NOMS VULGAIRES DES PLANTES DU LAC
Bloutte, {Carex stricta). (Voyez Mouline.) — Ü’après M. l’abbé Toussaint (1) « Bloutte, Blotte ou Bloutre », vieux mot qui, suivant Nicot, signifiait la motte de terre renversée par le soc, en labourant ; d’où se blottir.
Capiteau, {Phalaris arundinacea).— De capiton, capitonner, garnir de bourre ? D’après M. l’abbé Toussaint, les douaniers des bords de la Loire se serviraient de cette plante pour faire des matelas grossieis dans leurs cabanes.
Carrée, (Sparganium ramosum). — De Carre, chacune des faces d’une lame d’épée. La feuille rappelle parfaitement cette forme, le mot carre est souvent employé dans la Seine-Inférieure pour indiquer un objet coupant, aigu, on dit : la carre d’un couteau, d’une table (abbé Toussaint in. litt.).
Chevrée, (Glyceria agua/zca).— Peut-être de ce que les chèvres la mangent et refusent la Carrée ?
Ecloppe-chat, Genista anglica. — Peut-être se sert on de celte plante très épineuse, pour se garder des chats dans les cultures ?
Fève, Feuve, (Menyanthes trifoliata). — De la forme des feuilles.
Canne, Guinche, (MoUnia cærulea). — On en tait des matelas.
Gobée, (Potamogeton perfoliatiis).
Guizelle, (Carex stricta). (Feuilles) ; voyez Mouline. — On nomme Guizelle les feuilles de la Mouline employées pour foncer les chaises.
Herbe aux Brèmes, (Potamogeton perfotiatiis). — La Brème (Aùramzs jBrama), s’y tiendrait de préférence, d’après les pêcheurs. D’après Schrôter et Kirchn. (loc. cit. p. 17), les poissons aiment à frayer dans les Po/amop'e/on, là le nom allemand de “ Laichkraut ”.
Herbe qui pique, (Naias major).
Jonc des tonneliers, (Scirpiis lacustris).
Langue de Bœuf, (Cirsium anglicum). — Le dessus des feuilles est couvert d’aspérités.
Laureau,!(3/yrzca Gâte). — De sa ressemblance avec le Laurier (Laurus nobilis); Laiirette, en certains pays; Avorte, dans la Grande-Brière.
Mâcre, Châtaigne d’eau, (Trapa/ia/ans).— De mâcle?sorte de losange, terme de blason (Littréj. La fécule contenue dans le fruit forme un aliment peu recherché ; cependant les mâcres se vendent à Nantes, sur le marché, à très bas prix, il est vrai.
Mahot, (Typha angusti folia). (Voyez Pavée). — Les enfants mangent sous ce nom, la fécule contenue dans la racine.
(1) Abbé Toussaint. — Etude étymologique sur les Flores normande et parisienne. ExZr. Bull. Soc. Amis Sc. nul. Rouen 190p,
Moutine, (Carex stricto). — Cette plante forme dans les près marécageux des « mottes » de 0 40 à 0 50 cent, de haut. Ces mottes servent de tabourets ou de combustible. On en voit souvent à la porte des chaumières (voir phot. ), ce sont les Cônes de marais “ Riedkegel ’^des Allemands.
Nappe, (A /opecurns geniciilatus). — Forme sur les eaux des « nappes » assez étendues.
Pavelle, Panet, Nymphæa alba. — Probablement : Pavelle, du vieux français pavait, pavois — bouclier ; de la forme des feuilles, d’où par corruption à Sucé près Nantes, on a fait parelle, nom généralement appliqué aux oseilles ou patiences sauvages (Riimex) ; Panet pourrait venir de panier (corbeille à pain, Littré Dict.) ; les feuilles sont parfois relevées par les bords.
Pavée, {Typha angustifolia). — On se sert des feuilles pour joncher les rues au passage des processions, pour faire « la Pavée » (Paviô dans les Bouches-du-Rhône).
PapivotteSi {Hydrocotyle viilgaris). — Ce nom est appliqué au lac, d’une façon générale à toutes les feuilles rondes, Hydrocharis, Limnanthemum et même P mbilicas pendulimis {pXonie terrestre).
Altération probable de Papillotte, ancienne forme du mot « Papillon » (Littré), et qui signifie aussi : paillettes d’or et d’argent semées sur les étoffes.
Pensacre, Pimpin, (Œnanthe crocata). —(Littré n’en donne pas l’étymologie). Plante très vénéneuse qui ne croît pas dans le lac proprement dit, mais seulement clans les fossés de l'Ancien rivage, cause souvent des accidents mortels au bétail surtout lorsque ses tubercules à suc jaune (d’où crocata Crocus, safran) sont mis à nu par le curage des fossés.
Piche, {Carex stricto). Voyez Moutine, Guizelle. — Piche est le nom du C. stricto à Saint-Lumine.
Plarts ou Pelarts, ^ Myriophyllnm speciesK Le Plart vert (M. spicatiim) est le Plart à Margans, nom vulgaire d’une Anguille.
Le Plart rouge {M. alterniflorum) est le Plart à Brochets.
Ce mot de “ Pelart ” semble venir du vieux français peler, ôter le poil, pelare, peler un cochon ;
Les Myriophyllum, d’abord très couverts de feuilles fines, perdent ces feuilles à l’arrière saison et deviennent ainsi “ pelés ”.
Rouambe ou Rouombe, (Rumex Hydrolapathum{. — Etj^mologie inconnue. Ch. Royer, cite le nom de Rouandre, usité dans la Côte d’Or pour désigner certains Rumex.
Sarts, (Characées). — Toutes lesCharacées sont, au lac, des ô'arfs, synonyme de “ Varech ”, d’après Littré.
Subléreau, Subiéreau, {Equisetiim limosum). — Du vieux français “subler” siffler. On fait des sifflets avec les tiges creuses.