PL V
Glycerîa aquatica.
(3/4 Gr. nat ) M. Pichot del.
LES HYDROPHYTES
ne tient pas au fond aussi solidement que la Carrée (Sparganium ramosum); aussi s’aventure-t-elle moins loin du rivage que celle-ci et que les autres grandes espèces du Phragmitetum.* Elle est très répandue dans les grands prés marécageux de Saint-Mars et de la Boulogne, où elle est fauchée. Les bestiaux l’acceptent volontiers, tandis qu’ils refusent la Carrée. La faulx ne lui laisse pas toujours le temps de fleurir; aussi voit-on souvent autour du lac, des pelouses stériles de Chevrée, par exemple sur la Grève de Passay, c’est pourquoi les riverains disent qu’elle ne fleurit pas.
D’après Legoq (1), ou peut en faire deux coupes, au printemps, comme fourrage, et une troisième, comme litière, à la fin de l’été. Ses tiges et ses feuilles contiennent beaucoup de sucre, son foin est tendre et succulent; les chevaux et les bêtes à cornes l’aiment beaucoup, surtout en vert. On en forme des prairies en Angleterre.
Cependant les pêcheurs m’ont signalé ce fait intéressant que certaines Chevrées étaient nuisibles au bétail par suite de la contamination des feuilles par un champignon. Lloyd avait déjà noté dans son Journal (6 juillet 1864) « en descendant la Boulogne — IJredo longissima^. Westendorf 37; Dz.^1666, sur Glyceria spec/aài/is, mortel pour les bœufs.» Examiné, sur ma demande, par M. Hariot, assistant au Muséum de Paris, ce champignon a été reconnu définitivement par lui pour l’ Ustilago longissima.
Glyceria fluitans B. Br.
A racine rampante, à chaumes couchés-radicants, puis redressés, cc. dans les fossés et les prés marécageux de Saint-Mars et des bords de la Boulogne (Agrostitetum), quelquefois complètement submergé..^
A rechercher: Catabrosa aquatica P. 'B. {Glyceria airoîdes Ll. Fl., O.) ; plante des mares, des fossés. §
Molinia cærulea Mœnch. — Vulg. Garnie, Guinche.
Forme d’immenses prairies dans le Filicaricetum de Saint-Lumine; habite aussi les bruyères sèches.
Racine cespiteuse formant des touffes s’accroissant par le sommet. C’est un curieux exemple d’une organisation xérophytique, commune aux tourbières et aux landes sèches, comme le Lobelia urens, etc.
Phragmites communia Trin. — Vulg. Roseau.
' C’est la Graminée qui joue le rôle le plus important au lac. Très abondante sur le rivage d’alluvion occidental, où elle occupe sur le Moyen-Rivage la zone intermédiaire entre la région lacustre et les marais tourbeux ou marécageux, elle se montre aussi, de plus en plus, sur la
(1) Lecoq., loc. cil., p.
la rive orientale, de préférence au fond des anses, où l’humus s’est accumulé, puis même sur les hauts fonds de la cuvette, où elle forme des bancs de plus en plus étendus qui se relient les uns aux autres. Elle est aussi fréquente au bord des affluents.
Le Phragmites s’accommode, à la rigueur, des fonds sablonneux ou graveleux, mais il n’acquiert son complet développement que dans les sols limoneux.
On trouve, au Lac de Grand-Lieu, la var. stolonifera Meyer avec des stolons épigés qui atteignent jusqu’à 20 mètres de long, à l’Etier (Lloyd, 1861); je l’ai vue à la vasière de Grand-Lieu près Saint-Mars et ailleurs.
A rechercher... var. flavescens Curtis in Gaudin ; à panicule jaunâtre.
Le Phragmites communis est une plante sociale et conquérante par excellence: ses rhizomes longuement ramifiés sillonnent la vase, tantôt presque à fleur de terre, tantôt enfoncés (jusqu’à 2 m. 50); les pointes vulnérantes agissent comme des instruments de forage. Une masse énorme de racines (1) forme une sorte de feutrage qui retient fortement la terre, tandis que les détritus amenés par les eaux, s’accumulant entre la forêt de hautes tiges, produisent rapidement des alluvions considérables.
Le Phragmites émet, par surcroît, des stolons radicants, qui s’étalent longuement sur le sol ou sur l’eau (2) et qui contribuent à faire avancer considérablement le massif de Roseaux. La plante n’est arrêtée dans son essor que par la profondeur des eaux (2 mèt. maximum d’après Schrôter et Magnin), car elle n’est adaptée qu’à un faible degré à la vie lacustre ; elle est incapable de produire des feuilles submergées, comme le fait le Scirpus lacustris ; elle peut, d’autre part, vivre sur un terrain sec, en apparence, pourvu que le fond soit mouillé ; c’est donc plutôt une végétation terrestre qui envahit le lac, là où elle se propage (3).
Au Lac de Grand Lieu le Phragmites ne trouve pas cette barrière que lui oppose la profondeur dans les grands lacs ; aussi ses progrès annuels y sont-ils considérables, mais il s’avance bien moins avant dans la cuvette que le Scirpus lacustris et le Sparganium ramosum.
Deschampsia setacea K. Richt.; Aira uliginosa Lloyd., Fl. O.
Assez rare dans l’Ouest de la France, cette belle Graminée forme ici des touffes souvent volumineuses dans les prairies tourbeuses ou marécageuses, sur le Haut-Rivage (Filicaricetum), où elle est répandue tout autour du lac, et aux bords de la Roulogne.
Deschampsia cæspitosa P. R ; Aira LL, Fl. O.
Prairies marécageuses, tourbeuses, bruyères ( Agrostitetum, Erlcetum).
La racine cespiteuse de ces deux espèces produit des tiges gazonnantes qui, comme dans le Carex stricta, arrivent à croître sur leurs propres débris.
(1) ScH, et Kir CH., loc. cit. p. 30 fig. 9.
(2) ScH. et K. , loc. cit. fig. 12.
(3) SCHR. et Kirch., loc. cit. p. 33.
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Airopsis agiH>stidea DC.
Cette charmante petite Graminée, à racine rampante, à chaumes genouillés et radicants, est très répandue sur les rives, tout autour du lac, dans les prés marécageux, dans l’Heleocharetum, le Magnocaricetum, etc., etc. ; on pourrait dire presque partout.
Agrostis alba L. — Vulg. Cernue.
Dominante dans les prairies marécageuses, cette espèce s’empare avec rapidité des vases encore presque fluentes, qu’elle fixe promptement, surtout par sa forme stolonifera.
Au lac de Constance, cette espèce joue aussi le rôle « d’un pionnier de la végétation » et ses prairies sous-marines forment des gazons où les brochets aiment à frayer, au dire des pêcheurs (1).
Voici les formes que j’ai observées au lac.
a. stolonifera Auct.
cc. prés mouillés, même en été, à Saint-Mars où il est dominant.
Tige longuement stolonifère ; chaume de taille intermédiaire entre les deux formes suivantes.
b. prorepens Koch, syn. éd., 2, p. 902; Magnin, loc. cit.,
Dans les sables, à Saint-Aignan et probablement ailleurs.
C’est une petite forme xérophile, terrestre (in fluviorum glareis et arenosis Koch loc. cit.) dont la place n’est pas ici, avec les hydrophytes, mais qui montre les adaptations variées dont l’espèce est susceptible. — Stolons grêles, rampants en long et en large, émettant des rosettes à chevelu très fin, très enchevêtré ; panicule petite, lobée, colorée-rougeâtre.
c. gigantea Mey.; Gren. et Godr. Fl. Fr., sec. herb. Lloyd !
Prairies inondées, tourbeuses, de l’Etier.
Forme remarquable surtout par sa grande taille, ses grandes panicules (0 m. 20), ses feuilles larges — Tiges très longuement rampantes (1 m. 25), radicantes aux nœuds, puis redressées (0 m. 80 dans la partie redressée).
Agrostis.canina L.
Aussi répandue que la précédente dans toutes les prairies mouillées ou seulement humides, cette espèce ne produit pas de drageons, mais des tiges stériles rossulifères, radicantes.
Ses innombrables panicules rougissent les prés et ses repousses, après la coupe, forment des petites touffes fines, capillaires, élégantes qui s’allon-
(1) SCHR. et Kirch., loc. cit. p. 49. Voir les détails intéressants sur la végétation et les adaptations de cette espèce .
gent parfois, dans les fossés, les affluents, de façon à rendre la plante méconnaissable î
Alopecurus Qeniculatus L. — Vulg. Nappe.
Forme, comme l’indique son nom vulgaire, dé véritables nappes par ses chaumes flottants, dans la zone de l’Heleocharetum, au printemps, c’est-à-dire aux hautes eaux.
A constater. : Alopecurus fulvus Sm. qui doit se trouver certainement au lac. — Chaumes flottants jusqu’à 2 mètres de long, d’après Schr. et K. (I., p. 55), qui produisent, à tous les nœuds, des pousses latérales s’élevant au-dessus de i’eau, portant à leur extrémité de courts épis et dont les nombreuses pousses entrelacées forment au Lac de Constance des îlots flottants à gazon compact.
Phalaris arundinacea L. — Vulg. Capiteau.
Peu répandu dans le lac même ; plutôt prés-marais, bords de l’Acheneau, de la Boulogne, etc. J’en ai vu des prairies entières sur la rive droite du canal de Saint-Aignan.
Souche longuement traçante, radicante et stolonifère, produisant des chaumes, parfois flottants, dans l’eau, et alors émettant aux nœuds des jmusses latérales redressées (1).
Fournit en quantité considérable, dans l’Aveyron, sous le nom de Ségaline, un assez bon fourrage et une excellente litière (Gèze). Lecoq recommande de faucher cette graminée de bonne heure, sans quoi le foin serait trop dur ; elle pourrait donner, d’après lui, trois coupes par an dans les sols toujours gras et humides (loc. cit., p. 27).
Carex stricta Good. — Vulg. Mouline, Bloutte, Giiizelle, Fiche.
Le C. stricta forme, dans les marais tourbeux du Haut- Rivage, des touffes volumineuses, cylindriques, compactes, très-solides, isolées. (« Riedkegel » : cônes de marais, des Allemands,) s’élevant jusqu’à 0 m. 66 de haut dans .les marécages suisses » (2). Au Lac de Grand- Lieu ces touffes, coupées ras-terre par les riverains, leur servent de tabourets ou de combustible (Photo 25). Les feuilles servent au fonçage des chaises. Ce Carex, type du Magnocaricetum, occupe une zone plus voisine de terre que le Phragmitetum ; il est commun surtout côte W. : Saint-Mars, L’Arsangle, etc.
Racine cespiteuse ; touffes formées de nombreuses et assez fortes pseudorrhizes, à chevelu abondant entrelacé en feutrage dense et se maintenant humide par capillarité pendant les basses eaux ; elles croissent ainsi sur leurs propres débris ! (3).
Se distinguera de l’espèce suivante, surtout par la gaine des feuilles fibrilleuse, l’épi mâle ordinairement solitaire, la racine non rampante.
(1) ScH. et K., loc. ciL, p. 5.
(2) Schr. et Kirch., loc. cit. p. 55.
(3) Royer, loc. cit, p. 548 ; Warming, loc. cit, p. 159-ia2.
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Carex acuta L.
Occupe la même zone que le précédent, mais cependant moins complètement inondée. Pénètre plus fréquemment dans le Phragmitetum et même dans les prés.
Se distingue du Carex stricta, outre les caractères de la fructification, par sa végétation très différente. Celui-ci ne forme pas comme le précédent des mottes^ mais des bandes dans les prés, parce que la racine au lieu d’être cespiteuse est stolonifère. La gaine des feuilles ne se déchire pas en filaments.
Carex filiformîs L.
Forme souvent des groupes étendus dans le Myricetum et le Magnocaricetum et sur les Levis, sur le rivage occidental; c’est alors la Sous- Association du Filicaricetum. Je l’ai vu aussi, ça et là, dans le Myricetum du Crène.
Rhizomes très longuement rampants.
Carex paniculata L.
Ce grand Carex est peu répandu au lac. On ne le trouve que dans les rares vestiges des anciennes tourbières et sur les Levis de Saint-Lumine: les Blanchères, la Franchère près Saint-Mars (Myricetum), ruisseau de L’Arsangle.
Racine fibreuse, très cespiteuse, produisant des touffes très larges, s’accroissant en hauteur comme chez le C. stricta. En l’absence de tiges fertiles, on le distinguera de celui-ci par les feuilles vertes, non glaucescentes, à carène presque obtuse, munies à la base de longues gaines écailleuses, brun-noirâtre.
Carex riparia Curt. ; C. vesicaria L ; C. intermedia Good.
(C. disticha Lloyd).
Ces trois espèces, à souche longuement rampante, se rencontrent surtout dans le Phragmitetum et sur les Levis.
Les Carex Pseudo-Cyperus L. ; C. Œderi Good. ; C. vulpina L. ; C. stellulata Good., à racine cespiteuse; C. glauca Murr. à racine stolonifère ; habitent surtout le Myricetum et les Levis. J’ai vu le C. divisa Good. dans le Myricetum du Crène où il était probablement accidentel.
On trouvera très probablement au lac les C. pulicaris L., C. Hornschuchiana Hop.,C. distans L., C. paniceaL. et on doit y chercher les C. canescens L., C, elongata L., C. uulgaris Fries, C. ampullacea Good., C. paludosa Good. (ce dernier indiqué à la Chevrolière, (Fl. O.) — (calcicole ici) — et peut-être le rare et curieux C. ludibanda Gay (C. BœnningHauseniana Lloyd, Fl. O).
Scirpus laeustris L. — Vulg. Jonc des tonneliers.
Très répandu ; c’est lui qui paraît le premier au sein du lac, dès qu’un haut fond se produit, formant ainsi de petits îlots qu’il consolide, grâce au réseau à grandes mailles de ses souches ramifiées. (Phot. 4, 6 et 7) Montrant une adaptation beaucoup plus complète à la vie aquatique que le Phragmites, avec lequel il cohabite souvent, il s’avance davantage que celui-ci au lac de Grand-Lieu, en eau profonde. Dans les grands lacs, il émet des feuilles rubanées, entièrement submergées, pouvant assimiler jusqu’à des profondeurs de 2 à 3 mètres, dont nous n’avons pas constaté la présence ici. Dans ces conditions, il est souvent stérile, c’est-à-dire réduit à des touffes de feuilles qui peuvent être confondues avec les feuilles rubanées de la Sagittaire (1).
Les graines du S. laeustris germent très bien sous l’eau et s’y développent en petits gazons denses.
Rhizome sympodial, noir, fort, garni de filaments de racines innombrables. Ce rhizome, contrairement à celui du Phragmites, rampe toujours superficiellement, formant de' très courts entrenœuds et conséquemment croissant lentement. Ainsi que Warming l’a montré, le Scirpus est beaucoup moins approprié que le Phragmites^ comme agent « dessécheur », car ses axes dressés sont beaucoup plus faibles et meurent chaque année jusqu’au rhizome. Le Scirpus forme ainsi seulement une assise ferme, consistant en rhizomes. Chez le Phragmites, au contraire, il reste une plus grande partie basilaire du chaume et il se produit des chaumes latéraux, de sorte que tout le fourré, se formant au-dessus de la terre, peut arrêter les matériaux d’atterrissement (2).
Scirpus maritimus L.
Se rencontre parfois, en compagnie des Scirpus laeustris et Phragmites communis, avec des profondeurs très faibles, en été — (0 rn. 30 à 0 m. 50), — surtout dans les petites anses, mais il forme aussi, parfois, près de la rive, des peuplements presque purs, d’une certaine étendue relative (Marescirpetum).
Rhizome renflé çà et là en tubercules arrondis, comme dans le Sparganium ramosum. Ces tubercules sont autant de centres vitaux qui restent en végétation pendant 3 ou 4 ans. Les mérithalles ne se détruisent que longtemps après la mort de ceux-là et c’est alors que les tubercules devenus libres parsèment souvent les bords desséchés des étangs (Royer, Le., p. 556).
Scirpus pungens Vahl.
Très commun de l’Etier à la Pointe de la Honchère, où il forme de véritables prairies dont la faux fait disparaître une partie, dans
(1) Magnin, loc. cit. I, p. 274.
(2) ScHR. et Kirch., Ioq. cit. p. 26-29.
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la zone intermédiaire entre l’Heleocharetum et l’ Agrostitetum. — • Souche rampante.
Scirpus fluitans L.
Dans l’Heleocharetum et souvent dans le Phragmitetum : Présmarais de Saint-Lumine, de Saint-Mars (côte W.), de l’embouchure de rOgnon — Commun.
Chaumes flottants, ou couchés-radicants à la base, parfois presque complètement submergés.
Heleocharis palustris R. Br.
Cet Heleocharis occupe la haute zone du Bas-Rivage, immédiatement en dessus du Littorelletum qu’il relie au Phragmitetum. C’est le type de l’Association de l’Heleocharetum, qui se compose d’associés adaptés à la vie amphibie; il montre, sur les deux rives, des peuplements étendus, grâce à son fort rhizome dont les drageons émettent des tiges et des racines à chacun de leurs nœuds ;• il forme assez rarement de petits massifs au sein même du lac, sur les hauts fonds vaseux à 0 m. 30 de profondeur (Photo 10).
H. uniglumi» Link.
Côte orientale : le Crène; ac. depuis l’Etier jusqu’à Saint- Aignan et au-delà de Passay, aussi dans les prés marécageux, mêlé au précédent et au suivant (Lloyd).
Même habitat et même végétation que le précédent « dont il se distingue « par la glume inférieure embrassant tout à fait la base deTépi, de sorte « que les deux bords de la glume se rencontrent obliquement ; il est, en « outre, d’un vert plus clair et occupe des cercles plus ou moins étendus, « lorsque E. palustris est plus ferme, d’un vert sombre et croît lâchement, '< non par masses (1). »
H. multicaulis Diét.
Côte E : c. depuis l’Etier jusqu’à^Saint-Aignan et au-delà de Passay, avec les deux précédents ; prés de L’Arsangle ; Côte W. près la chaussée de Saint-Lumine (Lloyd). — Très répandu.
Racine fibreuse. « Lorsqu’il croît dans l’eau, il forme de petites touffe fes à deux formes de chaumes, les uns flottants, par suite du retrait « de l’eau, les autres de formation plus récente, dressés, hors de l’eau ; « c’est cette plante qui produit, à l’automne, ces petites touffes à feuillage « menu, raide (Journal Lloyd) ».
(1) Lloyp Fl. O., 5* éd., p. 309.
Heleocharis acicularis R. Br.
Très répandu sur le Bas-Rivage, souvent en compagnie de YEchinodorus ranunculoides ; plus répandu peut-être encore, un peu plus haut, dans l’Heleocharetum avec Elaiine hexandra.
Forme sur la vase des gazons étendus ; souche munie de longs stolons filiformes, aux nœuds desquels pendent de fines aiguilles isolées ou en touffes (chaumes stériles). D’après Schrôter, la forme submergée reste toujours stérile; elle est désignée par Nilson, sous le nom de forma sub mersa; elle est facile à confondre, dans les localités maritimes, avec une forme analogue du Scirpus parvulus, espèce halophile dans l’Ouest de la France. On l’en distinguera facilement par les cellules épidermiques contenant des petits amas pierreux qui manquent chez S. parviilus (1).
Triglochin palustre L.
Bouaye, au bord du lac (1838) ; de l’Etier à la Pointe de la Honchère (1872), (Journal Lloyd) ; rr. Myricetum du Crène (1909).
Racine stolonifère.
Butomus umbellatus L. — Vulg. Jonc fleuri.
Canal de l’Etier, et ça et là sur les îlots jusqu’à Passay, dans l’Heterophylletum, en eau peu profonde.
Rhizome écailleux, rameux, drageonnant, défini à chaque floraison. (Royer, loc. cit., p. 452).
N° 67. — Alisma Plantago L. v
Cornmun tout autour du lac, dans les petites baies, les canaux, les fossés, le bord des affluents, dans l’ Heterophylletum, en eau peu profonde.
forma lanceolatum, Schultz.
. c. prés marécageux desséchés de l’Etier à. la Haie-de-Beau ; Saint- Philbert (Cailleteau !).
Plante ordinairement plus petite. Limbe des feuilles, toujours lancéolé, acuminé à la base et au sommet, ou sensiblement atténué inférieurement (Glück, loc. cil.).
D’après M. Hugo Glück (2), le développement du rhizome immergé commence au printemps, par quelques feuilles primaires, non rubanées, mais
(1) Schrôter et Kirchner, loc. cil., p. 46.
(2) Hugo Glück, loc. cil., p-
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à limbe riidimeiitRire, opaque,- longuement pétiolé. A ces feuilles primaires, restant submergées, succèdent d’ordinaire une ou plusieurs feuilles nageantes, à limbe étalé à la surface de l’eau. Ces feuilles représentent un stade transitoire, promptement remplacé par la production de feuilles à limbe vertical qui constituent la forme foliaire définitive. En deçà d’une certaine profondeur d’eau, VAlisma Plantago \)eui cependant s’arrêter tout à fait au stade des feuilles flottantes. Avec des profondeurs d’eau de 1 m. 50 à 2 m. 50, la plante forme d’abord une série de feuilles flottantes dont le limbe ne peut atteindre la surface de l’eau. Ces feuilles sont suivies alors de quelques feuilles de transition, à limbe plus ou moins réduit, jusqu’à ce qu’apparaissent des feuilles rubanées qui doivent être considérées comme des formes d’appauvrissement, sans inflorescence. D’unë façon générale les feuilles nageantes sont produites, de préterence, par les plantes de germination récente ou jeunes.
J’ai observé des feuilles nageantes d’Ailsma Ptaiitago var. la ticeo latum près de l’Etier, avec 0 m. 50 à 0 m. 60 cent, de profondeur d’eau, au milieu du mois de mai. Elles sont reproduites ci-contre, 1/2 grandeur naturelle, quant au limbe ; mais le pétiole a été ici abbrévié ; il atteignait la surface, sur laquelle le limbe s’étalait à la façon des Potamogeton natans, etc.
Echinodorus ranunculoides Engelmatjn forma typicus Glück,
loc. cit., I. fig.342 ! ; Alisma ranunculoides L,, Lloyd Fl. O.
Cette forme typique, dressée, sans stolons, qui est moins répandue dans la région que la suivante, est cependant abondante au voisinage du Magnocaricetum à Saint-Lumine et, mêlée à la suivante, dans l’Heleocharetum de l’Arsangle.
var. repens forma terrestris Glück. loc. cit., I. fig. 357 ! (1)
Cette forme à longs stolons, est très répandue au lac sur le Bas- Rivage (Heleocharetum) et dans les prairies du Haut-Rivage (Agrostitetum). Elle fleurit abondamment dès que l’eau s’est à peu près retirée.
var. retiens forma graminifolius Glück, /oc. cz7., p. 627 fîg. 3581
Plante totalement submergée, feuilles linéaires, acuminées, munies de stolons, produisant de petites touffes de feuilles.
Cette forme, qui ne fleurit pas, et qui ne produit pas ordinairement de stolons à l’arrière-saison, constitue en été, avec les Littorella, les Elatine, Vhoetes echinospora, la première ceinture végétale du Bas-Rivage, sur
Fig. 2.— 'Alisma Plantago lanceolatum
leuilles flottantes : (1/2 Gr. nat.)
(1) Je crois qu’ici il s’agit bien d’une M/)éce typique et d’une yarzéZé ; il serait bon d’élucider la question par la culture.
la rive orientale, où elle est extrêmement abondante. J’ai signalé plus haut les différences qu’elle offre avec VIsoetes, je rappellerai seulement ici le caractère de Vodeur spéciale de Lepidium sativum, de ses racines, froissées entre les doigts. (Voir PL III fig. B ).
Damasonium stellatum Rich.
Ne parait pas, à proprement parler, une plante lacustre. Je l’ai vue dans l’Heleocharetum de Passay et à Saint-Lumine, et M. Cailleteau la trouve dans les marais,- à Saint-Philbert.
Sagittaria sagittifolia L.
Commun tout autour du lac ; même habitat que V Alisina Plantago qu’il accompagne très souvent, au bord des affluents, dans PHeterophylletum. ^
On peut constater au lac les formes de feuilles ci-après : (1)
a. typica.— Offre, à la base externe des rosettes radicales^ des feuilles graminoïdes submergées, puis des feuilles à long pétiole dont le limbe, en fer de flèche, à lobes lancéolés, dépasse plus ou moins la surface de l’eau : c’est la forme ordinaire des fossés et du bord des affluents, ainsi que des anses profondes.
b. angustissimaBor. — Ici, la flèche émergée, est très allongée, linéaire ainsi que les lobes, quelquefois tout à fait petite.
Sur les bancs isolés des hauts fonds du milieu du lac, en eau plus ou moins profonde ; de Passay au Petit Bonhomme, cc. douves et canaux de Saint-Lumine, bord des affluents, etc. (PI. VI ).
c. natans. — La base externe des rosettes de feuilles radicales montre des feuilles submergées, linéaires, en touffe, tandis que les feuilles du centre de la rosette produisent, au sommet d’un pétiole très allongé, un limbe flottant étalé à la surface de l’eau, à la façon des Hydrocharis; ce limbe petit, d’abord ovale, se développe en formant un sinus très aigu à la base et le pétiole devient oblique, par rapport au limbe arrondi au sommet; celui-ci offre des formes intermédiaires entre la feuille cordiforme et la feuille sagittée.
J’ai observé ces feuilles flottantes dans une petite baie abritée, aux eaux calmes, en octobre, sous 0,20 à 0,30 cent, d’eau, sur de très jeunes plantes. La PL IV reproduit l’une de ces touffes, 1/2 grandeur naturelle.
Les premières feuilles, développées au printemps par la germination de tubercules formés à l’extrémité de rhizomes souterrains, sont rubanées, linéaires ; à ces feuilles submergées succèdent, par le séjour en eau peu profonde, des feuilles flottantes. A celles-ci, qui, en règle générale ne repré-
(1) Voir : Costantin, loc. cif.
PI. Vi
(i/2 Gr. nat.) M. Pichot del.
LES HYDROPHYTES
sentent, comme chez VAlisma Plantago, qu’un stade de développement transitoire, succèdent finalement des feuilles émergées, verticales, organes foliaires définitifs (1).
Le Sagittaria produit une souche à rejets souterrains filiformes, renflés en tubercules reproducteurs et d’hibernation, contenant des réserves amylacées. Cette fécule est utilisée comme aliment, en Chine. Le 5. varicibilis Michel! est connu en Amérique sous le nom de : “ Pomme de terre des Cygnes ” (2).
Ces tubercules se produisent parfois, exceptionnellement à l’extrémité des axes stériles.
A rechercher: la forme vallisnerifolia Coss. et Germ. à feuil. toutes linéaires très allongées.
Typha angustifolia L. — Vulg. La Pavée.
Forme des massifs étendus sur les vases, alternant souvent avec ceux du Phragmites communis et parfois du Scirpus lacustris, mais néanmoins distincts, homogènes (Typhetum), généralement en eau moins profonde que ceux-ci et plutôt dans le voisinage du Magnocaricetum.
Le Typha angustifolia est très répandu au lac, surtout sur la rive W., en raison de sa préférence pour les sols vaseux. On le trouve aussi dans les marais bordant l’embouchure des affluents.
Rhizomes épais, jusqu’à 3 centimètres, mous, munis d’éc ailles, longue ment traçants, radicants, articulés. Ces rhizomes forment, avec les parties inférieures mortes de la tige aérienne, un réseau ferme qui rassemble les matériaux flottants dans l’eau et concourent ainsi à l’assèchement.
Les soies du pédicelle du fruit s’étendent en planant dans l’air, servant ainsi d’appareil de vol et, d’après Hoffmann, les soies du fruit lui-même peuvent s’accrocher à la toison des troupeaux ou au plumage des oiseaux migrateurs (3).
Au Lac de Grand-Lieu, l’intérieur de la racine féculente est mangée par les enfants sous le nom de Mahot (4).
Je n’ai pas constaté au lac, le Typha latifolia, mais M. Mary, garde général du lac, me l’a indiqué rare, dans les marais flottants entre Bouaye et Saint-Mars, près la Gohelière, vis-à-vis Filbreux. — A revoir.
Sparganium ramosum Huds. — Vulg. La Carrée. — PL VIL
La Carrée est le grand envahisseur du lac : le « dessécheur », par excellence. Si quelques espèces du genre produisent des feuilles flottantes (S. minimum et quelquefois S. simplex), celle-ci n’en produit pas (5). Ses organes d’assimilation et de reproduction s’élèvent au moins partiellement au dessus des eaux, parfois de l“60(Phot. N<j 11). Aussi n’est-ce pas un habitant des lacs profonds.
(1) Hugo Glück, Zoc. cit.
(2) Voir : D. Bois, Le Potager d’un curieux, p. 552. (Paris, libr. agr. 1899).
(3) Ces détails extraits de Kirchn. Lôw et Schr. loc. cd.p. 374.
(4) Journal Lloyd.
(5) Cependant d’après Royer, loc. cit., p. 531, il y aurait une forme submergée flottante dans laquelle les feuilles planes, étroites très allongées ont leur sommet nageant ; je n’ai pas observ é cette forme au lac.
Sa zone normale, au Lac de Grand-Lieu, paraît former une ceinture située entre le Phragmitetum et le Nymphætum, depuis l’embouchure de la Boulogne jusqu’au delà de Saint-Lumine et de Saint-Mars, soit sur toute la côte W., sur un fond de vase plus ou moins molle. Le Sparganium ramosum se trouve aussi aux bords des affluents. Il s’accomrnode à peu près de tous les fonds, mais il préfère cependant les fonds vaseux. Il abandonne le terrain dès que la vase se consolide et est moins recouverte d’eau. On ne le voit plus guère dans le Magnocaricetum.
Au devant de cette ceinture, vers le centre du lac, lorsqu’un haut fond surgit, le Scirpus lacustris s’y établit tout d’abord et la Carrée lui vient en aide, grâce à son rhizome sympodique robuste, d’une destruction lente, sur lequel les centres vitaux éteints s’accusent par des nodosités assez grosses, oüoïdes-oblongues, reliées entre elles par d’assez longs drageons hypogés (1), ainsi que je l’ai constaté moi-même. On trouve parfois de grandes quantités de ces « boules », surtout sur les Levis , probablement parce que les conditions nouvelles auxquelles la plante est soumise entraîne sa mort.
Ces îlots de Sparganium se multiplient de plus en plus au sein du lac : ils grandissent et finissent par se rejoindre (Phot. N®® 5, 8, 9): C’est ainsi que, contrairement à ce que Schrôter et Kirchner ont observé au lac de Constance (2), on trouve ici de nombreuses formations pures de S. ramosum assez étendues ; la seule plante qu’il tolère parfois dans son domaine paraît être le Scirpus lacustris, encore parvient-il, au bout de quelque temps, à le supplanter complètement.
D’après Ravn, les graines du S. ramosum, en raison de l’eau qu’elles renferment, ont un poids spécifique inférieur à 1 et possèdent un pouvoir natatoire de très longue durée, ce qui favorise leur dissémination par les courants d’eau. D’après une notice de Gupfy (3), citée par Schrôter et Kirchner, ces graines pourraient aussi être propagées au moyen des excréments des animaux.
Dans les conditions naturelles, les graines de Sparganium ramosum germent au printemps. La partie submergée, presque bulbiforme de la tige, porte inférieurement des écailles et plus haut des feuilles aériennes ; elle persiste ordinairement plusieurs années avant de former une tige florifère. Il se développe, au cours de la période de végétation, à l’aisselle des feuilles de la partie bulbeuse submergée de la tige, une ou plusieurs, parfois jusqu’à 5 pousses latérales stolonifères (4).
On voit par ce qui précède à quel point cette plante envahissante est organisée pour la multiplication végétative.
Lecoq (5), dit que les chèvres elles-mêmes refusent les Sparganium ; les habitants du lac confirment bien que le bétail refuse la plante et que son usage prolongé lui serait nuisible.
(1) Ch. Royer, loc. cil., p. 531,532.
(2) Kirch. Lôw et Schr. loc. cit.p. 376.
(3) GuppYjWaterplants and theirwaysetc., Science Gossip. Xuv.-Ser., Vol. 1. 1894 p. 146-147,
(4) Kirch. Lôw et Schr. loc. cil. p. 377.
(5) Lecoq, loc. ciL p. 12,