‹ Le Koran analyséChapitre 16 sur 507 · Epouses · texte numérisé non relu

Epouses

En 620, Saouda, veuve d’un fidèle, mort en exil ;

En 623, Aïcha, fille d’Abou-Bekr à laquelle il s’était fiancé en 620, alors qu’elle n’avait que sept ans;

En 624, Hafsa, fille d’Omar;

— Zeïnab, fille de Khosayma, veuve d’un fidèle tué à la journée de Bedr, (morte avant Mahomet);

En 626, Oumm Salma, veuve d’un fidèle, mort en exil ;

En 627, Zeïnab, fille de Djahch, femme répudiée de Zeid, fils adoptif de Mahomet;

— Djouheyria, juive convertie;

En 628, Safya, veuve juive convertie;

— Oumm Habiba, veuve d’un fidèle, mort en exil ;

En 629, Maymouna, veuve de deux maris.

Concubines :

En 628, Rihâna, juive non convertie;

— Maria, la Copte.

par lui, les prescriptions d’ordre intérieur imposées aux femmes et aux maris. Les plus retenus en leur langage se sont contentés d’accuser l’Islamisme d’être effrontément sensuel. Il n’est possible d’expliquer le privilège créé à son profit par Mahomet que par cette parole, aveu de sa faillibilité. : « Je ne suis qu’un homme comme vous. » On sait assez dans notre Europe moderne, comme dans le fond de l’Asie, à quelle fausses, à quelles étranges conclusions peut arriver une volonté servie par une autorité qui se suppose indiscutable parce qu’elle n’est pas facilement discutée. Mahomet, époux, a expié l’erreur qu’il a commise en sa qualité d’homme et de souverain.

Cinq des dix épouses qu’il réunit autour de lui étaient veuves de fidèles morts en exil, à la suite des persécutions exercées par les Koreïchites, ou les armes à la main, et le sort des veuves, sans enfants, sans fortune, sans haute parenté, était trèstriste en Arabie ; deux autres étaient des juives pouvant provoquer des conversions parmi leurs anciens coreligionnaires et une troisième était la fille d’Oinar, de l’homme qui avait déjà rendu de vigoureux services au prophète.

Les calculs politiques furent donc pour une large part dans cette affaire, mais les calculs politiques pêchent toujours par quelque point oublié ou imprudemment dédaigné. Au surplus, la polygamie maintenue par Mahomet n’était plus qu’une polygamie mitigée, en comparaison de celle pratiquée de toute antiquité dans la péninsule. Moïse, le modèle choisi par Mahomet n’avait pas jugé à propos de la défendre d’une manière absolue, comme il avait prohibé tant d’autres coutumes1. Longtemps après l’établissement du christianisme, elle a persisté parmi les populations les plus proches de leur origine asiatique. Mais Mahomet introduisit, sous ce rapport, deux considérables éléments de progrès social en Arabie, en empruntant à Moïse, qui le tenait probablement des Egyptiens, le régime de la dot, propriété de l’épouse et l’idée, égyptienne aussi avant d’être chrétienne, de l’égalité de l’homme et de la femme devant Dieu2. Si ces éléments ne se sont pas développés dans l’Islamisme, si la femme y est encore un simple attrait physique, un simple agent de propagation de l’espèce, une esclave, une chose, ce n’est pas le législateur qu’il en faut accuser. Cela tient à une multitude de causes, notamment climatériques, qu’il serait trop long d’énumérer ici. Mais, aucune de ces causes n’est plus invincible là qu’elle ne le fut partout ailleurs, au contact d’une civilisation tenant mieux compte que les anciennes des véritables conditions de grandeur et par conséquent de bonheur de l’humanité.

Reconnaissons, dans tous les cas, qu’il devait y avoir une singulière force de volonté chez l’homme, qui, durant vingt-cinq ans, mari d’une femme qui aurait pu être sa mère3, résista aux provocations des mœurs générales, à celles de son organisation personnelle. Ne nous scandalisons pas si, en vue de prévenir les injustices, les cruautés de la passion ou du caprice du maître jusqu’alors absolu de la tente, il a réglé des détails intimes que n’ont d’ailleurs négligés ni les lois de Manou4, ni le Talmud, ni les casuistes catholiques, et, ces derniers, sans aucun droit à prendre la

*. Salvador. Institutions de Moïse et du 'peuple hébreu. T. II, p. 158.

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