‹ Le Kantisme et ses erreursChapitre 26 sur 37 · ç«EsiTsrr-;25?5ï · texte numérisé non relu

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CH. XI. — LE NIHILISME

<L tion du rêveur comme telle n'est pas encore « à ce degré atteinte par la critique : par (( suite, il subsiste encore effectivement une (c certaine, quoique bien pâle, réalité (1). » 4. Mais la critique est impitoyable. A la troisième et dernière station, par une conséquence inéluctable de ces principes, disparaissent les derniers restes de la réalité. En effet, la critique y soutient que même la fonction de la représentation, étant soumise à la forme du temps, ne doit pas être considérée comme réelle, mais, elle aussi, comme un phénomène, ou, pour mieux dire, une illusion. Or tout n'est pas illusion réelle, mais illusion de l'illusion. « Le rêve n existe même pas comme « acte de rêve ; c'est un rêve même que de (( rêver qu'il y a un rêve. Nous voyons bien (( alors qu'il y a illusion à penser qu'une illu- « sion existe, puisque ce n'est que l'illusion « de nilusion : nous atteignons l'illusion abso- (c lue, qui ne laisse subsister pas même la

li) Expos, critiq. du réalisme transcendanlal, p. 43.

« réalité de l'illusion : l'illusion d'un néant « qui paraît un monde éclate à nos regards, « etc. y> Hartmann appelle le premier stade subjectivisme ou solipsisme ; le second, idéalisme pur de conscience ; le troisième, iilusionisme absolu.

Voilà donc où conduit la théorie du phénomène sans être réel, voilà où conduit le doute, point de départ de la philosophie critique, sur cette question : sommes-nous certains que les choses correspondent à nos idées et les lois de l'être aux lois de notre pensée.

Inutile de montrer en particulier ce que "vaut au point de vue de la pensée saine la philosophie de Kant. Schopenhauer lui-même est d'avis que celui qui tient l'univers pour un état de son organisme doit être plutôt mis dans une maison de santé que traité en philosophie. En croyant devoir transformer Taxiome cartésien: « Gogito, ergo sum, » en celui-ci : « Cogito, ergo est, » il a mis le doigt sur l'erreur fondamentale de Kant

Si l'on suit sans broncher la voie ouverte

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CH. XI. — LE NIHILISME '

par Kant, on arrive nécessairement sans espoir de salut à ce stade final. - :

En ce qui touche proprement le grand penseur, ses admirateurs le trouveront couvert par son invention réaliste des noumènes. Nous croyons bien qu'en imaginant -ses noumènes, Kant s'est souvenu dune vérité qui, s'il s'y était attaché, aurait pu le sauver des conséquences de son propre système.

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PESCH. — KANTISME. — 17

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