‹ Le Kantisme et ses erreursChapitre 28 sur 37 · CH. XII · texte numérisé non relu

CH. XII

LJENIGME DES NOUMENES

«sans contenu, mais cependant nous semble -^ c( être une manière dont l'objet existe en lui- « même. ï> . •

Tsous avons cru devoir citer ces passages in ex- ' tenso. En effet, il n'y apasmal de néokantiens, qui croient porter la lumière dans les ténèbres du Kantisme en se cramponnant à ces passages sur « l'idée limitative. t> — j.A^pnipnpnip pst

esqu if qu'ils espèrent échapper à ^cy]\^ pt à Charybdejjejioumène n'est rien ; le nnnmpj»fi ■é^t quelque cho S£0 C'est surtout le livré du^ DiÇûben, a Théorie de Kant .sur Texpérience, » qui a mis en vogue cette manière de voir. Lange l'expose sous une forme vive et imagée: « Le poisson de l'étang ne peut nager que dans « l'eau etnonsurterre (cependant il peut heur-^ « ter delà tète le fond et lesparois.VParéillement -<( nous pourrions mesurer avec l'idée de cause -'- « toutle champ de l'expérience et trouver que,'"';,^:^* « en dehors de lui, il y a une sphère absolumentl^' « fermée à notre connaissance (His. du matérial."^^ « n. 49). î C'est dommage seulement que la-^^-

.va:;

•■vil^^cf-Vi^-

comparaison pèche juste par le point important. En effet, dans la théorie idéaliste, nous ne rencontrons jamais de chose réelle en nageant dans le monde des phénomènes, et, si nous la rencontrons, c'est que la chose réelle nous serait empiriquement perceptible, comme le fond de l'étang au poisson. Lgxhqse en soi nous apparallrnir, comme active, donc comme réellement existante.. Si nous devons rester enfermés dans Ia s}3hère de la subjectivité et ne

']Qmgî£gwm^^Mlya quelque chose au-(ielà, jji^e,^eut aûiis fn ire .connaîtra de llmite__gui^ pnns pltpçjjp rft\isl.ence de^et RP-Hplà transcendantâlT Si Lange veut comparer l'homme à un poisson, il faut qu'il îe mette dans un étang sans fond et sans parois, de façon qu'il ne soit jamais en danger de soumettre à l'expérien^la chose en soi.) « On n'a besoin de limites, remarque Hartmann, que quand il, s agînie séparer deux domaines. » Or^, d'après Kant. nous ne connaissons absolument

l^qii'im-dmnaine. celui de Ja conscience avec iOn contenu immanent, — domaine quujoaj;.

.- ^':-rr,- ■' i<È?

.. sy«.i«jriijf<g!i^rf' :* 5

i: t^ ^v£tï;

CH. XII. — l'Énigme des noumènes 27.7.,. ... -

sa nature, propre se ItmileluUmèmeJmmMLâ- ^^ tehient, sans avoir besoin qu'upejjan-ièi e s'ou^ - ^pt nniic; Inissp aller au dehors^ rl'antant ^alug qu'aucun axLdf.hon ne peut exister ^pour la conscience/

Vidée limitative n'est donc qu'un trompel'œil : celui qui réfléchit conclura de la simple lecture des passages ci-dessus de Kant que las noumènes constituent absolument grâce à lui' la réalité externe.

Dans son Enésidème, Schulze l'avait déjà expressément remarquée : depuis lors, elle est^ restée letalon d'Achille du Kantisme. Herbartf s'exprima ainsi (i) : « On a bien souvent répé--' « te que la matière de ce qui est dpnnéjiûit^- « nir de quelque chose d'extérieur. L'extérieur <L n'estnullement donné, il estcoîi<;n/>ar orf^iiUoîia de la même manière qu'au phénomène ?iot«--^

-« joignons enlepemanl l'idée de sa cause. C'est-^ , « donc un des modes même de représentation,^ • '

(1) EdiCBaftenstein,!, J91. ...... ..- ^t^-

':»W<iïfV*V^»**'*.

^■^i7=te^-^=A^*'-.w-.---

i. irifJt^^^in^-^f

ft que nous formons d'après les lois de notre es- « prit et qui n 'ont pas de réalité indépendante (( denous. » Schopenhauer dit pareillement (i): tovSTOoM^ISs¥n^ë dè^â^miraïQSoi, i^ S« qu'à travers mille finasseriesf^satrun' râîsen- ^({^m§mQBi4 éoai^ ^hdse -est le i3m5ipe.diê^ |« (âaiâailér:^sc^it^^el'impreasion ressenti^ |«4aus ûOs^^jTgaiî^ jdoi^ avoir aine cause exté'- -&^^. Or, d'après sa propre découverte, le !« principe de causalité nous est connuLa priori, f « c'est donc mie fonction de notre' intellect; i« par suite, il a une origine subjective ; bien J ((plus, l'impression. sensible elle-même, à la- « quelle nous appliquons le principe de causa- «lité est indubitablement subjective, et enfin (c l'espace même dans lequel grâce à cette •« application nous situons, comme objets, les « causes de ladite impression, est une forme (( mentale donnée a priori, partant subjective. «Donc toute l'intuition empirique démeure « entièrement; dans le monde subjectif ; ce

i\) Le monde en ûnt que volonté, I, 490.

-- JS^:^}^:^-

.■)<fafc,',JI<ii ^A» "jn.^ I ^ ■■ »J!?tf^^>^rfgJL-3>j£^

BBI

CH.xii.^^^^^. l'énigme ©es noumènes

« n'est qu'un changement d'état en nous, et . « on n'y peut faire entrer comme chose en soi « rien qui en diffère complètement et en soit ft indépendant. y>

Le congé signifié à la chose en soi, sous forme d'idéalisme, se justifie dans la doctrine^^ de Kant par ce fait quejiiant::me^a^êo!in^îî^ qu;ûGGasiorine11èmént%tâlâdernièr:e:^trémité | dea^àlité^wîépHWîàânte^Haiîlîose^n:^^^^ que les principes qui excluent cette réalité sont les bases de son système.

Au début le grand penseur ne semble pas^ avoir remarqué cette contradiction vivante. • Mais lorsqu'il écrivit la Critique de ]a Raison pratique, elle lui avait déjà été opposée, et l'existence réelle de choses en soi externes lui paraissait si inévitable à admettre qu'en leur faveur il fit un trou dans son Analytique trarscendantale- En effet, il y distingue descatégo- ' ries mathématiques (grandeur et qualité) et des catégories dynamiques (causalité et néces- . site); il entend que ces dernières soient applicables à une réalité transcendantale (Œuv.

^^-^rft-T

i- •»-^*■*^^^^---^v■'X*- •fr>*n:int^, f^V*

, ^. . ■ -. ' jLjtll g^UJ ^^^r^'^^vs!r2i>k<y,.y^-^j^^^r^-^'

complètes viii, 236 ), et surtout ia catégorie de causalité, puis, grâce à cette dernière, celle de nécessité. Comment est-il arrivé à cette distinction, c'est ce qu'on ne trouve pas, et Hartmann a raison de le remarquer : « Nous devons donc admettre que sous le rapport « de toutes les catégories la contradiction entre « l'interdiction de l'usage transcendantal et c( l'application a fléchi grâce à Kant en faveur « de ia causalité et de la nécessité, et même « à fmi par disparaître réellement ( Expos.

u>scritique^ p. 72). »

V - Lorsqu'on songe que Kant, devenu attentif à cette contradiction, s'attache opiniâtrement età tout prixà5àaisser^fitâ€4e4ie3;^|^^

^^'onm^es, on est porté à croire que les réalistes néokantiens sont ceux qui représentent le mieux le point de vue propre du maître. Mais le prince des penseurs allemands n'est pas pour cela tiré d'affaire. Si lé noumène est quelque chose, comment peut-il en même temps n'être rien ? s'il est connu comme quelque clwse^ comment peut-il en même^^eîïips

" '>fi*',^"%''^; S^?* ^^

Page 1