SCÈNE III
Les Même» CHIFFINCH.
chiffinc.B, au fond. Sire !
le roi. Ah! c’est loi, Ghiffinchl ch bien?
ClllFFiNCH. Miss Sarah et sa (ante arrivent à l'instant même à Windsor.
LE DUC, à part. Sarah à Windsor ! Sarah ici ! Ah ça, niais cet imbécile de Jerningham a donc échoué ?
le roi. Et qui les a amenées ?
CHIFFINCH. Madame Ghiffuich, sire.
le roc El la jeune fille consent à tout?
CHIFFINCH. A tout, sire. Mais il était temps que j'arrivasse... encore un peu, et l’on privait votre majesté de la joie de faire une bonne action.
le ROI. Que veux-tu dire?
chiffinch, regardant le duc. Oui, un grand seigneur, dont j'ignore le nom , avait donné des ordres pour faire enlever cette jeuue fille.. . Heureusement, je suis arrivé à temps, et je l'ai tirée des mains de ses ravisseurs.
LE roi. Comment! en plein jour, il se passe des choses pareilles dans ma capitale ! Buckingham, vous manderez le chef de la police , et vous lui recommanderez de faire un peu plus consciencieusement son état.
le duç. Sire , aussitôt mon retour à Lohdres, je m'empresserai de lui faire part des griefs de votre majesté ; mais serait-il indiscret de ‘demander au roi ce qu’il compte faire de celte jeune fille, de la vertu de laquelle il prend tant de soin?.
LE ROI. Miss Sarah Duncan est d’une vieille famille royaliste. Georges, nous avons trop longtemps négligé ces fidèles serviteurs qui , à I époque du danger, se sont montrés si dévoués... il est temps qu? les récompenses
aillent les chercher dans l’obscurité où leur | modestie les retient, et où un ingrat oubli les avait laissés. Miss Sarab sera attachée à la reipe. Elle épouse un jeune Ecossais, neveu de ce brave laird chez lequel nous avons | trouvé l’hospitalité le surlendemain de la bataille de Worcester. Te rappelles-tu ?
LE duc. Parfaitement ; sir David Mac Malion de Susquebaugh.
le roi. C’est cela, justement 1 le nue. à pnrt. Mon Ecossais damné se sera décidé, malgré sa promesse.
le roi. De cette façon je récompense d'un seul coup les services de deux familles dé- | vouées. Hélas! si j'avjis fait plus souvent de : ces 1 H) ri ues actions-là, Buckingham, au lieu i de suivre tes mauvais conseils , je ne serais j pas de moitié dans les malédictions qu’on te donne. Heureusement que je suis d’àge à me repentir, et qu’il u’y a pas encore de temps perdu.
le DUC, avec ironie. Je vois avec plaisir, ; sire, que vous êtes sur.la route du salut , et ! qu'il ne vous reste plus qu’à persévérer... i D’ailleurs, l'honorable ChifTinch est là pour soutenir votre majesté dans cette vertueuse résolution, si votre majesté se sentait faiblir.
CHIFFINCH , saluant humblement. Je suis on ne plus reconnaissant à sa grâce de la bonne opinion qu'elle a de moi.
le DUC. Et quand le mariage aura-t-il lieu, aire?
le ROI. Aujourd'hui même, mon cher duc. i le DUC. Aujourd'hui même !... Votre majesté est bien pressée... de faire sa bonne | action.
le roi. Dois-je hésiter quand il s’agit du bonheur de mes sujets?...
le DUC. El d’une jolie sujette...
I.e roi. Laide ou jolie, qu’importe?... la vertu est toujours belle.
le DUC. Sans doute. .. votre majesté ne voit | que la vertu. . . Votre majesté est si vertueuse. ..
LE roi. Ce soir, en sortant de la chapelle, lady Dnmbiky sera présentée à la reine.
le duc. En grande présentation?
LE roi. Oh! non, en petit comité; par le gentilhomme de service, tout simplement CHIFFINCH. Mais votre majesté pourrait rendre plus grande encore la récompense qu’elle accorde à la vieille loyauté des Dumbiky et des Duncan , en chargeant de cette présentation le gentilhomme le plus élégant, le plus spirituel et le plus noble de la cour... j'ai nommé le duc de Buckingham.
le DUC. Mille remcrcîments , monsieur Chilliuch; je vois que décidément vous tne protégez.
chiffinch. Je vous rends la pareille, mvlord.
le roi. Tu as| pardieu raison, ChifTinch... :
Mon cher Georges, c'est toi qui présenteras Sarah Duncan à la reine.
LE DUC. Je suis entièrement aux ordres de votre majesté. .. seulement, puisqu’elle m'interdit de retourner à Londres, elle me permettra bien de faire parvenir une lettre à mon homme d'afl'aircs.
le roi. Va, Georges, va... mais reviens vite. . Tu ne quittes pas Windsor, surtout?
LE DUC. Non, sire ; et dans quelques minutes je suis ici... ( A pari. ) Ce misérable ChifTinch l’emporte encore... mais j’aurai mon tour.
11 tort.
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