HBURB DB LA TRAITE
giandes mammaires, où il demeure plus oa moins adhérent. Un liquide moins riche en matière grasse, mais de composition plus homogène, s'accumule dans les conduits plus volumineux. Ge liquide sort le premier, tandis que le lait plus ridie en beurre ne sort qu'après une succion plus prolongée.
Heure de la traite. — Il résulte des travaux de Wolf, Kœnig, Scheven, Alex. Muller, Bouchardat et Que- Tenne, Eisenstuck, Gameron, Baedeker, Wicke et Struckrnann que le lait du matin, en hiver, qui a séjourné beauconp plus longtemps dans les mamelles de la vache, contient plus d'eau et moins de beurre que le lait du soir. Pour Truchot ces résultats ne sont point constants, et on le comprend aisément. A part le séjour du lait dans les mamelles, il faut tenir compte des autres conditions hygiéniques, surtout alimentation, qui ne sont pas les mêmes à toutes les heures delà journée. En séparant à douze heures de distance, la traite du matin de celle du soir, on obtiendra toujours une composition identique, si les conditions hygiéniques de l'animal ont été absolument identiques. Dans les deux périodes qui ont séparé les heures des traites, J. Roux donne pour les laits du matin une densité de 1032 ; ceux de la traite du soir ont, presque tous, une moyenne inférieure à ce chiflfte.
D'après Reiset ^ un fait digne d'intérêt s'observe chez les vaches, suivant qu'elles sont au milieu de l'herbage, en pleine pâture, ou bien rentrées la nuit à l'étable et privées d'aliments. Dans le premier cas, l'influence de l'alimentation est tellem ent immédiate, que l'on reçoit un lait sensiblement plus riche que dans le second cas. Il y a donc perte à éloigner la traite du moment de l'ingestion des aliments.
^ Beiset, Recherches sur V agronomie^ Paris, 1863.
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Fréquence des traites. — D'après R. Lami, Wolf et Fleischmann, la fréquence des traites augmente la proportion totale du lait et la richesse de ses principes solides, surtout du beurre.
Chez la femme, dit Jacquemier, la quantité de lait sécrété se met, en quelque sorte, en rapport avec la consommation faite. Un enfant fort, d'un grand appétit, qui tette souvent, et vide complètement le sein, sans toutefois fatiguer la nourrice, porte la sécrétion au plus haut degré d'activité qu'elle peut atteindre, et reçoit le lait dans les conditions où il est riche en principes nutritifs. Par contre, un enfant peu développé, faible, laissant, chaque fois qu'il prend le sein, une plus ou moins grande quantité de lait séjourner dans les mamelles, n'en prend que la partie la plus séreuse, et réduit bientôt la sécrétion dans la proportion de ses besoins.
MuLTiPARrrÉ. — Le lait des multipares est plus abondant et plus riche en beurre et en sucre que celui des primipares de même âge.
Influence de la gestation. — La grossesse survenant dans le cours de l'allaitement, dans l'espèce humaine, amène dans les premiers mois, une diminution légère de la sécrétion lactée. Cette diminution s'accentue ensuite rapidement, et le lait finit par disparaître.
Chez les animaux, la fonction mammaire est plus active et ne cesse que peu de temps avant un nouveau part. Les vaches pleines continuent à donner du lait, au moins pendant huit mois et demi ; même remarque pour les ânesses et les chèvres. Les juments poulinières menées à l'étalon huit jours après le part, ne sont pas forcées d'interrompre Tallaitement des poulains. J'ai fait couvrir, avec succès, des lapines, deux jours après le part, et elles ont continué d'allaiter
INFLDENCB DE LA. OBBTATION 117
. leurs petits, pendant dix-huit Jours, coDome les Temelles qui
fl'àaient pas pleines.
I L'inâuence de la ^«station sur les qualités du lait n*e8t
I pas Lien connue. Comparant le lait de 20 vaches pleines â
«lui de 20 vaches non pleines, Vernois et Becquerel con-
dnent de leur travail que la gestation n'a d'ioâueuce mani-
feite que lorsqu'elle approche de son terme : le lait serait
, alors plus rare et plus concentré (34,74 parties d'extrait
3« pour 1000 au septième mois, au lien de 13 à 14 parties
joBqa'au sixième mois).
Udareau a constaté qu'en pareil cas la principale différence porte sur la proportion des phosphates, notablement iûKrieure à la moyenne habituelle.
D'après Weber, médecin véténnaire distingué, uu certain iiDDibre d'analyses faites sur les laits provenant de vaches en gestation, de vaches non pleines, et de vaches châtrées canSnnent les données précédentes. Le lait le plus riche a tonjDura été fourni par une vache pleine de six à sept mois i le Isitde la vache châtrée venait ensuite, et le lait de vache non pleine en troisième ligne. La gestation améliore gradneilement le lait en diminuant sa quantité.
Chez la femme, Vernois et Berquerel ont trouvé, dans un wsdo grossesse de trois mois, augmentation des principes ^des. Bouchut dans un autre, a rencontré une diminution ifu chiffre des globules.
Ua cas de grossesse survenant dans le cours de l'allaitement ne sont pas très rares. Robarton (de Manchester) est wrivé à cette conclusion que, sur 100 femmes, 50 conçoiveat dans le cours de l'allaitement. Lajcock, sur 135 femmes «Aservées ayant 6iil 766 allaitements, a relevé SOO grossesses S'ant le sevrage du nourrisson, soit 27 fois sur 100; chez
i 18 INPLUBNCB8 PHYSIOLOGIQUES
19 de ces 135 femmes, la conception durant rallaitement était la règle. Ces recherches statistiques ont besoin d*être i conûnnées par de nouvelles observations pour arriver à des moyennes satisfaisantes. Après avoir étudié un grand nombre de lactation prolongée, Sinclair a cru devoir conclure que : 1^ La lactation prolongée tend à empêcher la conception en retardant le retour des ovaires à un état qui permette à Tovulation de s'accomplir normalement; 2^ après le sevrage, l'évolution des ovaires est beaucoup plus rapide que pendant la lactation ; 3^ la cessation brusque d'une lactation prolongée peut être suivie d'une évolution des ovaires et de l'utérus si rapide, qu'elle détermine des symptômes de congestion ovarienne et utérine, etc.
J'ai très souvent observé ces cas de grossesse survenant dans le cours d'un allaitement. J'ai même connu une femme < de trente-deux à trente-quatre ans qui n'avait jamais été i réglée. Après la première manifestation de la puberté, s'étant ; mariée aussitôt après les premières époques menstruelles, \ de fort bonne heure par conséquent, comme c'était la cou- ,■ tume habituelle en Syrie, il y a quelques années, elle était t devenue immédiatement enceinte et avait nourri son enfant, j Depuis les grossesses et les allaitements s'étaient réguliè- ] rement succédé sans jamais laisser, durant un espace de \ plus de vingt ans, l'écoulement cataménial se rétablir de nouveau. !
L'apparition d'une grossesse dans le cours de l'allaitement . est fâcheuse pour la mère et pour l' enfant. Elle devient pour sa mère, une cause sérieuse d'affaiblissement, si elle n'inter- ; rompt pas la lactation. On a cru qu'elle exposait nécessairement, l'enfant à la diarrhée, aux convulsions, et entravait son développement. Des recherches récentes de Gust. Poirier ]
MENSTRUATION PENDANT L'AI.LAITEUENT HQ
(1890) démontrent que 75 pour 100 des nourrissons reetent dans les conditions d'une bonne santô et d'un accroissement r^ulier. Avec Lamotte, Puzos, Tarnier, Delore et la plupart des accoucheurs, [malgré l'assertion contraire de van Swieten et Joubert, il faut regarder la grossesse comme cause d'interruption de l'allaitement, dans l'intërêt surtout de la noarrice, sans attendre, comme le conseille Jauzion, le quatrième ou le cinquième mois. Lamotte, Puzos, van Swieten, Camérarius, Bouchut et d'autres auteurs citent, il est vrai, degiaits do femmes enceintes qui ont continué d'allaiter leur enfant Jusqu'au terme d'une seconde grossesse, mais de pareils cas sont exceptionnels et ne doivent point être pris pour exemples dans la pratique.
Menstruation pendant l' allaitement. — La proportion de femmes réglées pendant l'allaitement est do 33 pour 100 d'après Seux fils, et de 10,6 pour 100 pour Paye (de Chris- • tiania). Pour expliquer la différence considérable qui existe entre les résultats obtenus par ces observateurs, Depaul et tinéniot supposent que Seux fils aura comptécomme femmes r^lées toutes celles qui lui ont affirmé avoir eu quelque apparition sanguine dans le cours de l'allaitement, tandis que Faye n'aura rangé dans cette catégorie que les femmes chez lesquelles l'écoulement avait été répété et assez abondant.
Chez les nourrices de la campagne venant habiter les villes. Donné croit que le retour prématuré des époques est Avorisé par le régime abondant et substantiel qu'elles suivent ; en même temps, par la transition d'une vie active et en plein air à une vie d'oisiveté, sans exercice et renfermée.
Sur 685 nourrices interrogées per Majer, les règles sont revenues : chez S5,63 pour 100 dans les six semaines qui ont suivi l'accouchement; chez 20,4 pour 100 de la septième
INFLDENCBS PHTSIOLOalQUBS
le semaine ; chez 35, 84 pour 100 dans U reste de année, nourrices observées par Puech, le retour des
manifesté :
ProportioD
l Bpréa 1 moii et 10 jours 0.66
) — 13 — et plus tard 88,00
Qines loin des réaoltats de Boutequoy. Sur nourrices multipares, esamioées par cet autear,
t trouvé que 18 dont les règles auraient reparu premiers mois de l'allaitemeot. Chez les autres
tion anrait reparu :
Chez 18 de 6 ù S mois
— 22 de 8 à 10 —
— 39 de 10 à le —
— 88 de 12 à 15 —
— 197 seuleraeni après 15 mois.
y avoue la possibilité pour lui d'avoir été induit plusieurs de ces femmes, craignant que la a, pendant l'allaitement, ne fût un motif de refus, lelque hésitation à lui répondre.
MBNSTKUATION PENDANT L'ALLAITEMENT
Chez les multipares, la menstruation absente ài
premiers allaitemenlB paraît quelquefois dana les suiva
Sur 125 femmes examinées par Pa^'e, 40 étaient i
et 85 filles.
6T ont été réglées pondant la lactation après la 1 " gros»
La reprise des rapports sexuels favorise le retou menstFuation et de l'ovulation. Aussi les femmes q perdu lenr mari vers la an de leur grossesse, celles qi dÎTersee raisons sont séparées tnoraentaDément de leu pendant la période do lactation, peuvent allaiter p dix-lmit mois ou deux ans et même davantage sans leurs règles. Boutequoy cite des nourrices qui ont p tinuer l'allaitement pour divers enfants pendant cinq consécutives. J'ai connu une femme qui a pu, pour le motif, nourrir successivement, jusqu'à l'époque du se trois nourrissons du même lait.
Le nombre des primipares réglées pendant l'allai' est dune considérable, et, chez 45 pour 100, le reto eoaches se fait avant la douzième semaine consécv l'accouchement. Cette fréquence relative oblige à ( l'influence exercée par la menstruation sur la séi lactée et sur la santé de la nourrice et du nourrisson.
Effets de la menstruation sur la sécrétion laci Les coDDexions intimes des glandes mammaires et de 1' expliquent pourquoi toute fluxion produite sur les pre
122 INPLUE.fCBS PKYSIOLOalQUES
retentit nécesBairement en eens inverse sur le second, et réciproqnement. Il faut donc établir des catégories biM distinctes dans les nourrices, et séparer celles chez lesquelles la diminution de la sécrétion lactée a précéd4 le retour des r^les, de celles chez lesquelles cette sécrétion continue à être abondante malgré la menstruation. Dans le premier cas, le retour des règles suffît en général à supprimer définitivement la fluxion mammaire. Dans le second, les Ûuxions se contre -balancent, mais le plus souvent la fluxion mammaire demeure plus accusée que la fluxion utérine. La perte Sanguine est diminuée de quantité, et, au lieu de revenir périodiquement à des époques régulières, elle se manifeste à de longs intervalles.
Chez les mères de famille, qui tenaient à nourrir ellesmêmes leur enfent, et étaient sujettes âdespertesabondantes, je me sais très bien trouvé de l'usage de l'antipyrine à la dose quotidienne de 1 gramme à Ik',50, durant l'époque cataméniale. Ce traitement exerçait une action très efScace en modérant l'écoulement sanguin.
Pendant l'époque menstruelle, la sécrétion lactée subit une diminution de quantité en rapport avec l'abondance du flux cataménial. Elle est légèrement altérée dans sa composition :1e lait se rapproche du coiostrum (Gendrin, R. Barnes), la proportion de crème diminue (Raciborski), la moyenne des globules graisseux s'abaisse (Bouchot), ainsi que celle du sucre ; les autres principes solides s'accroissent notablement, surtout la caséine (Archambault, Davis, Vemois et Becquerel).
Fleiscbmann note les mêmes modifications, dans le lait des vaches, et Marchand, dans celui des autres animaux, pendant le rut. Ce liquide aurait quelquefois, de plus, une tendance
MENSTRUATION PENDANT UALLAITEMBNT 123
à se cailler par Téballition, ce qui tiendrait pent^ôtre aa remplacement, signalé par quelques observateurs, en totalité ou en partie, de la caséine par une substance albuminoYde.
Effets sur le nourrisson, — Ces modifications du lait n'ont d'importance pour le cHnicien qu'autant qu'elles agissent sur la santé du nourrisson. L'enfant, dans mainte circonstance, représente un réactif plus délicat que les réactifs chimiques et peut révéler dans la constitution du lait qui lui sert d'aliment, l'existence d'altérations que les procédés chimiques ou l'examen microscopique seraient encore impuissants à démontrer (Depaul et Guéniot), ou à apprécier à leur juste valeur.
L'apparition des règles chez une nourrice ne semble avoir aucune influence sur la santé de quelques enfants, ils continuent à teter comme à l'ordinaire ; mais, dans la majorité des cas, certains troubles apparaissent. Pfeiffer résume ainsi ses nombreuses observations à ce sujet. Plusieurs jours avant le début des règles, les seins contiennent peu de lait, et le nourrisson a des selles rares, fermes, couleur jaune d'œuf, et sans mélange de flocons, ce qui est l'indice d'une alimentation insuffisante. Au moment de l'apparition des règles, ou déjà quelques heures ou même un jour auparavant, les seins se gonflent, leur lait est plus abondant, l'enfant s'agite, crie et a des selles plus fréquentes et plus liquides, tout d'abord encore jaunes, mais mêlées de flocons, et plus tard, verdâtres et presque diarrhéiques. Pendant ce temps» le poids des enfants augmente davantage que dans la période précédente, où parfois il a diminué. Les selles verdâtres mélangées de nombreux flocons sont assez communes chez les enfants qui tettent abondamment et prospèrent ; mais lorsque les évacuations d'un nourrisson présentent brusque-
ment ces caractères, il faut immédiatement soupçonner que la mère ou nourrice ya avoir ses règles, si elle ne les a déjà (Pfeiffer).
Aux symptômes précédents, il faut ajouter Tinsomnie, la pâleur des téguments et la tendance à Tanémie.
L'arrêt de croissance ou la perte de poids, revenant chaque mois à la même date, ont permis à Budin et à Segond d'acquérir la certitude que certaines nourrices, malgré leurs dénégations, avaient leurs règles.
La période menstruelle passée, tout rentre dans Tordre.
Gazeaux pense qu'un enfant nourri par une femme habituellement réglée court le danger de devenir rachitique : une certaine quantité de phosphate de chaux est expulsée avec le sang qui s'écoule de Tutérus, et si l'alimentation de la nourrice n'est pas assez chargée de ce sel, il pourrait se faire que le lait n'en contînt plus une proportion suffisante. Cette crainte me parait peu justifiée, au moins dans l'inmiense majorité des cas.
Effets sur la nourrice. — I^e retour irrégulier et peu abondant de la perte menstruelle, cas le plus fréquent, n'altère pas la santé de la nourrice. La scène change, si le retour périodique et abondant de la menstruation coïncide avec l'allaitement. Ici, la chandelle se consume par les deux bouts; la nourrice résistera un certain temps, mais dans cette lutte, elle doit inévitablement succomber, épuisée par cette double déperdition de forces.
Conclusion. — Le retour des règles est un phénomène fâcheux lorsqu'il apparaît dans le cours de l'allaitement, surtout au début, mais il ne suffît pas généralement pour qu'on l'interrompe, car il n'est pas réellement pernicieux pour l'enfant (L. Mayer, Becquerel et Vernois, Tarnier,