‹ Le Koran;Chapitre 94 sur 503 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

131. Et cela fut ainsi S parce que Dieu n'est point le destructeur des cités qui les anéantit par méchanceté , et sans qu'elles s'y attendent.

132. Toute âme occupera un degré correspondant à ses œuvres. Ton Seigneur n'est point inattentif à ce qu'elles font.

133. Ton Seigneur est riche, plein de pitié; s'il voulait, il vous ferait disparaître , et vous remplacerait par tels autres peuples qu'il voudrait, de même qu'il vous a fait sortir des générations passées.

134. Ce dont on vous menace aura lieu, et ce n'est pas vous qui inllrmerez les arrêts de Dieu.

135. Dis-leur : 0 mon peuple! agis selon tes forces, moi j'agirai aussi. — Vous apprendrez

136. A qui écherra la demeure éternelle du paradis. Dieu ne fera point prospérer les méchants.

137. Ils destinent à Dieu une portion de ce qu'il a fait naître dans leurs récoltes et dans leur bétail, et disent : Ceci est à Dieu (à Dieu selon leur invention), et ceci aux compagnons que nous lui donnons. Mais ce qui était destiné à leurs com.pagnons n'arrivera jamais à Dieu, et ce qui était destiné à Dieu arrivera à leurs compagnons 2. Que leurs opinions sont fausses ^ !

138. C'est ainsi que parmi un grand nombre d'idolâtres, les fausses divinités leur ont suggéré Vidée de tuer leurs propres enfants, et c'est pour les perdre et embrouiller leur culte. Si Dieu l'avait voulu, ils n'auraient jamais agi ainsi? mais laisse-les faire, et éloigne-toi de ce qu'ils inventent.

139. Ils disent : Tels animaux et telles récoltes sont défendus;

' C^est-à-dire, que Dieu, avant de punir une cité, envoyait des apôtres chargés d'y perler ses avertissements.

' Nous avons traduit leurs compagnons pour suivre le texte ; nous ferons cependant observer que le pronom relatif /eurs- ne veut pas dire que les autres dieux soient des compagnons des hommes ; il signifie les compagnons du Dieu de leur invention. Nous nous servons aussi quelquefois du mot associant, qui est le vrai sens du mot arabe mouchrik, traduit généralement par idolâtre. ,^,j

* Ce verset a trait à quelques pratiques religieuses en usage chez les Arabes idolâtres, telles que le partage des terrains, des fruits et des récoltes en deux portions, dont l'une était celle du Dieu suprême, l'autre consacrée aux divinités subalternes représentées par les idoles. La portion de Dieu servait à nourrir les pauvres, les voyageurs ; celle des idoles était alFectée aux offrandes et à la rétribution des prêtres. Si un fruit tombait de la portion destinée à Dieu sur le terrain consacré aux idoles, on le donnait aux idoles, mais on n'agissait pas ainsi dans le cas contraire ; car Dieu, disaient les idolâtres, étant riche, pouvait se passer de tout.

nul autre que ceux que nous voulons (c'est ainsi qu'ils Tont imaginé) ne doit s'en nourrir. Tels animaux doivent être exempts de porter des fardeaux. Ils ne prononcent pas le nom de Dieu sur eux; ils inventent tout cela sur le compte de Dieu. H les rétribuera pour leurs inventions.

140. Ils disent : Le petit de tels animaux sera licite pour nos enfants mâles ; il sera défendu à nos femmes. Mais, si le fœtus est avorté , ils sont tous de compagnie à le manger. Dieu les récompensera de leurs distinctions. Il est savant et sage.

141. Ils sont perdus ceux qui tuent leurs enfants par folie, par ignorance, ceux qui défendent les aliments que Dieu a donnés aux hommes \)3ly pure invention sur son compte. Ils sont égarés, ils ne sont point sur le chemin droit.

142. C'est lui qui a créé les Jardins de vignes supportés par des treillis et ceux qui ne le sont pas , qui a créé les palmiers et les blés de tant d'espèces , les olives et les grenades qui se ressemblent et diffèrent entre elles. Il a dit : Nourrissez-vous de leurs fruits, et acquittez ce qui est dû au jour de la moisson ; évitez la prodigalité, car Dieu n'aime point les prodigues.

143. Parmi les animaux, les uns sont faits pour porter des fardeaux , les autres pour être égorgés. Nourrissez-vous de ce que Dieu vous a accordé, et ne suivez pas les traces de Satan , car il est votre ennemi déclaré.

144. Il y a huit articles de bétail formant des couples, savoir : deux de race ovine (bélier et brebis) et deux de race caprine (bouc et chèvre). Demande-leur : Est-ce les maies que Dieu vous a interdits ou bien les femelles , ou bien ce que renferment les entrailles des femelles? Instruisez-moi, si vous êtes sincères.

145. De plus, deux articles de race cameline (chameau et chamelle) et deux de race bovine (taureau et vache). Demande-leur : Est-ce les mâles que Dieu vous a interdits ou bien les femelles, ou bien ce que renferment les entrailles des femelles? Etiez- vous présents quand Dieu vous a prescrit tout cela? Et qui est plus méchant que celui qui , ignorant qu'il est, invente un mensonge sur le compte de Dieu pour égarer les hommes? Dieu ne dirige point les méchants.

146. Dis-leur : Je ne trouve, dans ce qui m'a été révélé, d'autre défense, pour celui qui veut se nourrir, que les animaux morts, le sang qui a coulé et la chair du porc ^ : car c'est une abomina-

* Le texte précise le sang fluide ; car le foie et le mou, que les Arabes regardaient comme le sang à l'état solide, n'étaient pas défendus.

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