‹ Le Koran;Chapitre 111 sur 503 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

175. Or, si nous avions voulu, nous l'aurions élevé par ce miracle ; mais il demeura attaché à la terre et suivit ses passions. Il ressemble au chien qui aboie quand tu lui donnes la chasse, et qui aboie encore quand tu t'éloignes de lui. Voilà à quoi ressemblent ceux qui traitent nos signes de mensonges. Répète-leur ces histoires, afin qu'ils réfléchissent.

176. C'est à quelque chose de mauvais que ressemblent ceux qui ont traité nos signes de mensonges , et c'est à eux-mêmes qu'ils font du mal.

177. Celui que Dieu dirige est bien dirigé, et celui qu'il égare est perdu.

178. Nous avons créé pour la géhenne un grand nombre de génies et d'hommes qui ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent rien , qui ont des yeux avec lesquels ils ne voient rien , qui ont des oreilles avec lesquelles ils n'entendent rien. Ils sont comme les brutes, ils s'égarent même plus que les brutes. Tels sont les hommes qui ne prêtent aucune attention à nos signes.

179. Les plus beaux noms appartiennent à Dieu^. Invoquez-le par ces noms, et éloignez-vous de ceux qui les appliquent à tort. Ils recevront la récompense de leurs œuvres,

180. Il est, parmi ceux que nous avons créés, des hommes qui sont dans la droite voie et qui pratiquent l'équité,

181. Pour ceux qui traitent nos signes de mensonges, nous les anéantirons peu à peu et par des moyens qu'ils ne connaissent pas.

182. Je leur accorderai un long délai , car ma ruse est à toute épreuve ^.

183. Les Arabes ne réfléchiront-ils pas que leur compagnon Mahomet n'est pas un démoniaque, mais qu'il est un apôtre chargé d'avertir ouvertement?

fasa de croire à sa mission ; selon d'autres, il serait ici question de Balaam, le Chananéen, qui, refusant d'abord de maudire Moïse, se laissa dans la suite entraîner par les suggestions de Satan, et fut condamné à tirer la langue comme un chien.

' Parmi les noms de Dieu, en arabe, se trouve rahman, le miséricordieux. Un Arabe idolâtre, entendant ce nom appliqué par Mahomet à Dieu, se mit à rire en disant qu'il ne connaissait qu'un seul individu de ce nom dans la province de Yemama. D'autres Arabes répétaient que les noms de leurs idoles, tels que Alozza, Allât, Menât, venaient des noms que Mahomet donnait à Dieu, tels que Elaziz, Allah, Mennan. Dans le chapelet mahométan, Dieu a quatre-vingt- dixneuf noms, parmi lesquels sont : le grand, le bon, le clément, le savant, le sage, le subtil, le bienfaisant, etc.

' Mot à mot : ma ruse est solide, on ne saurait la déjouer à force de temps.

130 1-2 liijiury.

184. Que ne tournent-ils leurs regards vers le royaume des deux et de la terre,, et vers toutes les choses que Dieu a créées, pour voir si leur terme n'approche pas ? Et en quel autre livre croiront-ils, eux qui ne croient pas au Koran?

185. Celui que Dieu égarera ne trouvera plus de guide, Dieu le laissera errant sans connaissance.

186. Ils te demanderont à quand est fixée l'arrivée de l'Heure. Dis-leur : La connaissance en est réservée à Dieu seul. Personne ne saurait en révéler le terme , excepté lui. Elle pèse aux cieux comme à la terre ^ et elle n'arrivera qu'inopinément.

187. Ils te le demanderont comme si tu en avais la connaissance. Dis-leur : La connaissance en est chez Dieu: mais la plupart des hommes ignorent cette vérité.

188. Dis-leur : Je n'ai aucun pouvoir soit de me procurer ce qui m'est utile , soit d'éloigner ce qui m'est nuisible, qu'autant que Dieu le veut. Si je connaissais les choses cachées, je deviendrais riche, et aucun malheur ne pourrait m'atteindre. Mais je ne suis qu'un homme chargé d'annoncer des promesses et d'avertir le peuple des croyants.

189. C'est lui qui vous a créés tous d'un seul individu, qui en a produit son épouse afin qu'il demeurât avec elle, et, lorsque rhomme eut cohabité avec elle, elle porta d'abord un fardeau léger, et marchait sans peine; puis, lorsqu'il devint plus pesant, les deux époux adressèrent cette prière à Dieu leur Seigneur : Si tu nous donnes un fils bien fait 2, nous le rendrons des actions de grâces.

* Non-seulement elle préoccupe la pensée des hommes, mais celle des anges aussi.

' Le mot du texte est salihan, qui veut dire juste, vertueux et bon. On pourrait donc traduire : si tu, nous donnes un fils vertueux, prière toute naturelle dans la bouclie de nos premiers parents; cette acception même est la plus générale et la plus fréquente. Cependant on est convenu de donner à ce mot, dans ce passage, la signification de bien fait, de forme humaine, d'après les commentateurs qui racontent qu'Eve étant enceinte, Satan lui prédisait qu'elle mettrait au monde une brute ; il promettait d'ailleurs de détourner d'elle ce malheur, à condition que l'enfant serait nommé Ahdolhareth (serviteur du cultivateur), ou serviteur &'Alhareth, car Satan portait ce nom parmi les anges auxquels il se disait appartenir ; c'était un acte d'jdolûtrie ; car, dans le nom d'un homme, le moi serviteur ne doit jamais se joindre à un autre nom qu'à celui de Dieu. Dieu punit nos premiers parents de cet acte de rébellion. L'enfant ne vécut point. Quelques commentateurs combattent ceUe explication comme incompatible avec le caractère propliétifiue d'Adam, et appliquent le sens des versets en question à un des ancêtres de Mahomet, qui donna à ses enfants des noms du culte ido-

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