surtout ces deux formes, en même temps ?
Elles jouent vraiment ici le rôle de Deus ex machina.
Au mieux aller on pourrait encore se représenter ces formes comme les qualités occultes de notre faculté de comprendre, à peu près comme la couleur par rapport aux verres de lunette : les choses saisies par l'intuition revêtiraient, grâce à ces formes, un caractère ( la situation dans le temps et dans l'espace ) qu'elles ne possèdent pas en soi et pour soi. Mais c'est encore là s'éloigner de la doctrine de Kant. En effet, dans l'expérience s'opère outre la pensée de l'intelligence et outre la perception des'sens une intuition pure ^