‹ Le kraurosis vulvæChapitre 15 sur 33 · Olshausen. — Ccntr. f. Gyn ., 1894, p · texte numérisé non relu

Olshausen. — Ccntr. f. Gyn ., 1894, p

2. Remarquer que la communication de Martin avait trait au Kraurosis de Breisky, c’est-à-dire au Kraurosis leucoplasique, ce qui n’empêche pas Olshausen de parler, sous le même nom de Kraurosis de Breisky, d’un tout autre état clinique. C’est toujours la confusion due à la compréhension restreinte par les Allemands du mot Kraurosis, ainsi que je me suis efforcé de le démontrer dans tout ce mémoire.

3. F. Jayle et X. Bender. — Bull, de la Soc. anat., 1905, p. 626, obs. I.

F. JAYLE

que normalement. Les cellules de la couche moyenne ne présentent rien de particulier. Quant aux cellules de la couche de Malpighi, leur ordination est fréquemment bouleversée par des amas d’infiltration leucocytaire qui, provenant d’une nappe sous-épithéliale, C, s’enfoncent plus ou moins profondément dans l’épaisseur de la couche épithéliale.

Immédiatement au-dessous du revêtement épithélial on trouve çà et là des vaisseaux à parois très minces, à cavité large et béante, remplie de globules sanguins. Ces vaisseaux s’encastrent pour ainsi dire dans l’épaisseur de la couche épithéliale, B, si bien que, en certains points, ils ne sont séparés de la superficie que par trois ou quatre couches de cellules pavimenteuses, ces points correspondant évidemment aux taches rougeâtres ou ecchymotiques constatées à l’examen clinique.

Au niveau du derme, D, les lésions se résument en une sclérose assez accentuée, donnant aux tissus sous-jacents à l’épithélium un aspect homogène, dense, parsemé çà et là de foyers d’infiltration embryonnaire. Les vaisseanx sont plus nombreux et présentent un calibre assez réduit.

Sur des coupes traitées par l’orcéine, on constate que le processus de sclérose porte en grande partie sur les fibres élastiques. Celles-ci sont manifestement hyperplasiées. Au lieu de dessiner au-dessous de l’épithélium un fin réseau de fibrilles grêles, elles forment de gros faisceaux entrelacés qui se condensent en une sorte de bordure au niveau de la face profonde de la couche de Malpighi. Dans la profondeur, les fibres élastiques dessinent un réseau à mailles irrégulières, englobant des îlots conjonctifs. Il existe une hyperplasie marquée de la charpente élastique des vaisseaux.

ÉTIOLOGIE DU IvRAUROSIS VULVÆ

Le Kraurosis vulvæ survient dans les conditions les plus diverses et sa pathogénie est loin d’être claire.

Il faut d’abord remarquer que les inflammations locales les plus vives ne lui donnent pas naissance; une blennorragie très forte, des abcès multiples des glandes de Bartholin, des poussées fréquentes confluentes d’herpès, des érysipèles, des ulcérations chancreuses, tuberculeuses, cancéreuses, peuvent exister ou avoir existé sans qu’on trouve le Kraurosis. La ménopause n’amène pas non plus fatalement le Kraurosis.

Pour que le Kraurosis se développe, il faut des conditions spéciales dont deux au moins nous sont connues: la syphilis et la castration.

Le Kraurosis syphilitique existe incontestablement ; comment agit la syphilis ? Je l’ignore.

Le Kraurosis consécutif à la castration ovarienne est d'observation courante. La suppression des deux ovaires chez des femmes

jeunes peut déterminer le Kraurosis. Est-ce par suile de la suppression de la sécrétion ovarienne, est-ce par suite de sections nerveuses opérées par l’opération? Je ne crois pas à l’influence du traumatisme causé par l’intervention et je me rallie à l’hypothèse d’un trouble nerveux d’ordre réflexe dû à la suppression de la glande ovarienne. Continuant cette hypothèse, je pense que les femmes non ovariectomisées et qui présentent des phénomènes de Kraurosis sont celles chez lesquelles les ovaires sont atteints eux-mêmes de lésions atrophiantes, et de nombreuses observations m’amènent à penser que le Kraurosis se développe chez les femmes dont les ovaires if existent plus anatomiquement (castration) ou physiologiquement (atrophie). Il ne faut pas oublier que, règle générale, après la ménopause, les ovaires ne s’atrophient pas rapidement chez toutes les femmes et qu’ils continuent à fonctionner totalement ou partiellement au point de vue de la sécrétion interne, malgré la disparition des époques menstruelles. Ainsi s’expliquerait comment le Kraurosis survient tantôt chez des femmes encore jeunes, tantôt vers la ménopause ou après elle : il serait lié à l’état de l’ovaire.

Un élément inflammatoire, infection locale, folliculite, etc., vient-il se surajouter à la lésion kraurotique, les symptômes fonctionnels augmentent d’intensité. Mais cet élément seul ne peut créer le Kraurosis : il faut un trouble d’ordre nerveux pour le déterminer.

KRAUROSIS ET CANCER

Le Kraurosis s’accompagne de lésions cancéreuses dans une proportion de cas assez marquée. Cette remarque s’applique surtout au Kraurosis compliqué de Leucoplasie ou Kraurosis leucoplasique. Trespe sur 67 observations de Kraurosis de Breisky, soit de Kraurosis leucoplasique, a relevé 6 cas de cancer. Il importe de faire ressortir que l’élément Leucoplasie tient une grande place dans cette variété de Kraurosis et que par conséquent le Kraurosis leucoplasique participe du pronostic de la Leucoplasie ; or, en étudiant la dégénérescence épithéliomateuse de la Leucoplasie vulvaire, j’ai conclu avec Bender que « la leucoplasie constitue vis-à-vis du cancer une cause prédisposante de premier ■ordre » *.

Mais le Kraurosis en lui-même favorise-t-il le développement du ■cancer? Je ne saurais répondre affirmativement à cette question. Cependant j’ai été frappé plusieurs fois de cette coïncidence.

•1. F. Jayle et X. Bender. — Rev. de gyn. et de chir. abd 1 9 0 13 , p. 977.

F. JA Y LE

Chez une femme de cinquante-sept ans, atteinte depuis plusieurs années de rétrécissement de l’orifice vaginal avec atrophie des petites lèvres, j’ai vu survenir un épithélioma du tiers supérieur du vagin qui a évolué rapidement.

Chez une femme de cinquante-trois ans, atteinte de Kraurosis vasculaire avec une tendance à la Leucoplasie, j’ai relevé l’existence d’un cancer du col; j’ajoute que le tiers supérieur du vagin était, comme l’entrée, atteint d’atrophie avec brides rétractiles.

Chez une femme de soixante-douze ans, atteinte d’un Kraurosis sénile (pl. YII, fig. 1), j’ai extirpé un épithélioma développé au-dessus du clitoris, à marche rapide et qui s’est, malgré l’intervention, compliqué de dégénérescence ganglionnaire étendue.

Dans tous ces cas, il s’agit d’ailleurs de Kraurosis sénile. Si d’autres observations analogues étaient relevées, on arriverait à penser que l’existence d'un Kraurosis sénile ou présénile doit faire craindre le développement d’un épithélioma dans la région ; si le cancer ne survient pas au niveau meme de la zone kraurotique vulvaire, il faut penser que les lésions de Kraurosis se sont étendues dans- la profondeur, ainsi que je l’ai observé.

J’excepte cependant le Kraurosis post-opératoire dont j’ai vu de très nombreux exemples depuis quinze ans et dont aucun ne s’est compliqué de cancer.

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