‹ Le Koran analyséChapitre 246 sur 507 · Mahomet et le Coran · texte numérisé non relu

Mahomet et le Coran

9. Les musulmans comptent six principaux colligeurs de liadit: 1° Ayssclia, fille d'Ahou-Bckr et femme du prophète ; 2° Abou-Horayra, ami particulier du prophète ; 3° Abou-Abbas ; 4° Ebn-Omar, fils du khalif Omar ; 5» Giaff, fils d’Abdallah ; 6« Anas, fils de Malek.

une extrême sagacité pour démêler l’utile dans ces indigestes amas, ici d’ergotages sur la lettre plutôt que sur l’esprit du livre, là de minuties à décourager l’érudit le plus intrépide. Un tel travail ne saurait, de longtemps, être attendu d’un musulman à qui il semblerait incomber. Il y faut des aptitudes dont les hommes de race sémitique ont jusqu’ici paru dépourvus. Les Arabes de Syrie, frottés aux Grecs de l’Asie Mineure et ensuite aux Romains et aux Visigoths d’Espagne furent, il est vrai, un moment, au moyen-âge, à la tête de la civilisation, mais ils manquèrent de l’esprit critique. Ils renouèrent la chaîne de la science brisée dans les bouleversements qui venaient de renouveler le monde politique ; là se borna leur rôle, ils ne surent pas apprécier la valeur, la solidité des anneaux qu’ils maniaient L

Il n’est pas, toutefois, indispensable de pénétrer bien avant dans les détails pour se rendre compte des mobiles successifs du prophète et des difficultés en face desquelles il se trouva. Le Ivoran fournit sur ces points capitaux de précieuses indications pour qui sait aller au-delà de la lettre, et, sans parler des orientalistes déjà cités, MM. Caussin de Perceval, A. de Biberstein, Kasimirski, Et. Quatremère, Noël Desvergers, A. Spunger, T. Holdeke 2,Barthélemy-Saint-Hilaire, G. Sale3, Savary *, après Maracci 5, Turpin G, et Jean Gagnier 7 , répandent de suffisantes clartés sur les phases de la prédication Islamique.

Les titres donnés aux chapitres du Koran ne sont pas de Mahomet, mais des assembleurs de son livre. Ce qui parait lui appartenir en propre, ce sont les lettres mystérieuses inscrites au commencement de 29 des 114 chapitres. Ces lettres ont beaucoup fait travailler les imaginations arabes et surtout les persanes, les plus vives des imaginations orientales. Les interprétations qui en ont été données ont si peu de solidité que nous sommes parfaitement libres d’y voir de simples signes mnémoniques ou une petite ruse afin d’augmenter par une apparence de profond mystère, le respect dont avait besoin la révélation 8.

Mahomet, après la déclaration de sa mission, en 611, habita encore douze ans à la Mecque. Il n’y séjourna que trois jours en 629, et un mois, environ, en 632, année de sa mort. Il habita donc Médine, où il s’était réfugié en 622, une première fois sept ans, une seconde fois trois ans environ, en tout dix ans. Les derniers chapitres du Koran, du LXVIIa au CXIV® sembleraient, d’après nos habitudes d’ordre chronologique, devoir être datés de Médine : Ils le sont de la Mecque. Et il est à remarquer que ce sont les plus courts, qu’ils ont tous les caractères d’un prélude. Au contraire sur les 19 chapitres datés de Médine, 9 figurent parmi les 24 premiers du Koran et sont ceux où le prophète entouré, non plus de quelques adhérents enthousiastes mais d’une population, se pose décidément en législateur. Le LVIIIe présente cette particularité d’avoir

*. E. Renan. — Etudes d’histoire religieuse ,* averroës et l'averro'isme. 3. Histoire du Coran.

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