‹ Le Koran (volume 2)Chapitre 3 sur 447 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

ment la place à une nouvelle doclrine élevée et nourrie à l'ombre de ses autels. Aussi cette doctrine nouvelle , dont le glaive devait être par la suite l'apôtre le plus éloquent et le plus persuasif, fut obligée de se propager et de se maintenir par le sang de la famille de son propre fondateur.

Les écrivains arabes ont attribué à Mohammed un grand nombre de miracles dont le récit est rapporté sans critique par la plupnrt des écrivains occidentaux qui ont écrit sa vie. La plupart de ces miracles ont été inveutés pnr les sectateurs de Mohammed dans l'intention de prouver la supériorité de sa nature, ou par ses adversaires pour le discréditer aux yeux des personnes sensées.

Pendant que le prophète arabe travaillait à l'établissement de sa religion , il fut soumis, comme un simple mortel , à toutes les vicissitudes auxquelles entraînent les grandes entreprises. Pendant qu'il gagnait des prosélytes à Médine et dans d'autres villes de l'Arabie, il en perdait à la Mecque, sa ville natale. Les chefs des Koreïchites, sa propre tribu, le condamnèrent à mort par un arrêt unanime. Si Mohammed ne se fût pas soustrait à cette condamnation par la fuite , il est probable que c'en eût été fait de son apostolat et de sa religion. Mais cette action de se soustraire par la fuite à ses ennemis , loin de lui avoir été reprochée comme une lâcheté, a été immortalisée par ses sectateurs, qui en ont daté leur ère; le nom de Hégire ne signiGant autre chose en arabe que fuite (\).

Depuis cette époque de la fuite à Médine, les sectateurs de Mohammed et ses ennemis, qui étaient alors ses compatriotes, se livrèrent des guerres acharnées, dans lesquelles le prophète était souvent au premier rang, ce qui l'a fait nommer, par ses contemporains, le prophète du sabre. Les succès en furent d'abord partagés, « mais, dit M. Pastoret (2), si le prophète ne l'emporta pas « toujours par la force des armes , il l'emporta toujours par la gc- « uérosité et la grandeur d'âme. INous n'en citerons qu'un trait c arrivé la sixième année de l'ère mahométane. Un prince qu'il « avait comblé de bienfaits après l'avoir vaincu, jaloux de lui té- « moigner sa reconnaissance , fatiguait les Mecquois par des hoslic lités. Leurs convois de blés, interceptés plusieurs fois, faisaient « craindre une famine prochaine. Les Koreïchites effrayés ne « trouvent plus d'autre ressource que de s'adresser à celui qu'ils « persécutaient depuis vingt ans. C'est Mohammed lui-même; Mo- « hammed exilé, proscrit, condamné au dernier supplice, qui « intercède pour les citoyens coupables qui ont voulu altentcr à ses

* L'année de la fuite -de Mohammed, ou de l'Hégire, correspond a l'année 622 del'ère chrétienue.

3 Zoioàitie, Confttciui et Mahomet, p. 223.

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