‹ Le Koran;Chapitre 31 sur 503 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

6. Dieu a apposé un sceau sur leurs cœurs et sur leurs oreilles ; leurs yeu]c sont couverts d'un bandeau, et le châtiment cruel les attend.

7. Il est des hommes qui disent : Nous croyons en Dieu et au jour dernier ; et cependant ils ne sont pas du nombre des croyants.

8. Ils cherchent à tromper Dieu et ceux qui croient; mais ils ne tromperont qu'eux-mêmes, et ils ne le comprennent pas.

9. Une infirmité siège dans leurs cœurs S et Dieu ne fera que l'accroître ; un châtiment douloureux leur est réservé, parce qu'ils ont traité les prophètes ^ de menteurs.

10. Lorsqu'on leur dit : Ne commettez point de désordres sur la terre 3, ils répondent : Loin de là, nous y introduisons le bon ordre.

1 1 . Hélas ! ils commettent des désordres , mais ils ne le comprennent pas.

12. Lorsqu'on leur dit : Croyez, croyez ainsi que croient tant d'autres, ils répondent : Croirons-nous comme croient les sots ? Hélas ! ce sont eux-mêmes qui sont des sots ? mais ils ne le sentent pas.

13. S'ils rencontrent des croyants, ils disent : Nous sommes croyants ; mais dès qu'ils ont rejoint en secret leurs tentateurs 4, ils disent : Nous sommes avec vous, et nous nous rions de ceux-là.

14. Dieu se rira d'eux; il les fera persister longtemps dans leur rébellion, errant incertains çà et là.

15. Ce sont eux qui ont acheté Terreur avec la monnaie de la vérité ; mais leur marché ne leur a point profité ; ils ne sont plus dirigés dans la droite voie,

16. Ils ressemblent à celui qui a allumé du feu : lorsque le feu a jeté sa clarté sur les objets d'alentour, et que Dieu Ta enlevée

' Partout dans le Koran, par les hommes dont le cœur est atteint d'une infirmité, Mahomet entend les hypocrites, les hommes d'une foi douteuse et chancelante.

' Nous traduisons indistinctement par prophète ou envoyé ou messager, le mot arabe reçoul, messager. La distinction qu'on établit quelquefois à cet égard est expliquée au chap. XIX, 42, note.

' Littéralement: ne corrompez pas sur la terre; mots par lesquels on entend les crimes tels que les tirigandages, les Yiolences, la débauche et l'idolâtrie. Pour faire mieux ressortir le contraste entre cette phrase et celle qui termine le \erset, il faudrait traduire cette dernière : loin de là, nous corrigeons.

* Le texte porte : quand ils sont à l'écart avec leurs Satans.hQ mot chéïtan, Satan, ne se dit pas seulement en arabe de Satan, diable (diabolus), mois de lout homme ou de tout être qui convie au mal. Dans ce verset, on doit entendre par les tentateurs les chrétiens et les juifs, hostiles à la mission de Mahomet, et cherchant a en détourner les Arabes idolâtres et les nouveaux convertis.

soudain, laissant les hommes dans les ténèbres, ils ne sauraient voir.

17. Sourds, muets et aveugles, ils ne peuvent ])lus revenir sur leurs pas^

18. Ils ressemblent à ceux qui, lorsqu'un nuage gros de ténèbres, de tonnerre et d'éclairs, fond du haut des cieux, se bouchent les oreilles avec leurs doigts à cause du fracas du tonnerre et par crainte de la mort, pendant que le Seigneur enveloppe de tous côtés les inOdèles.

19. Peu s'en faut que l'éclair ne les prive de la vue; lorsque réclair brille, ils marchent à sa clarté, et lorsqu'il les plonge dans les ténèbres , ils s'arrêtent. Si Dieu voulait, il leur ôlerait la vue et l'ouïe, car il est tout-puissant. 0 hommes ^i adorez votre Seigneur, celui qui vous a créés, vous et ceux qui vous ont précédés. Craignez-moi.

20. C'est Dieu qui vous a donné la terre pour lit et qui a élevé les cieux comme un édifice au-dessus de vos têtes; c'est lui qui fait descendre l'eau des cieux, qui par elle fait germer les fruits destinés à vous nourrir. Ne donnez donc point d'associés à Dieu. Vous le savez.

21 . Si vous avez des doutes sur le livre que nous avons envoyé à notre serviteur, produisez un chapitre au moins pareil à ceux qu'il renferme, et appelez, si vous êtes sincères, vos témoins, ceux que vous invoquez à côté de Dieu ^.

' L-cs commentateurs donnent à ces mots le sens de : ils ne se convertiront point.

■ Lorsqu'un prédicateur, dans la mosquée, ou un oraleur arabe, harangue le peuple, il se sert, dans son allocution, des mots : ô liommes ! c'est-à-dire, o vous qui m'écoulez. De même, dans le Koran, ces mots ne s'adressent pas ù tous les hommes, aux mortels, mais aux Mecquois, ou aux Médinois, que prêchait Mahomet. C'est le caractère propre à tous les discours tenus par Mahomet et à toutes ses institutions et préceptes, d'avoir une application actuelle et restreinte aux peuples de l'Ariibie, sans embrasser les autres peuples, le genre humain. Les commenlatours font observer cependant que les mots : ô Jiommes! s'appliquent plus particulièrement aux Mecquois, tandis que les Médinois sont inter- ])ellés par les mots : ô croyants, ù vous qui croyez. Les habitants de la ville de Mahomet persévéraient dans l'idolalrie lorsque les Médinois avaient déjà accueilli chez eux le nouveau prophète.

^ Les mots : min douni-'llahi, sont traduits ordinairement par : à l'exclusion de Dieu- Cependant min douni est une locution adverbiale qui exprime qu'avant de parvenir à tel objel, on en rencontre un autre sur son chemin ; ainsi, dans ce passage, et dans les passages analogues du Koran, elle veut dire que dnns le culte idolùlic il y avait, cnUe les honunes et le Dieu unique, des êtres, des divi-

C[JAPiTRE II. 5

^ 22. Mais si vous ne le faites pas, et à coup sûr vous ne le ferez pas, redoutez le feu préparé pour les infidèles, le feu dont les hommes et les pierres ^ seront l'aliment.

23. Annonce à ceux qui croient et qui pratiquent les bonnes œuvres, qu'ils auront pour demeure des jardins arrosés de courants d'eau. Chaque fois qu'ils prendront quelque nourriture des fruits de ces jardins , ils s'écrieront : Voilà les fruits dont nous nous nourrissions autrefois 2; mais ils n'en auront que l'apparence 3. Là, ils trouveront des femmes exemptes de toute souillure, et ils y demeureront éternellement.

24. Dieu ne rougit pas d'offrir en parabole, soit un moucheron, soit quelque autre objet plus relevé ^. Les croyants savent que c'est la vérité qui leur vient de leur Seigneur ; mais les infidèles disent : Qu'est-ce donc que Dieu a voulu nous dire en nous offrant cela comme sujet de comparaison? Par de telles paraboles, il égare les uns et dirige les autres. — Non, il n'y aura d'égarés que les méchants ,

25. Les méchants, qui brisent le pacte du Seigneur conclu antérieurement, qui séparent ce que Dieu avait ordonné de conserver uni, qui commettent des désordres sur la terre : ceux-là sont des malheureux 5.

26. Comment pouvez-vous être ingrats envers Dieu, vous qui étiez morts et à qui il a rendu la vie, envers Dieu qui vous fera mourir, qui plus tard vous fera revivre de nouveau, et auprès duquel vous retournerez un jour?

27. C'est lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre ; cette œutre terminée, il se porta avec fermeté vers le ciel et en

nités intermédiaires. Mahomet n'accuse pas les Arabes d'adorer des divinités exclusivement et absolument, mais de mêler au culte de Dieu celui d^autres divinités. De même les païens de l'antiquité classique consentaient volontiers à placer le Dieu des chrétiens parmi les divinités de l'Olympe , mais non pas à sacrifier entièrement leur polythéisme. C'est ce qui résulte de beaucoup de passages du Koran, où les idolâtres sont réputés reconnaître l'action du Dieu suprême.

' Les pierres, c'est-à-dire les statues en pierre des fausses divinités.

' C'est-à-dire dans l'autre monde, sur la terre.

^ C'est-à-dire que ces fruits seront d'un goût bien plus exquis que ceux de la terre, quoique semblables en apparence à ces derniers, et ce, pour causer aux bienheureux une surprise agréable.

* Les Arabes Taisaient un reproche à Mahomet de mêler aux enseignements graves et sérieux des paraboles tirées de choses viles, comme des insectes, de parler de l'abeille, de l'araignée et de la fourmi. Mahomet répond ici à ce reproche.

' Le mot du texte el khaçiram veut dire proprement ceux qui perdent à quelque marché, à quelque spéculation ; déçus, frustrés dans leurs calculs.

forma avec toute la perfection sept cieux, lui qui s'entend en toutes choses ^

28. Lorsque Dieu dit aux anges : Je vais établir un vicaire sur la terre, les anges répondirent : Vas-tu placer sur la terre un être qui y commettra des désordres et répandra le sang, pendant que nous célébrons tes louanges et te glorifions et proclamons sans cesse ta sainteté? — Je sais, répondit le Seigneur, ce que vous ne savez pas.

29. Dieu apprit à Adam les noms de tous les êtres; puis, les amenant devant les anges, il leur dit : Nommez-les-moi, si vous êtes sincères.

30. Loué soit ton nom! répondirent les anges; nous ne possédons d'autre science que celle que tu nous as enseignée ; tu es le savant, le sage.

31. Dieu dit à Adam : Apprends-leur les noms de tous les êtres ; et lorsqu'il (Adam) l'eut fait, le Seigneur dit : Ne vous ai-je pas dit que je connais le secret des cieux et de la terre, ce que vous produisez au grand jour et ce que vous cachez?

32. Lorsque nous ordonnâmes aux anges d'adorer Adam, ils Tadorèrent tous, excepté Eblis ; celui-ci s'y refusa et s'enfla d'orgueil, et il fut du nombre des ingrats 2.

33. Nous 2 dîmes à Adam : Habite le jardin avec ton épouse; nourrissez-vous abondamment de ses fruits, de quelque côté du jardin qu'ils se trouvent; seulement n'approchez pas de l'arbre que voici, de peur que vous ne deveniez coupables.

84. Satan a fait glisser leur pied, et les a fait bannir du lieu où ils se trouvaient. Nous leur dîmes alors : Descendez de ce lieu; ennemis les uns des autres^, la terre vous servira de demeure et d'usufruit temporaires.

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