MOUILLAGE OU ADDITION D*EAU AU LAIT
payent cette eau de mouillage, au prix du lait, dépensent de ce chef, en trop, 250.000 francs par an.
Il ne sera pas facile, observe Charles Cassai, de réprimer la falsification du lait dont la pratique est bien simple et donne beaucoup de profit.
En admettant que le détaillant achète le lait à 1 shilling par gallon (4 litres 1/2) et qu'il le débite à 4 d. le quart (fi litre), son profit légitime est 4 d. par gallon; mais, en y ajoutant 1/8 d'eau, il compose 9 pintes de chaque gallon; donc son profit est monté de 4 d. à G d. ce qui est un profit net de 50 pour 100. Il est donc à môme de payer des amendes et de ne pas abandonner sa fraude.
Pour donner une idée du bénéfice que les marchands peuvent réaliser en fraudant le lait, même dans de très faibles proportions, Gh. Girard suppose que sur les 250.000 litres consommés à Paris, 100.000 seulement soient mouillés d'une façon bien modeste à 5 pour 100 par exemple. Ce mouillage représente 5000 litres d'eau vendus journellement comme du lait. En calculant leur valeur sur le prix de 20 centimes, ces 5000 litres d'eau représentent un bénéfice de 1000 francs par jour et de 365.000 francs par an.
MOUILLAGB OU ADDITION d'eAU AU LAIT. — L'cxtrôme
simplicité de cette fraude, les grands profits qu'on en retire expliquent pourquoi les marchands peu scrupuleux de toutes les contrées l'emploient de préférence à toute autre. Avant d'être rendu à la maison du consommateur, surtout dans les grandes villes, le précieux liquide passe entre les mains d'un grand nombre d'intermédiaires, depuis celui qui le recueille au pis de la vache jusqu'à celui qui le distribue à domicile. Ces nombreux changements sont souvent l'occasion d'autant d'altérations successives. Rien de plus typique
FALSIFICATIONS DU LAIT
fiiits signalés par exemple pour Paris par le direc- Laboratoire municipal.
1 diverses fraudes chez le fermier et les magasins des de réception, dit Gh. Girard, le lait arrive aux gares 9, entre deux et trois heures du matin. Là, lesgartiers des diverses compagnies en prennent livraison re leurs distributions. Pendant leur voyage nocturne 78 Paris, plus rarement aux gares, les garçons laicachètent tes bidons et transvasent le lait dans des ntenant de l'eau. Malgré les défenses faites par les nies, un grand nombre de voitures de laitiers, coni des bidons d'eau destinés, dit-on, à équilibrer la jfl la voiture ou à faire boire le cheval, e souvient, sans doute, des laitiers de la gare des lUes. Une première fois, en 1881, les garçons laitiers surpris puisant à la fontaine une bonne partie du lait
à leurs clients. Dans leur effarement, ils vidèrent si lent les bidons qui contenaient le lait mouillé que le 1 débordait sous ce déluge de liquide blanc. Les , peu nombreux n'avaient pu opérer que sur un petit
de voitures. En 1833, ils prirent une éclatante le : cette fois, ils étaient en nombre. A un signai 1, la tête, le milieu et la queue de la colonne des i des laitiers furent arrêtés à la fois par les commislu laboratoire, assistés d'agents de la siireté. En emps, plusieurs escouades de gardiens de la paix se aient à l'entrée de la gare pour prêter main forte, rçons laitiers étaient absolument consternés. Tout se ans le plus grand ordre. Cinquante garçons laitiers pris; une centaine de bidons d'eau restèrent sur le 1 de la gare et furent mis en fourrière.