PI. IV
LES HYDROPHŸTËS
gées, très obtuses, à sinus ouvert, à angle très obtus et des feuilles petites, à sinus très aigu, également translucides, dont le pétiole grêle s’allonge jusqu’à la surface, où nagent ces petites feuilles colorées de rouge (Voir PI. IV).
Le Nénuphar ne dépasse guère 1 mètre de profondeur dans les lacs du Jura, d’après Magnin. — Les fleurs sont visitées par certains insectes.
Nuphar luteum L.
Cette espèce, caractéristique des lacs du Jura, est peu répandue au Lac de Grand-Lieu. On la trouve surtout sur la rive occidentale, vaseuse, vers Saint-Mars, Saint-Lumine, avec la précédente, mais formant cependant des « parterres » (1) séparés ; je ne l’ai jamais vue dans la zone située en dehors du Phragmitetum où le Nymphæa est souvent répandu ; dans la Boulogne, elle est moins commune que le Nymphæa, et dans TOgnon elle m’a paru rare. Elle apparaît aussi çà et là vers l’Etier dans le Limosequisetum.
Magnin assigne au Nuphar jusqu’à 5 mètres de profondeur dans les lacs du Jura; SchrOter le trouve surtout à l’abri de la houle dans les petits lacs et les mares. Sa rareté au Lac de Grand-Lieu, dans la zone lacustre proprement dite, semble confirmer cette observation de Schrôter.
Ses gros rhizomes épigés, à coupe blanche, rapidement et longuement rameux, pouvant atteindre jusqu’à 14 centimètres de diamètre, sont flasques par la dessication et les ramifications ne deviennent pas libres comme dans le Nymphæa. Comme dans celui-ci, ils donnent naissance à deux sortes de feuilles ; le pétiole est triquêtre au sommet.
Magnin décrit et figure quatre formes de Nuphar luteum, y compris le type (2).
Batrachium aquetile.
Les B. aquatile var. acutilobum Lloyd Fl. O. et B. tripartitum Cr. ont été notés par Lloyd au lac. — L’attention devra se porter sur ce genre que je n’ai pu étudier suffisamment, au printemps, et dont on trouvera sans doute plusieurs formes dans les eaux peu profondes, et au bord des affluents. La seule que j’ai vue, en larges plaques, au milieu des Myriophyllum, vers les bords du lac est une forme à feuilles et fleurs petites : pét. 5/8 millim. de long, rétrécis à la base, oblongs, très écartés les uns des autres; étam. peu nombreuses, dépassant très longuement les pistils ; stigm. en languette allongée, étalée ; je la rapporte au B. aquatile var. truncatum Glavd. fl. Gz>., PI. 9, fig. 10 opt. I
(1) Expression locale.
(2) Mag.n'in, Zoc. cil , I, p. 296 et suivantes, fig. 190, 191, 192 et 193.
D. — EMERSÆ.
Osmunda regalis L. — Vulg. Fougère royale.
Cette belle fougère est presque entièrement disparue du sein du lac, de même que le Myrica Gale, qu’elle accompagne presque toujours. On ne l’y voit plus que par quelques pieds isolés entre Saint-Mars et Saint-Lumine, et dans la tourbière, en voie de disparition, des Blanclîères près Saint-Mars, où l’on aperçoit encore quelques Sphagnum. Elle est encore assez abondante dans le haut du ruisseau de L’Arsangle.
Souche très profonde, très tenace et obliquement traçante.
Pilularia globulifera L.
Cette petite Rhizocarpée se montre surtout sur le Bas-Rivage, le plus souvent dans l’Heleocharetum ; jamais dans les profondeurs de la cuvette. Elle croît même parfois dans les sables du Haut-Rivage, pourvu qu’ils soient constamment humides. Elle offre une variété natans Mérat, des lieux toujours inondés, à feuilles flottantes souvent très longues, qui doit se trouver au lac, où je ne l’ai pas cependant constatée.
Rhizome filiforme, rampant ; feuilles pourvues de stomates dans leur partie supérieure, creusées de lacunes, à un seul faisceau vasculaire.
Equisetum limosum L. — Vulg. Subléreau, Subiéreau.
C’est une des plantes les plus répandues au lac, surtout sur le Bas- Rivage, dans l’Heleocharetum, auquel elle se substitue, parfois complètement, par bancs étendus, presque purs. C’est alors la Sous-Association du Limosequisetum. Le Subléreau passe, dans le pays, pour augmenter la sécrétion lactée des vaches, opinion confirmée par Lecoq (1).
Rhizome très robuste, brun-roux, émettant de nombreuses radicelles aux nœuds où il produit aussi des stolons épigés, s’étendant en cercle sur la vase, a plus d’un mètre.
Equisetum palustre L.
Myricetum du Crène.
Glyceria aquatica Wahlberg; G.spcc/aèz/îsM. et K.; Lloyd; Fl. O., — Vulg. La Chevrée. (PI. V).
Constitue parfois des groupes étendus sur les vases-, mais beaucoup plus près de la terre ferme que le Phragmites. Quoique munie d’un rhizome robuste, formé par des drageons radicants hypogés, la Chevrée
(1) Lecoq, Zoc.