CLINIQUE
Le Kraurosis vulvæ n’est pas une entité morbide ; c’est un syndromeclinique caractérisé par l’atrophie scléreuse progressive des téguments cutanéo-muqueux de la vulve, conséquemment par l’affaissement des grandes lèvres, la disparition des petites lèvres, du capuchon et du frein clitoridien, la rétraction de la région vestibulaire et hyménéaleet par suite, la sténose de l’orifice vaginal.
Le Kraurosis peut s’accompagner de lésions diverses macroscopiques' de la peau et s’observe dans des conditions étiologiques spéciales. Il présente ainsi des formes ou des variétés cliniques dont je propose dénommer les principales sous les noms suivants :
1° Kraurosis leucoplasique ou Kraurosis blanc.
2° Kraurosis inflammatoire ou Kraurosis rouge.
3° Kraurosis sénile.
4° Kraurosis post-opératoire.
Simple.
Syphilitique.
Folliculaire.
Vasculaire.
Kraurosis leucoplasique ou Kraurosis blanc ou Kraurosis de
Breisky. — Le Kraurosis leucoplasique est le Kraurosis qui s’accompagne de Leucoplasie. J’ai suffisamment insisté (p. 644) sur les rapports de la Leucoplasie et du Kraurosis pour ne pas avoir à y revenir de nouveau. Je répète simplement que Kraurosis et Leucoplasie ne sont pas synonymes; la Leucoplasie peut exister sans Kraurosis (Pl. IX).
Les symptômes physiques du Kraurosis leucoplasique sont ceux qu’a décrits Breisky; ils tiennent du Kraurosis et de la Leucoplasie et les planches IV (fig. 3), X (fig. 1), XI (fig. 1), XII (fig. 1), XIII (fig. 1) en donnent une idée suffisante. Ils consistent essentiellement en : disparition ou atrophie des petites lèvres ; affaissement et coloration pâle des grandes lèvres; rétraction de la commissure postérieure; atrophie, dans un stade avancé, du gland et du clitoris. Au toucher, la région kraurosique se présente sous un aspect plus sec que les tissus environnants. L’aspect général est une rétraction de la vulve entière amenant une sténose vestibulaire] marquée1. Martin2 déclare que le diagnostic repose moins sur la coloration que sur la rétraction de la peau, rétrac-
1. A. Martin. — Samml. klin. Vortr. ( Volkmann ), 1894-1897, p. 167.