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Et les montagnes comme des pilotis

l 37. Nous avons créé les cieux et la terre et tout l’espace qui les

sépare, en six jours. La fatigue n’a pas eu de prise sur nous.

h 27. C’est {Dieu) qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre ;

cette œuvre terminée, il se porta avec fermeté vers le ciel et en forma avec toute la perfection sept cieux, lui qui s’entend en toutes choses.

ni 187. Dans la création des cieux et de la terre, dans l’alternation des nuits et des jours, il y a sans doute des signes pour les hommes doués d’intelligence.

xl 59. La création des cieux et de la terre est quelque chose de plus grand que la création du genre humain ; mais la plupart des hommes ne le savent pas.

lxxvi 27. Ces hommes-ci ( les incrédules) aiment le présent, qui s’écoule promptement, et négligent la journée difficile (du jugement dernier).

28. Nous les avons créés, et nous leur avons donné de la force ; si

nous voulions, nous pourrions les remplacer par d’autres hommes.

29. Voilà l’avertissement ; que celui donc qui veut, prenne la route

qui mène vers son Seigneur.

vu 28. ...De même que (Dieu) vous a fait sortir du néant, il vous ramènera chez lui.

néant [1 verset].

vu 28. ... (Dieu) vous a fait sortir du néant...

KORAN

Abrogation. — Interprétation. — Commentateurs. — Paraboles. — Sept-Dormants (les). —

Alkadr (nuit d’).

Si les King Chinois, manifestations d idées purement rationalistes, descendues des liants plateaux de l’Asie Centrale, on ne saurait dire à quel âge du monde ; si les Védas Indous dont l’antiquité est probablement encore plus grande ; si les lois de Manou, révolution sacerdotale accomplie on ne sait à quelle époque, dans l’égalitaire Brahmanisme Védique; si les Soutras Bouddhiques, protestation contre l’organisation théocratique instituée par ces lois ; si les restes des 21 Nashas du Zend Avesta de Zoroastre;si les livres, infiniment moins anciens de Moïse; si les Evangiles eux-mêmes ont fourni matière à controverses sur l’époque et la forme de leur composition, de leur promulgation, sur l’intégrité des textes que nous en connaissons, il n’en est pas de même du Koran. Collection des prédications d’un homme dont l’existence a des dates certaines dans l’histoire, son authenticité n’a jamais soulevé de discussion ni au dehors, ni au dedans de l’Islamisme.

La seule remarque qu’on pourrait faire est que les sept copies qui en ont cours ne comptent pas toutes le même nombre de versets. Ce nombre varie entre 6,000 et 6,206 ; mais il est facile de s’assurer que ces différences ne résultent d’aucune modification du texte, ne tiennent qu’à la manière dont il a été distribué dans l’intérieur des quatorze chapitres restés intacts avec leurs titres et leurs mystérieuses lettres initiales L

Il est vrai qu’en 1841, M. Garcin de Tassy et le persan Mirza-Kazem-Bey ont publié, dans le Journal Asiatique, un chapitre annoncé par eux comme inédit. Les trèssusceptibles et très-ergoteurs docteurs musulmans ne s’étant pas émus de cette découverte, il est inutile d’en contester ou d’en affirmer la valeur, la réalité.

Nous devons donc accepter, avec tous les musulmans, comme indiscutable, quant au texte, l’œuvre rassemblée par Abou-Bekr, le successeur immédiat de Mahomet, et mise dans sa forme actuelle, dans la trentième année de l’hégire, par Othman, deuxième successeur d’Abou-Bekr J.

'. Voir sur un sujet à peu près semblable, le savant travail publié par M. Albert Réville dans la Revue des Deux Mondes , l“r nov. 1875, sous ce titre: Le Psautier Juif, d’après la nouvelle traduction de M. Reuss.

11 n’y a pas non plus à s'arrêter à l’assertion de M. Weil prétendant que « la récension d’Othman ne fut pas purement grammaticale, comme le veulent les arabes, et que la politique y eut sa part, surtout en vue de combattre les prétentions d’Ali. » (Renan, Etudes sur l'Histoire Religieuse , p. 229). M. Weil n’a pas pris garde qu’il se faisait l’écho des Persans, sectateurs politiques d’Ali.

KORAN

Il y aurait cependant un travail d’exégèse à entreprendre afin de déterminer le moment où eut lieu chacune des promulgations. Il serait certainement à désirer qu’on pût suivre pas à pas la marche de la prédication et qu’à côté des prescriptions formulées avec le calme et la précision de la loi, on ne se heurtât plus à des lambeaux de récits bibliques, d’hymnes religieux ou de proclamations guerrières. Il est douteux que Mahomet sût écrire. Il dictait ses versets à un secrétaire, ou bien il se contentait de les réciter uses disciples de même que l’avait pratiqué Jésus dont les enseignements avaient été simplement oraux, comme ceux du Bouddha Çakia-Mouni et de Socrate. Les dictées recueillies sur la première chose qui tombait sous le calam,peau, pierre polie, os de chameau, omoplate de mouton, étaient jetées au hasard dans un coffre, après avoir été exposées, soit à la porte de la Kaaba, le vieux temple abrahamite de la Mecque, soit sous l’auvent de la très-modeste maison habitée par Mahomet à Médine. Lorsqu’après la mort du prophète, on voulut réunir les dictées, fixer les textes transmis de mémoire en mémoire 2, la méthode fit défaut. Peut-être aussi que le respect empêcha les croyants de se livrer à aucun soin de classement qui pût ressembler à une irrévérencieuse attention portée sur la parole émanée directement de Dieu et conservée par la volonté de Dieu dans l’ordre où elle se présentait. De nos jours encore, pas un professeur musulman 11e consentirait à exposer un verset du Koran à devenir l’objet d’un examen, même simplement philologique. Il est résulté de cette sorte d’idolâtrie que les promulgations datées de Médine sont confondues avec celles datées de la Mecque et que, dans l’intérieur de la plupart des chapitres, il existe un tel pêle-mêle d’idées et de tons qu’une lecture suivie est à peu près impossible.

Une exégèse a pourtant été essayée par MM. William Muir 3, G. Weil 4, capitaine Mathews, de Calcutta s, J.-M. Bodwell °, Flugel 7, mais le succès est loin d'avoir répondu aux efforts. <- Quand des juges aussi compétents sont aussi peu d’accord, dit M. Barthélemy-Saint-Hilaire, à propos de MM. Muir et Weil, on doit présumer que le problème est absolument insoluble, du moins dans l’état actuel des choses, et il est prudent d’attendre de nouvelles lumières 8. »

Ces lumières ne pourront être cherchées, comme précédemment, que dans les nombreux et très-minutieux commentaires dont le Koran a été l’objet de la part des docteurs musulmans et dans la Sounnah, ensemble des divers recueils, inégalement accrédités de plusieurs centaines de mille liadit, ou traditions sur les actes et les paroles du prophète, et jusque sur ses abstentions et silences 9. Par malheur il faut

*. Caussin de Perceval. Hist. des Arabes avant V Islamisme. T. I.

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