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PI. VIII

LOBELIA DORTMANNA.

(3/4 Gr. nat.) M. L Soi. del.

LES HYDROPHYTES

voir que des vestiges d’une végétation quelconque, terminée. L’asséchement partièl, au contraire, favorise la floraison et la fructification, au point de montrer, en automne, dans certaines années sèches, de vastes étendues couvertes de Lobelia, dans les endroits d’où l’eau s’est retirée.

Mes observations concordent, d’ailleurs, avec celles de botanistes tels que: Warming (1), qui considère la plante, dans l’W. du Jutland, comme formant une végétation de transition entre celle des plantes de marais et celle des plantes vraiment aquatiques; J. Gay (2), qui écrit :« Le Subularia « aquatica est toujours entièrement submergé, vivant à 1 ou 2 pieds sous « l’eau, où il fleurit et fructifie comme les Isoetes qui l’accompagnent,

« tandis que le Lobelia vient épanouir ses fleurs à la surface^ après avoir « formé ses boutons sous l’eau » ; Grenier et Godron (3), de leur côté,

« écrivent :« Cette plante végète presque toujours sous l’eau, etZa tige^ pour « s’émerger, s’allonge plus ou moins, ce qui en fait varier notablement « les proportions ». Enfin nous lisons dans Koch (4) « florescentiæ tempore « spicas emergens. »

Menyanthes trifoliata L. — Vulg. Fève, Feùve.

Se plaît essentiellement au bord des affluents, des douves, des Levis, des petits canaux, où serpentent ses gros rhizomes hypogés, longuement rameux ; surtout dans la zone du Magnocaricetum. Recherche les terrains tourbeux (Myricetum); forme des îlots sur la vase au pourtour du lac ; fleurit en avril avec 1 mètre et plus d’eau.

Samolus Valerandi L.

Rare et peu développé dans la zone extérieure (5) bordant l’Heleocharetum à l’Etier et dans les vestiges du Myricetum du Crène (1909), Schroter a trouvé, au Lac de Constance, une petite forme de quelques centimètres de haut, également dans l’Heleocharetum ; Magnin le trouve aussi sur les bords des lacs du Jura (6).

LYsimachia vulgaris L.

Cette belle Primulacée est fréquente entre les tiges des Phragmites.

Longuement drageonnante et parfois, en outre, stolonifèfe aux lieux humides, ombragés.

Anagallis tenella L.

AC. prés tourbeux ; l’Etier ; L’Arsangle ; zone extérieure de l’Heleocharetum.

(1) \Yarming, loc. cit. p. 164 et siiiv

(2^ J Gay, loc. cil.

(3) Grenier et Godron, Fl. de France. T. 2 p. 396.

(4) Koch, Syn. Flor. Gevm. et Helv. 2^ éd"" (1843).

(5) Extérieure est pris ici par rapport à la cuvette centrale.

(6) Voir : Magnin, 1. loc. cil , p. 306. la curieuse distribution géographique de cette plante.

LE LAC ÜE GRAND-LIÈU

Hottonia palustris L.

Je l’ai vu au printemps le long des barrages de Saules établis par les pêcheurs et qu’ils nomment des Ermées ou Ormées, à La Haie de Beau.

Saint-Philbert {Cailleteau !) ; Limosequisetum de Saint-Lumine.

Racine rampante ; tiges à partie submergée oblique, feuillée, émettant, de la rosette, de longues radicelles ; à partie émergée nue au-dessous des fleurs. Fleurs hétérostylées, c’est-à-dire les unes à style long et étamines courtes, incluses ; les autres à style court et à étamines exsertes ; ces fleurs, sont fécondées par les insectes.

Cirsium anglicum Lam., — Vulg. Langue de bœuf.

cc. prés tourbeux, surtout dans le Myricetum de Passay et de Saint- Lumine.

Rhizome simple, court, oblique-vertical, à drageons devenant libres.

Senecio aquaticus Huds.

Prairies tourbeuses de TEtier et probablement ac. au lac (Myricetum).

Souche plus au moins renflée-subglobuleuse.

Achillea Ptarmica L.

Bien que cette espèce ne soit pas à proprement parler un hydrophyte, son extrême abondance, autour du lac, dans toutes le^ prairies humides lui assigne une place ici. — Elle ^émet des drageons cylindracés, d’un beau blanc.

Bidens cernua L.

Très répandu dans le Phragmitetum, entre les tiges des roseaux et parfois même sur la vase nue.

Les tiges sont ascendantes-radicantes ; parfois même la racine s’atrophie complètement et cette plante annuelle passe au rhizome (Royer, loc. cit.).

Bidens tripartita L. — Doit être aussi dans le Phragmitetum — (une var. naine à feuilles unifoliolées a été relevée par moi dans les sables humides près Passay) (1 ).

Eupatorium cannabinum L.

Fossés, marais tourbeux: l’Etier, etc., ordinairement sur V Ancien- Rivage.

Galium palustre L.

Magnocaricetum de Saint-Lumine, Myricetum du Crène et jusque dans l’Heleocharetum.

(^1» Voir: 3« Partie, chap. îl, p. 118.

LES HYDROPHYTES

Galium constpictum Chaub.

ce. Prairies tourbeuses, tout autour du lac; Agrostitetum.

A rechercher : Galium uliginosum L.

Œnanthe Phellandrium Lam.

Au bord du Phragmitetum ; forme aussi parfois des gazons de jeunes feuilles dans l’Heleocharetum.

Les bestiaux le mangent au printemps en jeunes pousses; plus tard la plante devient dangereuse. Elle l’est en tout temps pour les chevaux d’après Cornevin (PL vén., p. 387).

Cette grande herbe vivace n’a pas de rhizome. La partie inférieure de la tige s’étale sous le poids de la plante et finit par former un support obeonique fistuleux, qu’on a pris à tort pour une racine fusiforme (Royer).

Œnanthe fistulosa L.

Répandu dans les prairies tourbeuses du lac — Magnocaricetum et Agrostitetum, pénètre jusque dans l’Heleocharetum.

Vénéneuse, les bestiaux n’y touchent guère.

Œ. silaifolia Lloyd., Fl. O. 5® éd., doit se trouver dans les prairies humides.

Œ. crocata l. vulg. Pensacre, Pimpin. Cette espèce, très vénéneuse, si répandue dans la Loire- Inférieure, où elle a souvent causé la mort de bestiaux, se voit aux bords du Lac (La Senaigerie), etc. mais dans les fossés, non dans le lac lui-même.

Sium latifolium L.

C’est encore une des grandes herbes vivaces très répandues dans le Phragmitetum, où son rhizome hypogé, à rejets radicants, circule dans la vase, muni de rosettes de remplacement qui multiplient abondamment la plante.

Carum verticillatum Koch.

Répandu dans les prés tourbeux (Myricetum, Agrostitetum). Vivace, possède un rhizome avec pseudorrhizes fusiformes.

Cicuta virosa L, — Vulg. Ciguë viveuse.

Même habitat que le Sium latifolium, dans le Phragmitetum, et peut être plus répandu. Apparu en 1878 seulement, au lac, d’après Lloyd (1), il y est aujourd’hui fort abondant.

(1) Lloyd. II. p. 150,

Vivace ; racine très grosse, munie de fibres filiformes, charnue, contenant un suc jaunâtre très vénéneux. D’après Lecoq (l),les bestiaux n’y touchent pas. Passe pour la plus toxique de toutes nos Ciguës.

HydrocotYle vulgaris L. — Vulg. Papirottes.

Extrêmement abondant dans les prés tourbeux, surtout dans les Myricetum et Magnocaricetum, où il forme souvent un véritable tapis ; pénètre partout (sur le Moyen et sur le Haut-Rivage). C’est une des herbes les plus répandues, ne manque presque nulle part au lac.

Vivace ; tiges couchées, allongées, rameuses, radicantes aux nœuds, constituant une sorte de rhizome épigé.

Helosciadium inundatum Koch.

A feuilles submergées divisées en lanières capillaires, les supérieures ; flottantes ou émergées ; se voit autour du lac dans la zone de l’Heterophylletum. i

Helosciadium nodiflorum Koch. !

Restes de tourbières du Crène ; pas très répandu ; plutôt dans les fossés autour du lac. • '

Peucedanum palustre Mœnch. J

Cette belle Ombellifère devait être jadis assez commune dans le ^ Myricetum, elle y est aujourd’hui rare. Je l’ai constatée, tout récemment, dans l’ancien Myricetum du Crène où elle est rare et se réfugie ^ dans les haies boisées de Salix et d’Alnus; je l’ai vue aussi sur les j Levis de Saint-Lumine.

Epilobium hirsutum L.

Je ne l’ai vu que dans le Myricetum du Crène en compagnie du sui-

vant.

Grande herbe vivace, à racine stolonifère.

Epilobium parviflorum Schreb.

Plus petit que le précédent, vivace, à racine fibreuse.

Lythrum Salicaria L.

Grande herbe vivace du bord des eaux: c. affluents et bords du

Phragmitetum.

(1) Lecoq. loc. cil., p. 208,

LES HYDROPHYTES

Le Peplis Portula L. est dans les prés humides et le rare P, Boræi Jord. a été trouvé jadis au Crène (rr). par Genevier.

Le Ludwigia apetala Walt.; Isnardia palustris Ll. Fl. O., habite les fossés autour du lac et les bords de la Boulogne.

Hippuris vulgaris L.

Cette curieuse Haloragée se trouve surtout au bord des affluents ou des douves, ou bien devant les bancs de Phragmites, sur les deux rives du lac. Je la comprends dans l’HeterophylIetum.

Plante sociale à rhizomes hypogés, dont les tiges florifères peuvent, d’après Magnin, s’allonger de 3 à 4 mètres dans les eaux profondes, pour arriver à la surface ; les feuilles submergées sont plus longues, plus flasques que les feuilles émergées.

Drosera rotundifolia L.

Drosera intermedia Hayne.

Le dessèchement des tourbières a entraîné la disparition presque complète des plantes spéciales aux marais à Sphagnum, en particulier des Drosera. Lloyd a noté le D. intermedia à Saint-Aignan en 1837 et M. Gouraud l’a recueilli au Crène en 1903. C’est en vain que je l’ai cherché là, depuis. Ce n’est que tout récemment que, guidé par M. Bioret j’ai pu voir aux Blanchères près Saint-Mars, un reste de tourbière à Sphagnum avec Drosera rotundifolia etD. intermedia et quelques pieds seulement de Pinguicula lusitanica (l),Rhyncospora alba, MyricaGale, Eriophorum angustifolium, Osmunda regalis, derniers vestiges d’une Association vaincue.

Ets Drosera sont des plantes vivaces munies d’un rhizome très grêle, filiforme et, dans les Drosera rotundifolia et intermedia, de pseudorrhizes sétacés. Outre le semis, elles peuvent se reproduire par un bourgeon adventif, se développant à la surface des feuilles, lorsque celles-ci sont détachées et plantées dans la mousse humide.

Les feuilles sont munies, sur leurs bords et sur leur face supérieure, de prolongements, en forme de poils terminés par une petite glande qui communique avec les vaisseaux du parenchyme. Goebel (2), qualifie ces organes de tentacules « Tentakeln » Il pense qu’ils jouent un rôle important, en attirant les insectes par leur couleur rouge et par les gouttes brillantes secrétées par les glandes, et en les capturant par leur inflexion vers le milieu de la feuille, sous l’influence d’une irritation produite par l’adhérence d’un corps étranger. Le nombre des insectes, surtout des

(1) Les Pinguicula sont aussi considérés comme plantes carnivores. (2 J K. Goebel. loc. cil., p. 57 et suiv.

mouches ainsi capturés, dans le cours d’une végétation, serait très considérable (un millier).

Tout en considérant ce genre de plantes comme carnivores, Goebel ne donne aucune preuve de l’assimilation réelle, par la plante, des insectes capturés.

Comarum palustre.(FTaisieT d’eau) pourrait se trouver au bord des canaux, des douves; il est répandu dans nos marais de l’Erdre, dans ces stations-là.

Hypericum Elodes L. ; Elodes pnlustris Spach.

c. bords des affluents, et dans les Phragmitetum, Myricetum.

Vivace, diffère de tous les Hypericum par la présence d’un rhizome et par l’épaisse couche corticale de ses pseudorrhizes et surtout de son rhizome (Royer, Z. c., p. 64).

Elatine Alsinastrum L.

L’Ognon à Pont-Saint-Martin et çà et là, bords du lac et affluents {Lloyd 1837) ; douves de Saint-Philbert (Cailleteau).

Tige couchée-radicante, à quelques nœuds qui sont dépourvus de bourgeons. Annuel, d’après Royer. Les rameaux sont : les uns submergés à feuilles verticillées, linéaires, 6 à 20 à chaque nœud ; les supérieurs émergés à feuilles ovales ordinairement ternées. — Doit être rattaché à l’Heterophylletum. Végétation voisine de celle de VHippuris.

Elatine hexandra DG.

Extrêmement abondante dans l’Heleocharetum, sur toute la rive orientale où elle subit le dessèchement relatif d’été.

Très petite plante annuelle, à tiges très fortement opprimées sur la vase, couchées radicantes quand elles sont exondées.

Elatine campylosperma Seubert.

Signalée au lac par l’abbé Delalande, cette espèce rare y a été retrouvée par M. Cailleteau.

Se distinguera de l’espèce précédente par : sépales 4 (au lieu de 3) ; étamines 8 (au lieu de 6), styles 4 (au lieu de 3), et surtout par ses graines en fer à cheval. — Annuelle ; mai-août.

Stellaria glauca With.

Prés marécageux à l’Etier (Ll. 1839). La Grève de Passay (Couraud 1 ) c. sur les Levis de Saint-Lumine ; Magnocaricetum et

LES HYDROPHYTES

Myricetum. ac. dans les prairies tourbeuses tout autour du lac. J’ai vu aussi le Stellaria uliginosa Murr. sur les Levis.

Nasturtium amphibium R. Br.

Très répandu dans le Phragmitetum et dans l’Heleocharetum où l’on peut constater le polymorphisme des feuilles, pennées-pectinées ou même à fol. capillaires lorsqu’elles croissent dans l’eau. Souche courts stolonifère.

Nasturtium officinale R. Br. — Vulg. Cresson de fontaine.

Assez rare dans le lac ; ac. sur les Levis.

Peut-être y aurait-il lieu de rechercher : N. riparium Gremli, qui, d’après ScHRôTER (1) étend ses longues tiges radicantes au loin sur la surface des laça .

Cardamine pratensis L.

Çà et là dans l’Heleocharetum et sur les Levis.

Subularia aquatica L. — a rechercher attentivement au Lac de Grand-Lieu : petite Crucifère minuscule annuelle ; elle accompagne constamment le Lobelia et Y Isoetes, au pays de Galles, (J. Gay, loc. cit.). On la reconnaîtra à ses feuilles linéaires, subulées, et surtout à ses petites silicules. — En France, on la trouve dans les Vosges, l’Ariège et les Pyrénées Orientales, mais toujours à de hautes altitudes. Nous en donnons un un dessin dans l’espoir qu’elle sera trouvée quelque jour au lac.

Fig. 4 - SUBULARIA AQUATICA (gr. nat.)

Ranunculus Lingua L.

Dans le Phragmitetum et le Magnocaricetum, tout autour du lac. Vivace, racine stolonifère.

R. Flammula L.

Les prés marécageux, tout autour du lac.

Vivace, — Rhizome court, tronqué, assez épais, radicant aux nœuds inférieurs. Croît parfois en pleine eau, avec des feuilles nageantes, qui deviennent longuement pétiolées. (Royer, Z. c., p. 12).

Forma reptans Lloj^d Fl. O. 5^ éd., p. 7 ; non R. reptans L; R. tenuifolius Wallr. sec. Rony et Fcd., Fl. fr. I, p. 83.

Cette petite forme rampante est assez répandue dans les marais

(1) ScHR. et Kirch. loc. cil. p. 52

tourbeux, spongieux : l’Etier, Saint-Mars, dans le Myricetum ou le Magnocaricetum; elle représente une très curieuse adaptation amphibie.

Tiges couchées, grêles ; feuilles petites, les radicales en touffe, ovaleslancéolées, les caulinaires lancéolées-linéaires ; fl. petites. La rosette principale émet de nombreux stolons radicants qui en émettent à leur tour, ce qui produit des files de rosettes souvent assez étendues. — Cultivée par moi, en pot submergé, cette forme est revenue au type.

Diffère de R. reptans de Linné, qui a les feuilles tout à fait petites, linéaires ; les stolons arqués entre chaque nœud, et qui croît au bord des lacs du Jura et de la Suisse.

On trouve souvent, surtout dans la végétation intense du Magnocaricetum, une forme {elongata Nob.) remarquable, s’élevant, soutenue par les herbes voisines, à tiges très grêles, non rameuses, à feuilles très étroites, linéaires lancéolées ou linéaires, à fleurs petites. Je la considère comme une adaptation de l’espèce, là où la végétation, très serrée, l’empêche de ramper sur le sol.

Ranunculus ophioglossifolius Yill.

A été noté par Lloyd dans les sables, entre l’Etier et Saint-Aignan, en 1842, et revu là par M. Gouraud, en 1903.

R. sceleratus L.

Douves à Saint-Philbert, Passay ! (Cailleteau) ; Saint-Lumine ! Autour du lac, mais non lacustre proprement dite.

A rechercher : Caltha palustris l. qui se trouve dans les marais voisins du bas de la Loire. — Jene l’ai pas vu au lac.

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