‹ Le lac de Grand-LieuChapitre 35 sur 57 · PL VII · texte numérisé non relu

PL VII

Sparc/a n i u m ra mosu ni .

(3/4 Gr. nat.) M. Pichot del.

LES HYDROPHYTES

Ascherson et Graebner divisent l’espèce en deux sous-espèces :

S. polyedrum Asch. et Grab. ; S.ramosum Curtis; Lloyd Fl. O. C’est la forme envahissante du lac.

20 S. neglectumBeeby; qu’on n’a pas trouvée au lac, jusqu’ici.

La première de ces deux sous-espèces, avec ses trachées aériennes fortement développées, présente une adaptation plus « hydrochore » que la seconde.

Sparganium neglectum Beeby se distinguera du S. ramosum (polyedrum Asch.), surtout par le fruit qui au lieu d’être tronqué, à bec égalant 1/4 de sa longueur, est ovale, ou obovale-oblong, ou obovale, rétréci graduellement en bec 1/2 à 2/3 de sa longueur (1). — Voir la fig. cicontre.

Lloyd a cherché en vain cette sous-espèce au lac, mais elle existe dans les marais de l’Erdre près Nantes, et autres localités en Loire- Inférieure, Vendée, Charente- Inférieure.

Il serait bon de la rechercher de nouveau au lac.

- A. Spahgaxium polyedrum ; s. ramosum.

Groupe de fruits (1,U ; Ab — fruit (2,1).

Coupe long, du fruit (2,'I).

B. S. NEGLECTUM.

Groupe de fruits (M) ; Bb — Coupe long, du fruit (21). ’après Kikchn. Lôw et Schr. Zoc. cit. fig. 225.

Sparganium simplex Huds.

Bien moins répandu que le précédent, dans le lac même, mais assez commun, sur le pourtour, au bord du Phragmitetum et dans les affluents et les douves de Saint-Lumine.

Se comporte pour la formation des pousses comme le S. ramosum, les rejets sont seulement moins forts.

La forme longissimum (2) (fluitans Corb. Fl. Norm.), à longues feuilles linéaires flottantes, est très répandue dans la Boulogne. Elle atteint jusqu’à 1™25 et plus pour venir étaler ses feuilles à la surface de l’eau. Habituellement stérile, la plante arrive cependant à former une petite panicule de 2 à 4 glomérules femelles et autant de glomérules mâles, au sommet. Dans cet état, la plante ressemble beaucoup au Sparganium mininmin Fries, qui pourrait se trouver au lac. Celui-ci a les glomérules sessiles ou subsessiles

(1) Lloyd. Iï. p. 33Î.

(2) Kiegh., Low et Schr. loc. cit. p. 375.

à l’aisselle de la bractée, le terminal mâle, presque toujours solitaire ; le stigmate court ovale oblong, le fruit terminé en bec court. — A rechercher.

JÜNCÜS species. — Joncs.

La section lateriflori Fr. du genre Juncus, qui comprend les grandes espèces aphylles, munies seulement de gaines radicales, est représentée ici par les J. conglomeratusL.; effusus L.; glaucus Ehrh.; ils sont pourvus de rhizomes allongés et habitent le Haut-Rivage, souvent à la limite du flot d’hiver. On voit aussi au lac les J. lamprocarpus Ehrh. ; Gerardi Lois; acutiflorus Ehrh. ; espèces à rhizomes épais, noueux. Le J. lamprocarpus présente parfois une forme à chaume flottant (1), qui serait à rechercher au lac.

Juncus heterophyllus L. Dufour, est assez répandu dans les douves vers Saint-Lumin e et dans l’Heleocharetum de l’Arsangle.

Juncus supinus Mœnch,à rhizome cespiteux, court, subglobuleux, épaissi, à tiges souvent couchées radicantes, parfois flottantes, habite surtout le Myricetum, les marais spongieux où il est commun : il varie à chaume et feuilles tous submergés, capillaires {var. confervaceus Buchenau) (dans la Boulogne); à chaumes longuement flottants (var. fluiians) qui deviennent couchés radicants (var. repens), quand les eaux se retirent; cette dernière forme est commune dans l’Heleocharetum. (2).

Xarthecium ossifragum Huds : A été noté à Saint-Aignan par Lloyd en 1837 ; c’est une plante des marais tourbeux qui devait se trouver jadis dans le Myricelum et qui a dû disparaître ou devenir rare avec l’assèchement. Je ne l’ai pas vue dans les vestiges de marais tourbeux du lac.

Iris Pseudo-Acorus L. ■

Assez répandu au lac dans le Myricetum, le Magnocaricetum, 4 le Phragmitetum et même parfois dans l’Heleocharetum, et sur les j L evis, mais toujours assez peu abondant dans ses stations. >

Spiranthes æstivalis Rich. j

Assez commun au bord du lac : l’Etier, Saint-Aignan, l’Arsangle ; ordinairement à la naissance des prés qui font suite à l’Heleocharetum. i

Myrioa Gale — Vulg. Laureau.

C’est l’arbuste caractéristique des marais tourbeux (Myricetum). Il était sans doute très répandu autrefois au lac. Aujourd’hui, on ne le voit plus qu’en massifs de peu d’étendue, au milieu des prés tourbeux de Saint-Lumine, dans le reste de tourbière des Blanchères, ou en touffes isolées, au Crène et à Passay. (Phot. 27 et 28) .

Le Myrica Gale est appelé Gagel par les Brabançons ; Glusius, Hist.

(1) ScHR. et Kirch., loc. cit. p. 12 et 50. .

(2) Voir 3*^ Partie Chap. II, p. , les espèces annuelles de Juncus des sables numides de 1 ’ Ane ien-R ivage.

LES HYDROPHYTES

(les Plantes (xvie siècle), y voyait le Rhus sauvage de Pline ; il sert écrit-il, « à mettre es garderobbes, car il contregarde les vestements « de vermine ». Le Laureau a la réputation, au lac, de chasser les puecs et en Belgique on remployait encore, il y a quelques années, pour préserver les vêtements des mites.

L’écorce du Myrica Gale fournit, par la distillation, une huile pyrogénée qui a l’odeur du fin cuir de Russie et sert, dit-on, à le préparer. Ses feuilles odorantes sont susbtituées au houblon, en Suède et au tabac, en Norwège, d’après Bâillon (Bot. méd., p. 1011).

Ses rhizomes hypogés en font un arbuste social; il est à feuilles caduques et, bien que croissant dans les terrains inondés, il présente une structure xérophytique.

Rumex Hydrolapathum Huds. — Vulg. Rouambe.

Répandu par quartiers, surtout Haut-Rivage occidental, dans le Magnocaricetum où il forme des « mottes » s’accroissant en hauteur. Existe aussi, commun, prés-marais bordant les affluents.

Littorella lacustrisL.

C’est une des plantes dominantes du Bas-Rivage, qu’elle couvre d’un gazon abondant, grâce à ses nombreux stolons reliés cà la rosette prin cipale.

Lorsque la plante est atteinte par l’assèchement, dans l’Heleocharetum, où elle se montre assez souvent, elle ne paraît pùs fleurir et ses feuilles deviennent d’un vert plus foncé, semi-cylindracées, poilues, canaliculées ; submergées, elles sont vert-jaunâtre, cylindracées, lacuneuses.

Le Littorella forme, à l’Etier, des prairies étendues plus ou moins envahies par les Heleocharis palustris et Scirpus pungens.

Menthæ.* — On peut étudier au Lac une belle série de ce genre difficile.

Les Mentha des lieux tourbeux offrent des formes xérophytiques : feuilles très velues-hérissées, souvent ((drapées» ou plissées-conniventes, ou plus ou moins colorées en rouge.

Voici les formes que j’ai pu rapporter à des types déjà décrits d’après les beaux travaux de M. Malinvaud, mon initiateur dans cette étude.

Aquaticæ.

Groupe verœ. — M. aqiiatica forma major Malinvaud exs.

no 33.

Autour du Lac.

' — forma hirsuta. Timb. Lagr.! ;

Lloyd Fl.O ! ; Wirtg. herb.

r- Menth. rhen. 40 l

Myricetum du Crène.

Sativæ (Aquatico X arvensis).

1° Groupe foliosæ. — M. sativaîormsL latifolia minor Nob. (1);

Mlvd. exs. n® 55 (proxima) ; M. aquatico x arvensis fol.

latissimis Wirtg. Menth. rh., éd. 2 no 71 ! ; M. palustris Boreau sec. Lloyd in.sched.

Myricetum de l’Etier.

2o Groupe subspioatæ — M.subspicata forma/a/z'/o/za Nob. Ma/;

M. rubro ~ hirta Lej.

exs. no 47.

Moulin des rives près Saint- Aignan.

— forma /zz>sLz/a. Mlvd. exs.

no 44 (proxima) ; M.

hirta Lloyd Fl. O. non \\i\\d;(Exs.soc. dauph.

1886 iio 4997 sub.nom.

M.pa/zzdo5a Schreb).

G. Myricetum du Crène et de Saint-Lumine.

— forma arguta Opiz.

Avec le précédent, au Crène.

Arvenses.

1° Groupe glabrescens (Jontanæ Braun). — M. arvensis forma

diffusa minor; M. diffusa Lej. ; H.

Braun., p. 446 ! (2).

Graviers du Lac, (Maupon 1878).

2° Groupe agrestis. — M. arvensis var. agrestis forma ovalifolia

Mlvd. exs. nos 88 et 90, (interm.)

Deux formes : mafor (stam., incl.) — fossés de l’Etier.

/nznor (stam. exs.) — Myricetum du Crène.

Pulegium.

Mentha Pulegium L.

c. Côte E. ordin‘ à la limite du flot d’hiver.

(1) E. Gadeceau. Matériaux pour l'Etude des Menthes de la Loire- Inférieure, Ann, Soc. Acad. Nantes, et tir. à p. 1881.

(2) Henrich Braun ; Uebere inige Arten und Formen der Gattung Meniha, 1890.

LES HYDROPHTTES

StachYS palustris L.

cc. Phragmitetum de Saint-Lumine.

Rhizome obscurément tétragone, très épaissi, très facile à rompre, blancjaunâtre.

Lycopus europæus L.

Plante des fossés, çà et là, bord des affluents, des douves ; quelques fois dans le Phragmitetum.

Drageons nombreux, courts, simples, à écailles très élégamment pectinées. Aux lieux inondés, les rejets consistent surtout en stolons très allongés.

Veronica scutellata L.

cc. prés-marécageux de Grand-Lieu près Saint-Mars (Lloyd); l’Etier; Saint-Philbert (Cailleteau); Saint-Lumine ; surtout lieux tourbeux (Myricetum). — Très répandu.

Souche rampante, tiges couchées-radicantes puis redressées.

Veronica Anagallis l. et sa var. Anagallo’ides, pourraient se trouver au lac. D’après Magnin (1), cette espèce peut vivre et développer son appareil végétatif et assimilateur, entièrement plongée dans l’eau (jusqu'à 2 et 3 mètres de profondeur dans les lacs du Jura); dans ces conditions, elle ne fleurit pas et les feuilles deviennent minces, membraneuses, vert-jaune. — Je n’ai pas constaté l’espèce au lac.

Limosella aquatica L.

Je n’ai pas constaté par moi-même la Limoselle au lac, mais je l’ai vue dans l’herbier de M. Cailleteau, recueillie par lui, très abondante, à l’embouchure de la Boulogne ; il la dit aussi assez répandue dans toute la partie sablonneuse du rivage depuis la Boulogne jusqu’à.Passay.

Petite plante annuelle, sans tige, émettant du collet de la racine des stolons radicants et une touffe de feuilles oblongues, longuement pétiolées. D’après Royer, quand la plante croît dans les grandes herbes, sa rosette radicale allonge son axe en une courte tige.

Gratiola officinalis L.

Extrêmement abondant, tout autour du lac, dans les prés-marécageux ou plus ou moins tourbeux.

Rhizome horizontal, rameux, drageonnant.

Myosotis sicula Guss.

AC. sur le Haut-Rivage dans la zone intermédiaire entre l’Heleocharetum et les prairies tourbeuses-sablonneuses.

(1) ; Magnin, loc. cit., I, p. 307.

LE LAC DE GKAND-LIEÜ

Myosotis palustris With.

Surtout bords des affluents et des Levis.

Var. strigulosa, — c. prés mouillés.

Tige couchée-radicante, ascendante, simulant un rhizome rameux. Facile à confondre avec :

M. repens. Don. qui a aussi la tige rampante et radicante à la base et qui n’en est probablement qu’une variété ; les deux ont souvent le bas de la tige hérissée de poils étalés, ceux-ci plus développés dans la forme repens qui a la fleur plus pâle, plus grande. — Je ne l’ai pas vue au lac ; c’est une plante de ruisseaux de landes tourbeuses. — A rechercher dans le Myricetum.

Lobelia Dortmanna L. — (PI. VIII).

Cette plante septentrionale est répandue dans toute la partie S. du lac, depuis l’embouchure de l’Ognon jusqu’à celle de la Boulogne, mais c’est surtout entre Passay et L’Arsangle et surlesîlotsdes Grand et Petit-Bonhomme qu’elle forme de véritables prairies submergées, sous 2 mètres et plus d’eau, en hiver, d’ Octobre à fin d’ Avril, tandis qu’eu été, elle n’est guère recouverte, aux mêmes lieux, que de 0 m. 60 à 0 m. 75 d’eau. Dans les étés très secs, la plante végète et fleurit très bien dans l’Heleocharetum, presque complètement asséché à la surface.

Le Lobelia Dortmanna a les mêmes affinités édaphiques (1) que Vlsoetes echinosporay avec lequel il croît ; il recherche, au lac, les fonds de gravier, mélangé d’argile et de sable fin.

Il demeure inexplicable que cette rare espèce soit restée si longtemps inconnue au Lac de Grand-Lieu, malgré les explorations nombreuses de Lloyd, faites en saison propice, avec des botanistes comme Durieu de Maisonneuve et Aristide Letourneux, à la recherche de VIsoeteSy fidèle compagnon du Lobelia dans toutes ses stations. Sa floraison se prolonge ipi assez tard dans la saison. C’est à la fin de septembre 1898 que j’eus le plaisir de la découvrir; la fleur est de couleur lilas-pâle (2).

Des observateurs émérites, tels que MM. L. Motelay, de Bordeaux, Armand, de Poitiers (3), affirment que la fécondation de cette plante a lieu complètement sous l’eau. Ce que je puis dire, c’est qu’au lac de Grand Lieu, il n’en est pas ainsi. J’ai suivi, depuis ma découverte, l’évolution du Lobelia dans des étés plus ou moins secs et par suite avec des profondeurs variables. Or, je l’ai toujours vu allonger sa tige, jusqu’à 0 m. 60 et plus, pour arriver à fleurir et à fructifier au-dessus du niveau des eaux, et plus cette élongation était grande, moins la plante produisait de fleurs. La plante semble épuisée par cet effort. Sous une couche d’eau d’une certaine profondeur, ces tiges émergent, mais sont stériles, atrophiées ; elles ne sont pas susceptibles, en cet état, d’attirer l’attention des botanistes qui n’ont dû y

(1) de : — sol.

(2) E. GadÉceau, loc. cit.,p. 418.

(3) Armand, Une pl. cleistogame. (Bull. Soc, bot., Deux-Sèvres T. 45 p. 152, .1899).

Page 1