‹ Le Koran [Texte imprimé]Chapitre 12 sur 441 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

gumes, des concombres, des lentilles, de l’ail et des oignons, Moïse vous répondit : Voulez-vous échanger ce qui est bon contre ce qui est mauvais ? Eh bien ! rentrez en Égypte , vous y trouverez ce que vous demandez. Et l'avilissement et la pauvreté s’étendirent sur eux, et ils s’attirèrent la colère de Dieu, parce qu’ils ne croyaient point à ses signes et tuaient injustement leurs prophètes \ Voilà quelle fut la rétribution de leur révolte et de leurs méchancetés.

39. Certes, ceux qui croient , et ceux qui suivent la religion juive, et les chrétiens, et les sabéens, en un mot, quiconque croit en Dieu et au jour dernier et qui aura pratiqué les bonnes oeuvres, tous ceux-là recevront une récompense de leur Seigneur ; la crainte ne descendra point sur eux, et ils ne seront point aflligés*.

CO. Lorsque nous acceptâmes votre alliance et que nous eûmes dressé au-dessus de vos tètes le mont Sinaï 3, nous (limes : Recevez avec fermeté les lois que nous vous donnons, et souvenez-vous de ce qu’elles contiennent. Peut-être craindrez- vous Dieu.

6t. Mais vous vous en êtes éloignés dans la suite, et, n'était la grâce de Dieu et sa miséricorde, vous auriez péri. Vous connaissez ceux d'entre vous qui ont transgressé le sabbat : nous les transformâmes en vils singes 4.

4 Ce passage, ainsi que le verset 59, chap. XXVI, ou les Israélites son l ccn e> retourner en Egypte, est nn Je ces anachronismes dont le Korau fourmille, et qui établissent parfaitement l’extrémc ignorance du prophète arabe.

3 On a voulu conclure des paroles de ce verset que les hommes de tonuf religion, pourvu qu clic renferme ces trois choies, l'unité de Dieu, la vie future et la pratique des bonnes oeuvres, peuvent être sauvés d'après le Korau. Quelques commentateurs, embarrassés de cette latitude de sens, ont soutenu que Mahomet entendait par là que tout homme qui devient croyant ( musulman) qt qui pratique la vertu sera sauvé, u'importe la religion a laquelle il aurait appartenu. Cette interprétation est vicieuse d’abord quant à la lettre, parce que les mots : ceux gui croient , sont suivis par la conjonction et ; il y a donc disjonction des croyants (musulmans) et des Juifs, chrétiens et sabéens; elle est vicieuse quant au sens, parce qu’il était superflu, surtout au commencement de la mission, de dire que la religion dans laquelle on était né n’empévhiit point le saint. Quel que soit, du reste, le véritable sens du verset qui nous occupe, le .sentiment général des docteurs musulmans est qn’il a été abrogé par le vrrset 79 du chap. Ill et par d’autres passages du Koran ou la croyance en Dieu, en la vie future et en la mission de Mahomet, est regardée comme indispensable pour le salut. L’importance de ce passage noos a forcé à le traduire aussi littéralement que possible. Nous ferons observer en passant que les sabéens dont il est question dans ce verset, étaient une secte chrétienne, et nullement les sabéens, adorateurs des astres, par conséquent polythéistes, et comme tcb exclus virtuellement de toute indulgence supposée dan» ce verset ; au lieu de sabéens il vaudrait mieux dire sabéiles.

* Ceci peut n’étre dans le texte qu’une métaphore. Les commentateurs prennent ces mots à la lettre et disent que, les Juifs se refusant obstinément à recevoir la loi, Dieu, pour les effrayer, arracha le mont Sinaï de ses racines, et le tint suspendu sur les tètes des Juifs*

4 Ceci doit sc (apporter à la transgresriou du sabbat, commise par les Jnifs de U 'ille Alla,

LE KOHAN.

6-2. Et nous les finies servir d'exemples terribles à leurs contemporains, à leurs descendants, et de signes d' avertissement à tous ceux qui craignent.

63. Moïse dit un jour à son peuple : Dieu vous ordonne d'immoler une vache; les Israélites s'écrièrent : Nous parles-tu en dérision 1 ? — Que Dieu me préserve, dit-il, d’être au nombre des insensés ! — Prie ton Seigneur, répondirent les Israélites, de nous expliquer clairement quelle doit être cette vache. — Dieu veut, dit-il, que ce ne soit ni une vache vieille ni une génisse, mais qu'elle soit d’un âge moyen. Faites donc ce qui vous est ordonné.

6k Les Israélites ajoutèrent : Prie ton Seigneur de nous expliquer clairement quelle doit être sa couleur. — Dieu veut, leur dit Moïse, qu’elle soit d’un jaune très-prononcé, d’une couleur telle qu'elle réjouisse l'œil de quiconque la verra.

63. — Prie le Seigneur de nous expliquer distinctement quelle doit être cette vache, car nous trouvons bien des vaches qui se ressemblent, et nous ne serons bien dirigés dam notre choix que si Dieu le veut.

66. — Dieu vous dit, reprit Moïse , que ce ne soit pas une vache fatiguée par le labourage ou l'arrosement des champs, mais une vache dont le mâle n'ait jamais approché, qu'elle soit sans aucune tache. — Maintenant, s’écria le peuple, tu nous as dit la vérité. — Ils immolèrent la vache, et cependant peu s’en fallut qu’ils ne l’eussent. point fait.

67. Rappelez-vous ce meurtre qui a été commis sur un homme d’entre vous ; ce meurtre était l'objet de vos disputes. Dieu lit voir au grand jour ce que vous cachiez 2.

sur les bords de la mer Rouge, sous le règne de David. Une quanti le infinie de poissons, disent les commentateurs, s'approchaient du rivage et y restaient toute la journée du sabbat, comme pour tenter les habitants. Ceux-ci, ne pouvant résister a la leulation, péchaient le poù*on, malgré les avertissements des hommes pieux, rigides observateurs du sabbat. David, ajoute-t-on, maudit les transgresseurs et les lit métamorphoser en singes.

* Les Juifs demandaient a Moïse de découvrir le meurtrier (voyez plus bas verset 67). Comme moyen d’y parvenir, Moïse ordonnait d'immoler une vache, ce qui eu apparence n’avait aucun rapport avec le meurtre.

2 Moïse avait établi le sacrifice de In vache et l’emploi de ses cendres comme expiation et purification d’un homme qui aurait touché un cadavre. Voy. IS'umcri, chap. 9. L’auteur du Koran, puisant on ne sait à quelles sources, refait l’histoire de cette disposition de Moïse à sa manière* ^ oici, d’après les commentateurs du Koran, le récit qui sert de base aux versets 63-G9. L*n homme pieux parmi les Israélites avait une génisse et un enfant mâle ; il conduisit la génisse dans le dé. sert et l'abandonna II la sauvegarde de Dieu jusqu’à l'époque où son lils deviendrait majeur. Peu de temps après, l'homme pieux mourut, laissant son fils avec sa mère. La mère du jeune homme,

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