A. — LIMNÉES
Les Limnées habitent les plus grandes profondeurs : (1“50 à 2™ en été). Très peu des plantes' qui composent ce groupe s’aventurent près du rivage où cependant quelques unes sont surprises, parfois, par le dessèchement estival. Les Naias n’’y paraissent jamais ; les Characées atteintes par le dessèchement y meurent. Les Limnées sont toutes enracinées dans le sol (Beiithos).
Ce groupe comprend trois Associations : (1)
a) Characetum :
Chara, Niiella, Isoeies echinospora, Naias major et minor.
Ainsi que nous l’avons vu plus haut, ces plantes doivent se contenter, pendant une grande partie de leur période végétative, d’une lumière diffuse assez faible, puisqu’elles sont recouvertes de 1 à 2 mètres d’eau ; elles doivent, d’autre part, résister, lors de la baisse des eaux, en été, à l’élévation de température résultant de réchauffement du sable et de la réfraction de la lumière produite par les plages voisines, car de Juillet à Septembre elles ne sont guère recouvertes, le plus souvent, sur le Bas-rivage, que de 20 à 50 centimètres d’eau. C’est cependant l’époque de la fructification pour la plupart d’entre elles. Aucune ne supporte un assèchement complet.
Le développement du Characetum s’observe sur les rives orientales et méridionales. Il est à peu près exclu de la rive occidentale par l’activité de la concurrence vitale qui y règne. Ses associés ne peuvent se développer complètement que dans des Associations ouvertes.
(1) Dans mon Etude sur Belle- Ile- en- Mer, j’avais crû devoir adopter la terminologie française du Professeur Magnin : Phraqmitaie, Scirpaie, etc. je crois, aujourd’hui, préférable de revenir à la terminologie latine du Professeur Schrôter et de dire : Phragmitetum, Scirpetum. En effet, la première ne sera pas adoptée davantage que la seconde par les populations locales et cette dernière présente l’avantage d’une compréhension imiverselle
ÉCOLOGIE BIOLOGIQUE
b) MyriophYlIetum :
Myriophyllum alterniflorum, M. spicatum, Poiamogelon perfoliatus, P. lucens, P. Zizii.
Adaptées, comme les plantes ù\xCharacetiim, aux grandes profondeurs, mais flottantes et venant fleurir et fructifier à la surface; feuilles ordinairement toutes semblables, non différenciées.
Le Myriophyllum aile rniflor uni forme à l’arrière saison, associé à plusieurs algues gélatineuses un “ Magma ” très complexe, au sein duquel la température s’élève sensiblement et qui doit contribuer puissamment à la formation de l’humus. M. l’abbé Hy qui a bien voulu examiner ce “Magma” y a reconnu, en suivant l’ordre d’abondance dans l’échantillon: Nostoc rivu- (( lare, Chroococcus sp. Glœotrichia Pisum, Chætophora luberculala. La masse « est enchevêtrée, en outre, par les filaments de divers Œdogonium et « Cladôphora. Enfin on y trouve, englobée, une foule énorme de petites « espèces, appartenant aux familles des Diatomées et Desmidiées. Ces « dernières surtout, sont richement représentées dans les genres : « Staurastrum, Cosmurium, Xanthidium, Euastrum, Micrasterias, Closterium, « etc., mais toujours par des types extrêmement réduits, ce qui, joint à « l’aspect un peu maladif de tout l’ensemble, paraît résulter d’une aéra- « tion insuffisante (1). »
L’étude de ces organismes microscopiques rentre dans celle du Plankton, étude relativement neuve et qui, nous l’espérons, tentera quelque jour, au Lac de Grand-Lieu, les jeunes naturalistes.
Surpris par le dessèchement estival, les Myriophyllum tapissent souvent V Heleocharelum d’un petit gazon de feuilles épaissies, pennées, appliquées sur la terre ; le Poiamogelon perfoliatus présente aussi une forme des lieux quasi-asséchés. Je n’ai jamais vu le P. lucens dans de telles conditions.
c) Nympheetum :
Nymphæa alba, Nuphar luteum, Trapa natans, Potamogeton natans, P. Zizii.
En eau moins profonde que les deux Associations précédentes, le Nymphætum forme souvent de vastes plaines sur les eaux, bordant le Phragmitetum vers la zone centrale. Il se compose d’espèces venant fleurir à la surface, caractérisées par des feuilles flottantes différenciées, épaisses, fermes, coriaces, pour résister aux mouvements de l’eau et dont la cuticule, très luisante, riche en matières grasses, ne garde pas l’eau ; stomates occupant surtout la face supérieure des feuilles.
Hôte accidentel : Limnanihemum nymphoides.
B. — OLIGORHIZÉES.
Les membres de ce groupe se contentent d’eaux moins profondes que les Limnées ; il correspond en partie au Pleuston : végétaux
(1) Abbé Hy (in litt).
flottants, non enracinés dans le sol ; mais, au Lac de Grand-Lieu, on y voit aussi des plantes à racines rudimentaires ou dépourvues de coiffe ou de poils absorbants, la plupart avec feuilles flottantes différenciées. Les Oligorhizées sont très fréquentes, à la partie inférieure des affluents, sur leurs bords ou au pourtour intérieur du lac, devant le Phragmitetum, le plus souvent sur fond vaseux.
Deux Associations :
a) Hydroeharetum :
Hydrocharis Morsus-ranae, Lemna spec., plur. Utricularia vulgaris, U. neglecta. Limnanthemum nymphoides.
Bords des affluents et pourtour extérieur du Phragniitetiim.
b) CeratophYlletum ;
Ceratophyllum demersum, Elodea canadensis, Potamogeton (sect. Chloephylli) : P. acutifolius, P. obtusifolius, P. trichoides, P.pusillus; Naias major, N. minor, Utricularia minor.
Hôtes accidentels : Potamogeton heterophyllus, P. Zizii, Myriophyllum alterniflorum et plusieurs Characées.
Association très répandue dans le lac et dans le cours inférieur des affluents, avec des profondeurs extrêmement variable en été (0"^50 à 2"^).