CHAPITRE IV
assister par des témoins. Dieu vous tiendra compte de vos actions, et cela vous suffit.
8. Les hommes doivent avoir une portion des biens laissés par leurs pères et mères et leurs proches; les femmes doivent aussi avoir une portion de ce que laissent leurs pères et mères et leurs proches. Que l'héritage soit considérable ou de peu de valeur, une portion déterminée leur est due.
9. Lorsque les parents, les orphelins et les pauvres sont présents au partage, faites-leur en avoir quelque chose, et tenez-leur toujours un langage doux et honnête.
10. Que ceux qui craignent de laisser après eux des enfants faibles par leur bas-âge songent à ce qu'ils font eux-mêmes; qu'ils craignent Dieu et aient une parole droite ^
11. Ceux qui dévorent iniquement Théritage des orphelins introduisent le feu dans leurs entrailles, et seront un jour consumés par les flammes ardentes.
12. Dieu vous commande, dans le partage de vos biens entre vos enfants, de donner au garçon la portion de deux filles; s'il n'y a que des filles , et qu'elles soient plus de deux , elles auront les deux tiers de ce que le père laisse ; s'il n'y en a qu'une seule, elle recevra la moitié. Les père et mère du défunt auront chacun le sixième de ce que l'homme laisse, s'il a laissé un enfant ; s'il n'en laisse aucun et que ses ascendants lui succèdent, la mère aura un tiers ; s'il laisse des frères , la mère aura un sixième , après que les legs et les dettes du testateur auront été acquittés. Vous ne savez pas qui de vos parents ou de vos enfants vous sont plus utiles. Telle est la loi de Dieu. Il est savant et sage.
13. A vous hommes la moitié de ce que laissent vos épouses, si elles n'ont pas d'enfants; et si elles en laissent, vous aurez le quart, après les legs qu'elles auront faits et les dettes payées.
14. Elles [les femmes ws épouses], auront le quart de ce que vous [leurs maris) laissez, après les legs que vous aurez faits et les dettes payées, si vous n'avez pas d'enfants; et si vous avez des enfants , elles auront le huitième de la succession après les legs que vous aurez faits et les dettes payées.
15. Si un homme hérite d'un parent éloigné ou d'une parente éloignée, et qu'il ait un frère ou une sœur, il doit à chacun des deux un sixième de la succession; s'ils sont plusieurs, ils con-
• Celte phrase elliptique signifie : En vous occupant des enfants laissés par d'autres, ayez toujours présent à \otre pensée le sort, de vos propres enfants, et agissez comme vous voudriez qu'on agît à l'égard des vôtres.
courront au tiers de la succession, les legs et les dettes prélevés,
16. Sans porter préjudice à qui que ce soit. Cest ce que Dieu vous recommande. 11 est savant et clément.
17. Tels sont les commandements de Dieu. Ceux qui écouteront Dieu et son envoyé seront introduits dans les jardins arrosés par des courants d'eau ; ils y demeureront éternellement. C'est un bonheur immense.
18. Celui qui désobéira à Dieu et à son envoyé, et qui transgressera les commandements ^ de Dieu, sera précipité dans le téu, où il restera éternellement, livré à un châtiment ignominieux.
19. Si vos femmes commettent l'action infâme 2, appelez quatre témoins. Si leurs témoignages se réunissent contre elles, enfermez-les dans des maisons jusqu'à ce que la mort les enlève ou que Dieu leur procure quelque moyen de salut.
20. Si deux individus parmi vous commettent une action infâme, faites-leur du mal à tous deux S; mais s'ils se repentent et se corrigent, laissez-les tranquilles, car Dieu aime à pardonner, il est miséricordieux.
21. Dieu lui-même se charge de revenir {de pardonner) à ceux qui ont péché par ignorance, et qui se repentent aussitôt. Dieu leur pardonne, car il est savant et sage.
22. Le repentir n'est d'aucune utilité à celui qui commet constamment les mauvaises actions , et qui s'écrie , à l'approche de la mort : Je me repens. Il n'est d'aucune utilité à ceux qui meurent infidèles. Nous avons préparé pour ceux-ci un châtiment douloureux.
23. 0 croyants! il ne vous est pas permis de vous constituer héritiers de vos femmes contre leur gré, ni de les empêcher de se marier (quand vous les avez répudiées), afin de leur ravir une portion de ce que vous leur avez donné, à moins qu'elles ne soient coupables d'une action infâme manifeste. Soyez bons dans vos
' Proprement, les limites que Dieu a établies.
' Il s'agit de la fornication aussi bien que de l'adultère; car le mot femmes [niça] n'a pas ici rigoureusement le sens d'épouse; le mot particulièrement apj)liqué à l'adultère est zina. Dans les commencements de 1" islamisme, on murait la femme coupable, peine qui ne résulte cependant pas du texte du Koran. On y a substitué plus lard, pour une personne libre (non mariée), le fouet et le bannissement. Quant à l'adultère, la tradition, qui prescrit la lapidation, a renchéri sur les dispositions du Koran contenues dans le chapitre XXIV.
' On croit qu'il s'agit, dans ce passage, du crime de sodomie ; et les mots faites-leur du mal sont interprétés par les commentateurs par : réprimandez-les publiquement, ou soulflctuz-lts avec leurs pantoulles.