CHAPITRE XI
LE NIHILISME, DERNIER STADE DE LA. PHILOSOPHIE DE IvANT
ï. — De même que la nature du grain se connaît mieux par son développement ultérieur que par lui-même, ainsi les plus graves erreurs se connaissent peut-être plus complètement quand on voit où elles conduisent.
Où donc nous conduit Kant? Cette question nous jette dans l'embarras. Par son système et ses principes c'est un idéalisme purement subjectif : néanmoins il est assez inconséquent pour laisser entrer dans sou système, sous le nom de noimènes, de choses en soi, des lam-
PESCH. — KANTISME. — 10
beaux de réalisme. Pour le moment faisons abstraction des éléments réalistes pour ne considérer que le système en lui-même, que V idéalisme subjectif.
D'une manière générale le Kantisme peut être comparé à un embarcadère. Celui qui y est arrivé en partant de la foi chrétienne se trouve avoir la facilité de continuer sa route dans des directions différentes. Kant délivre des billets^ pour le matérialisme comme pour le panthéisme, pour le déisme comme pour le positivisme. En partant de Kant, on peut, en tournant un peu, faire tout aboutir à la conscience ou à Vinconscience; on peut résoudre, avec l'un, tout en espace en mouvement, avec l'autre en ietnps. sensible. Tout cela, et mieux encore, nous l'avons vu se produire en Allemagne. Mais celui qui s'attache étroitement à suivre la voie propre de Kant, arrive après quelques stations^ à un nihilisme complet. C'est ce que nous allons montrer. -
II, — Première station : — Tout hors de moi n'est qu'apparence. Que Kant ait radicale-
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