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Voir notamment le livre II

MAHOMET

parole en pareille matière. Cette force de volonté, qui dut avoir à se manifester dans plus d’une circonstance, établit certainement l’influence de Mahomet, que servirent aussi d’autres avantages précieux, particulièrement en Arabie, où la forme chez l’homme est aussi prisée que, parmi nous, chez la femme.

Il était de taille moyenne ; sa charpente osseuse annonçait la vigueur. Il avait la tête grosse, le visage plein, uni et coloré; les yeux, la barbe et les cheveux noirs ; le cou gracieux et blanc; mais les mains et les pieds rudes. Très-simple dans ses vêtements, il savait cependant en certaines occasions faire montre d’une sorte de coquetterie, se teindre en noir les sourcils et les paupières avec le kohl et les ongles en rouge avec le henné, passer le peigne dans ses cheveux et sa barbe et disposer avec soin son turban. Quelqu’un lui ayant adressé une critique à ce sujet, il répondit :

« C’est faire une action agréable à Dieu et convenable envers les hommes que de soigner son extérieur quand on doit paraître en public *. »

Il faut avoir visité l’Orient et l’Afrique septentrionale pour se faire une idée du prestige exercé sur des populations qu’on dirait vouées à la saleté, par un concitoyen un peu soigneux de sa personne. Cependant, si Mahomet n’avait eu que ce mérite, si son caractère, si ses manières n’avaient pas été ce qui convient chez l’homme qui a la confiance à mériter, le dévouement à conquérir, il n’eut pas réussi.

Ali, son fils adoptif, le mari de Fatima, cette fille aînée de Khadidja, de qui provient toute la descendance du prophète 2, Ali a laissé de son beau-père une peinture où l’on remarque les traits suivants: Il priait fréquemment; il était sobre de discours futiles et gardait volontiers le silence. Son visage annonçait la bienveillance; son humeur était douce, son caractère égal. Parents ou étrangers, faibles ou puissants, trouvaient auprès de lui une égale justice. Toujours soigneux de se concilier l’amour des hommes marquants et l’attachement de ses compagnons qu’il ne rebutait jamais, il écoutait avec une grande patience celui qui venait s’assoir auprès de lui. Jamais il ne se retirait que l’homme auquel il donnait audience ne se fut retiré le premier; de même que si quelqu’un lui prenait la main, il la lui laissait aussi longtemps que celuici ne retirait pas la sienne. Il en était de même si l’on restait debout avec lui à traiter de quelque affaire ; toujours, dans ce cas, il ne parlait que le dernier. Souvent il visitait ses compagnons, les interrogeant sur ce qui se passait entre eux. Il s’occupait à traire lui-même ses brebis, s’asseyait à terre, raccommodait ses vêtements et ses chaussures qu’il portait ensuite, tout raccommodés qu’ils étaient.

L’un de ses compagnons, Abou-Horaïra, dit qu’il sortit de ce monde sans s’être une fois rassasié de pain d’orge et que, quelquefois, sa famille entière a passé un ou deux mois sans avoir allumé du feu dans aucune des maisons où elle résidait. Des dattes et de l’eau, telle était, dans ces occasions, sa nourriture 3.

J. Caussin de Perceval. Hist. des Arabes.

a. Mohamed eut de Khadidja trois fils et quatre filles. Les fils moururent en bas-âge; les filles virent l’Islamisme établi. Les épouses qu’il prit après Khadidja ne lui donnèrent point de postérité. Les huit qu’il laissa veuves ne se remarièrent pas et se contentèrent du titre de mères des croyants. Maria la Copte, sa dernière concubine, avait mis au monde un fils mais il était mort en bas-âge.

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