PASSAGB DANS LB LAIT DB DIVERSES SUBSTANCES
qu'on se trouve obligé d'administrer la quinine à des femmes nouvellement aeeouchëes, on peut facilement éviter ces accidents, soit en administrant (si cela est possible) la quinine aux repas ou avec quelque aliment, mais surtout en ayant le soin, trois heures environ après l'administration du médicament, de vider artificiellement le sein de la mère, afin que l'enfant ne puisse teter ce lait. On continuera ainsi pendant tout le tenips que la mère sera obligée de prendre de la quinine.
La rhubarbe et la gratiole (Oratiola officinalis L.). administrées à la nourrice, purgent aussi l'enfant (Gazeaux).
L'huile de ricin donne son odeur et son goût au lait de la mère, et purge l'enfant (Dolan).
L'action de Idi scammonée (Convolvulus scammonea L.) est variable.
Le séné communique son odeur caractéristique au lait, qui provoque des coliques aux enfants (Dolan) .
La térébenthine apparaît dans l'urine de l'enfant (Dolan).
Les chèvres qui ont mangé des feuilles de vigne ou ^'oseille ont un lait purgatif. D'après Adrien Sicard, cette propriété lui serait communiquée par la présence du carbonate de chaux.
Principes minéraux. — V. Tedeschi, Radier et Simon n'ont retrouvé Viodure de potassium, ni dans le lait de vache, ni dans celui de chèvre, ni dans celui d'ânesse. Strumpf en a reconnu des traces.
Uiode n'apparaît dans le lait que quatre-vingt-seize heures après son ingestion. Uiodure de potassium, donné à la dose de 2s',50 par jour, y paraît quatre heures après son ingestion (Lewald). L'élimination parait être plus lente chez l'enfant que chez la mère (Fehling). Chez l'enfant, l'élimination dure soixante-douze heures ; chez la mère, quarante- quatre heures
138 INFLUENCES PIITSIOLOOIQUES
Au bout de vingt -quatre heures, le lait contient encore de l'iodure de potasBium.
D'après Fehlîng, Viodaforme passe aussi, même en très petite quantité, par la glande mammaire, même dans le cas où il a été employé, chez la mère, pour pansements vulvaires ou vaginaux. On a traité avec succès des enfants rachitiques, eu faisant prendre à leurs nourrices de Yiodofortne à la dose de 1 gramme par jour sous forme de sirop, et des enfants syphilitiques en donnant à la mère de l'iodure de potassium (Lazansky). L'iode ne figure pas dans le lait à l'état d'iodure, mais combiné avec la caséine; sa quantité n'est pas en proportion fixe de la dose ingérée, mais elle oscille dans des limites assez étendues (Stumpf).
Le passage du fer dans le lait, nié par Hamier, Mondes de Léon et Simon, a été reconnu par Lewald, Marchand, Chevallier et Henry, Rombeau et Roseleur, Bristow, Tédeschi, Hosaus, Bistrow, etc. Il est plus facile avec la limaille de fer qu'avec le lactate et les autres préparations.
Ce métal se fixerait sur la caséine et favoriserait la sécré" tion du lait.
Le zinc. — Un gramme d'oxyde de zinc, d'après Lewald et Harnier, se retrouve dans le lait au bout de quatre à huit heures ; de même que le fer, il disparaît très vite, car, au bout de soixante heures, il n'y en a plus trace.
Jj'arsentc signalé dans le lait en 1858 par Spinola apparaît dans ce liquide au bout de dix -sept heures, et son élimination n'est complète qu'en soixante heures (Lawald). Dans certains traitements vétérinaires, où l'araenic est administré i doses assez fortes, les propriétés toxiques du lait peuvent persister plus de trois semaines après la suspension du médicament (Hertwig).
r^'^'*^^ffre*f'
PASSAOB DANS LB LAIT DB DIVBRSBS SUBSTANCBS 139
Y. Tedeschi n'en a point cependant trouvé trace dans le lait d'une ftnesse qui, soumise à dose croissante au traitement arsenical était arrivée à en absorber du trentième au quarante-deuxième jour la somme de 15 centigrammes par jour. Ewald ne l'a pas non plus trouvé dans le lait d*une femme qui prenait depuis quatre jours, quotidiennement 6 milligrammes de cette substance ; mais Dolan a obtenu un résultat positif, chez une nourrice qui en absorbait 12 milligrammes par jour. Brouardel et Pouchet administrant à des femmes nourrices de la liqueur de Fowler, sans jamais dé passer la dose de 12 gouttes (5"«,217) à laquelle on n'arrivait que progressivement, ont toujours constaté dans le lait la présence de l'arsenic *. Dans une de leurs expériences, la quantité d'arsenic contenue dans 100 grammes de lait (après que l'absorption de la liqueur de Fowler eut été continuée pendant six jours à la dose de 12 gouttes par jour) s'éleva à 1 milligramme environ; or, la quantité de 15 centigrammes, suffisante pour déterminer la mort d*un adulte du poids moyen de 70 kilogrammes (soit 2°'*,14 par kilogramme de poids) correspond à une proportion de 6 à 8'"»,50. pour un enfant de 3 à 4 kilogrammes. La médication arsenicale est donc contre-indiquée dans la plupart des cas chez les nourrices.
L'antimoine passe d*autant plus facilement dans le lait et en disparaît d'autant plus promptement, qu'il est donné 80US une forme plus soluble (Lewald).
l^ plomb, administré à petites doses, ne passe dans le lait
i Brouardel et G. Pouchet, Un enfant à la mamelle peut-il être intoxiqué par le lait de sa nourrice, lorsque celle-ci prend une préparatioa arsenicale? (Annales d^ hygiène publique et de médecine légale, 3e série, t. XIV).
qu'à rétat de traces. L'élimination du plomb par les glandes mammaires persiste quelque temps après qu'on a suspendu l'administration des préparations plombiques (Lewald, Stumpf).
Le cuivre. Il n'existe pas de fait certain d'élimination du cuivre parla voie mammaire (V. Tedeschi).
Le bismuth passe par le lait, mais en très petite quantité (Lewald). Dans un cas, Chevallier et Henry ont trouvé ce métal en si forte proportion dans le lait que, lors de la calcination du résidu dans un creuset d'argent, ce métal devint cassant et friable par suite de son alliage avec le bismuth.
Le mercure. Des chimistes éminents, Péligot, Chevallier et Henry, Harnier, Dolan n'ont pu trouver le mercure dans le lait. Kœhler pense qu'on l'y retrouve seulement après intoxication : cependant il a été constaté hors ces cas par Personne, Lewald et Réveil. On sait d'ailleurs que les enfants syphilitiques guérissent parfaitement quand leur nourrice est soumise au traitement mercuriel. Labourdette et Bouyer ont fait à volonté du lait mercurialisé. Orfila a cité des faits de stomatite mercurielle chez des paysans qui avaient pris du lait d'une vache soumise à des frictions hydrargyriques pour la destruction des tiques. Fehling a vu que le passage de ce métal dans le lait est très faible et très irrégulier. Tel est probablement le motif des résultats contradictoires obtenus par les expérimentations.
Principes divers. — Uacide salicylique, et le salicylate <ig «ot^rfe administrés à fortes doses, n'apparaissent dans le lait qu'en petites quantités; la proportion est toutefois plus forte chez l'homme que chez les herbivores. Ils diminuent la sécrétion lactée et la rendent plus alcaline StumpO. Herdeyen, Hôrder, Fehling, Pauli arrivent aux
PASSAGE DANS LE LAIT DE DIVERSES SUBSTANCES m
mêmes conclusions. Administrés par la bouche, à la dose de i à 3 grammes, ces composés ne se trouvent que rarement dans le lait, mais constamment dans l'urine de l'enfant, et pendant un temps qui varie depuis une heure après l'administration du médicament, jusqu'à vingt-quatre heures. C'est peut-être l'explication des insuccès de Richter et de Woodhule qui les ont recherchés dans le lait seulement. Toutes les fois que l'enfant a été mis au sein trop tôt après Tadministration du médicament, on n'en a pas trouvé trace dans ses urines. L'élimination finissait en môme temps che? la mère et chez l'enfant (Schling).
Le borax (Harnier), le carbonate et le bicarbonate de soude, le sulfate de soude paësent dans le lait. Les auteurs sont unanimes à cet égard.
Le chlorate de potasse a été aussi retrouvé dans le lait. Le bromure de potassium donné dans un cas d'épilepsie à la mère, provoqua des phénomènes d'amaigrissement prononcé chez le nourrisson et fut retrouvé dans les urines. Duncan-Bulkley prescrit Vacétate de potasse aux mères dont les enfants ont de l'eczéma. Dolan a vu le bicarbonate dépotasse donné à la mère, produire chez l'enfant une augmentation sensible de la sécrétion urinaire.
Le carbonate d* ammoniaque passe dans le lait (Dolan).
Le sulfate de magnésie également (Harnier). Mais ^.Tedeschi n'a retrouvé, dans ce liquide, ni la magnésie, ni le carbonate de chaux administrés, pendant vingt jours, à une ânesse, la première à la dose quotidienne de 12 grammes, le second à celle de 10 grammes.
Par le phosphate de chauœ basique, à une faible augmentation de phosphates, du sucre de lait, ainsi qu'à une surélévation exclusive du beurre, correspondent d'autre part, une
INFLUENCES PHYSIOLOOIQDBS
ble des gaz, et surtoat une réduction coasi- I tiers, du volume de la sécrétion. Physioloeut alors la comparer à celle des femmes it rare et concentré : d'où insuffisance réelle ae chiffre alimeotaire d'ensemble (Gautrelet). paraît dans quelques cas avoir influencé ères ont pu absorber sans inconvénient des I li^,50 à 3 grammes et jusqu'à 4 granomes, ' jour. Les enfants n'ont présenté ni sommeil ouble digestif, ni ictère, lorsqu'un intervalle demie à deux heures séparait la teiée de du médicament; mais, dans le cas od la tetée ochée, trois quarts d'heure par exemple, il 7 ion chez l'enfant ou de la prolongation du donc lieu d'observer certaines précautions, les enfants sont faibles (Fehling).
38 à'E. Pinzani démontrent le passage con- : de Yantipyrine administrée aux nourrices, ssez forte pour produire des troubles pathonourrissons, et pourrait être employée pour E certains effets thérapeutiques.
oût 1880 interdit la vente en Italie du lait de lités avec des substances toxiques à action
lit de ces relatiooa. Après quelques scènea assez iiitre les époux, il fut convenu que la coDCubine r Paris et que reofaot serait mis en nourrice sinage, où le père pourrait surveiller son éducant, Sgë de trois mois, était très bien portant, nére quitta Paris et vint le visiter. L'aubergiste,
l'arrivée de cette fille, se rendit aussitôt dans la a nourrice. Mais sa femme qui surveillait toutes hes, y arriva presque aussitôt que lui, et faillît re en flagrant délit. Cet homme, s' étant promptefé, sa femme, outrée de colère, reprocha avec i concubine sa conduite inconvenante et s'emporta rapper. Quelques instants après son départ, la li avait assisté k ces scènes do violence, toute et hors d'elle-même, donna le sein à l'enfant qui ae à l'ordinaire. Dès le soir même, il fut agité et ' efforts pour vomir. Le sommeil fut fréquemment
Le lendemain, il était pâle et ne téta qu'avec , Au bout de quatre jours il s'éteignit sans offrir nés de maladie qu'une très grande faiblesse.
iourant de 1832, le feu prit à une maison située imune de Saint-Jean-de-Bassel (Meurtbe) et se i bientôt à deux autres maisons voisines. Une e, nourrice, qui demeurait vis-à-vis des bâtidiés, sortit de chez elle et apercevant tout à coup I qui menaçaient son habitation, fiit saisie de tomba évanouie. Au bout de quelques instants, élever et prendre quelques gouttes d'eau-de-vie. 'on s'occupait à éteindre le feu, cette femme, ;rande faiblesse, resta avec son mari à observer ïujours menacée par les flammes. Les cris de son
IMPRESSIONS MORALES. COI.isRB 145
enliiit, âgé de quatre ou cinq mois, l'obligôrent à reotrer càez elle. Sans avoir égard à l'état de faiblesse et de frayeur ai elle était encore, elle le mit au Eein comme à l'ordinaire. Dans'le courant de la nuit, l'enfant fut fort agité et cria beaacoup. Une gage-femme appelée lui donna un lavement avec une légère décoction de pavot sans obtenir d'amélioration. Vers sept heures du matin, on remarqua quelques contractions des membres supérieurs et la dilatation des pupilles. À midi, Philippe vit le petit malade et institua un traitement révulsif et antiphtogistique; il ne put enrayer le mal. L'enfant mourut au bout de deux jours dans les plus violentes convulsions.
CoLÉRB. — M. et M'" S... eurent onze enfants. La mère, sujette à de violents accès de colère, en nourrit dix qui furetit emportés à divers âges par des maladies de langueur. Elle-même succomba à une affection aiguë. Le onzième enfant fut conâé à une nourrice étrangère, et jouit constamment d'une brillante santé (Comtesse).
M"* A... allaitait son enfant âgé de six mois, d'une belle constitution et d'une excellente santé, lorsque, pris tout à coup de violentes convulsions, il succomba en quelques heares. Dufrénois lui avait donné les soins les plus assidus sans pouvoir assigner aucune cause à ce terrible accident, lorsqu'il apprit que la mère, d'un caractère extrêmement irascible, avait présenté le sein à son nourrisson au sortir d'un furieux accès de colère. Les convulsions étaient sur- Tenues deux heures après cet allaitement.
M™ G..., âgée de trente ans, est d'un tempérament nerveux et si irritable que, pour les causes les plus légères, elle entre dans des accès de colère qui ne lui laissent pas même l'usage de la parole. Deux premiers enfants très
J. RocïBB, Le Liil. tO
INFLUENCES PATIIOLOGHJDES
adaitéa par elle, n'ont pas vécu plus de quatre tte femme se proposait encore de nourrir un enfant dont elle venait d'accoucher. La qneslionle ^enre de mort des deux premiers, Du&éDois ils avaient succombé dans de fortes convulsions,
après avoir pris le sein, au sortir d'un des ecès de colère auxquels elle était sujette. Prél'un sort pareil attendait le troisième enfant, il la mère qu'on lui donnerait une nourrice étranenfant, âgé de onze mois quand fut publiée son n, n'avait éprouvé d'autres accidents que quelques ivements nerveux.
rives rapporte un autre fait très démonstratif. Une llaitait un enfant dans des conditions normales. fut pris, entreles deux visites du professeur, d'usé taque d'éclampsie. La religieuse de la crècte en plication suivante : La nourrice avait reçu, le le, la visite d'un créancier très pressant, et avait ite d'une altercation, une crise de nerfs. L'«nfant dérément au sein alors que l'orage nerveux n'était calmé, devint éclamptique quelques heures après. s. — Meslier a observédes attaques ép il eptiformes ant, à la suite de chagrins éprouvés par la mère. n enfant de six mois emporté rapidement par une te, peu de jours après la guérison d'une ophtalmie
qui avait provoqué l'occlusion des paupières e semaine, La mère qui l'allaitait, ne cessait pas nter, croyant son fils devenu aveugle. L'affection lit précédé de quatre jours les troubles digestifo. e d'une grande sensibilité morale et physique, ant de l'embonpoint, et vivant dans la pins
IULADIE8 atRONIQUUS
^de aisance, mère de douze enfants qu'elli
allaitait encore son dernier-né bien portant
lois. Son âls aîné partit avec son père pou
Xcufcbâte) en Suisse. La mère pleura beauco
ée coDtinua à donner le sein à son nourrissoi
matin, l'enfant fut pris de convulsions. Gu
j compagnie d'un antre médecin, prescrivit
I Uilgréses soins, les convulsions augmentère:
I imporlèreot l'enfant dans la soirée. Apre
j miuutieuse, il fut impossible à Guntz d'altrib
I « funeste accident, à autre chose qu'au chi
la mère lors de l.'éloignement de son fils.
L'analyse du lait n'a point été faite en parei IjsasdeSimon, deVeruoia et Becquerel concei tétions où les émotions s'étaient accompa^i Chez les femmes très nerveuses, les sensalio exercent parfois aussi une influence des Siebold a connu une dame chez laquelle, l'ode camphre troublait, et rnSme suspendait la sé(
Abticle II. — Liathétet et maladies c.
Maladies cuhoniqubs. — Dans la plupa ironiques, l'eau et les matières albuminotdi nnent un peu, le sucre et les sels restent en quantité normale, ie beurre seul augmente, cas de diathèses et maladies chroniques, che flont ils ont analysé le lait, Vernois et Becqui en moyenne les proportions suivantes '.
IKFLUBNCKS PATHOLOGIQUBS
. 1031,51 CaBéum 35,50
. 879,89 Beurre 36,71
i . 1S0,H Sels, 1,74
5Uta morbides sMcartent un peu de ces ns l'oBtéomalacie, le lait coDtient une propor- : très supérieure à la quantité normale (GraBla tuberculose avec diarrhée, l'eau augmente diminue beaucoup'. Dans la syphilis, d'après cquerel, le beurre diminue et les sels au^menroportion, maïs F. Simon croit que la compote subit aucun changement.