ON DBS MALADIES CHRONIQUES PAR LB LAIT
maladies chroniques, et surtout les diathèses, les de se transmettre par le lait, est d'ane apitale pour la pratique médicale. Je vais oudre cette question intéressante, à l'aide des iveauz que nous fournit la bactériologie, cetlc sciences médicales créée par notre illustre 'asteur.
SE. — Fréquence chez les mammifères, — le ou pommelière n'est pas rare dans l'espèce vaches élevées dans les étables des grandes 13 sont privées d'air, et soumises à un régime igmenter la production du lait, sont particuisées à contracter la phtisie.
er affirme connaître, en Allemagne, des réquelles il y a 40 à 60 pour 100 de tuberculeui
■À, Traité pratique de bactériologie, Paris, ii
TCBERCULOSE
SpillmaDD {de Nanc;) estime à 30 à 40 pour lOi lalité par pbticie, des vaches, dans les Hautei Les moj'eDnés donotes par Viseur, Zurn et divers pour d'autres centres de population, varient ent 20 pour 100.
Ces moyennes paraissent, de prime abord, exa les comparant à celles trouvées dans les abattoirs < Sur la totalité des animaux tués dans les abattoirs àBerlin, 4,57 pour 100; à Munich, 2,*4 pour 100 j Inorg, 2,24 ponr 100 ; à Mulhouse, 3,4 pour Bordeaax, sur 22.000 têtes de bétail, on n'en a ti ^qui fussent tuberculeux (Baillet) ; à Montauba ins, sur 15.473 bëtes, on a constaté seulement 63 phtisiques, soit 4,7 pour 1000. Guiraud, en doni proportion, avoue qu'elle est au-dessous de la réal fent on introduit clandestinement en ville la vian oaui malad«s. Ces statistisquea ont moins de val les l]3'giéniates que les précédentes, les animaux su aileints de maladie tuberculeuse n'étant généralei esTo^éb aux abattoirs. Beaucoup d'entre eux sm aux progrès de la diathése et ne sont point livrés sommation par leurs propriétaires, de crainte de verbaux, qui, pendant le cours de leur maladie, o an commerce un lait manifestement altéré. D'ï i^herches de H. Martin, le lait pris au hasard, à où s'alimente la majorité de la population parisienni provenir, une fois sur trois, de vaches atteintes d culoae.
Tuberculose mammaire. — Cette diathése s< volontiers aux glandes mammaires dans l'espèce Bang, professeur à l'école vétérinaire de CopenI
examiné, dans un court espace de temps, vingt-sept mamelles tuberculeuses de vaches.
Les dangers que ferait courir cette localisation à Thygiène publique seraient presque irréparables, si les affirmations de Nocard, Veyssière, et autres auteurs, étaient exactes dans la majorité des cas. Ces observateurs ont, peut-être, exagéré les difficultés du diagnostic de tuberculose mammaire. Bang a rappelé les symptômes qui permettent de rétablir en toute certitude.
L'afiection débute par une tuméfaction diffuse d'une partie de la mamelle. Cette tuméfaction, dont l'évolution est fort longue, ne présente réellement de difficulté que pendant une courte période. Alors l'examen bactériologique permettant de constater la présence du bacille de Koch est suffisant pour entraîner la certitude.
Lait tuberculeux. — Le lait conserve d'abord ses caractères normaux; il serait même plus riche en crème (Nettleton). Peu à peu, il se modifie ensuite pour revêtir les caractères du sérum jaunâtre. Ce lait est insipide, il possède une couleur bleuâtre, et une odeur qui rappelle celle de la transpiration. D'après Gautrelet, il offre, comme spéciale, une augmentation très nette de l'alcalinité, en diminuant la digestibilité par saturation partielle du suc gastrique. Il se montre ensuite avec une notable diminution du volume gazeux (16 centimètres cubes au lieu de 200), diminution agissant physiologiquement dans le même sens que la précédente modification. Il présente encore une excrétion chlorurique exagérée (rapport des chlorures aux sels totaux = 48 pour 100 au lieu de 33 pour 100 dans le lait concentré des arthritiques et 24 pour 100 dans le lait normal). On y constate un amoindrissement considérable de tous les prin-
• ^'jA»
TUBERCULOSB
cipea natritifs {106 grammes d'extrait see au lieu de grammes),aoit une diminution dd 17pourl00sur lanorn
Gelaits'aigrit facilement, soit qu'on le garde, soit qu Eonmette àr^bullition.It gàtele lait des autres vacbesq il vient à y être mâle. Il contient peu de crème ; son be de consistance huileuse, a une grande disposition à ra
D'après MoutoA de la Billardière, la proportion de i pbate de chaux y est sept fois supérieure à celle du lail mal. Fait digne de remarque : ce lait n'est presque ji parulent. Dans tous les cas, le lait contient des ba tuberculeux (flg. 17 et 18), parfois même en grande qua: KDobassoff, Boliinger, Nocard, Bizozzsbro, Crook) ËDgling et Spillmann partagent le même sentiment, cod rement à l'opinion de Chauveau, Nocard, Brusaferro, ( d'après Bang, Bouley, H.-B. Ernst, Ferdinand BoUinger, le lait de la vache peut renfermer des ba' taberculeux, mais en petit nombre, alors même que la melle est saine, et que les lésions de la diathèse sont lin: à d'autres o^anes. Dans tes cas de tuberculoses locali on a constaté l'infection du lait par le bacille tuberci dans 30 pour 100 des cas.
Enlaissant reposer lelait, pendant un certain temps, on met aux bacilles de tomber au fond du vaseoù on les recu' w plus grand nombre, pour les examens bactériologiqi
Koch regarde le bacille du tubercule comme ideni chez l'homme et dans l'espèce bovine. Klein affirme qi bacille de l'homme est plus grand et plus granuleux.
Pour Crookshank, le bacille des animaux tuberculeu plus petit, plus droit et moins granuleux que celui des ]
• Voy. Macé, Traité di bactiriologît, 1892. Le» subttanoei mtntaircs écudiéa au microscope. Parie, 1891.
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siques. Les bacilles dulaitsontlongs et très granuleui, mais
Pio, 17. — Bacilles de la luberculose (d'aprèl Koch).
Fia. iS. — Aspect de la Kurface d'une cullure de bacille de la tuberculose sur sérum solidïé, d'après Koch.
il existe des diffiJrences assez sensibles dans différente. échan-
Quelques statistiques donnent la proportion des cas d*innocuite du lait chez les Taches tuberculeuses, quand la maladie a respecté leurs glandes mammaires. Sur vingt-huit cas, Bang ne l'a trouvé que deux fois virulent avec des vaches très tuberculeuses. Chez huit femmes phtisiques, pas une fois le lait ne s'est montré virulent.
Hirschberger a obtenu, dans les mêmes conditions, une proportion d*insuccès moins grande. Trois fois sur neuf, la tuberculose a succédé aux inoculations intrapéritonéales du lait suspect.
On pourrait croire que cette différence tient à ce que Hirschberger opérait sur des cobayes et Bang sur des lapins, un peu plus résistants à la tuberculose. Mais Nocard, en 1885, en inoculant à des cobayes le lait de onze vaches tuberculeuses, ne Ta trouvé infectieux que dans un cas où la mamelle était affectée de tuberculose. May n'a de même obtenu que des résultats négatifs en inoculant à des lapins, et surtout à des cobayes, le lait de cinq vaches tuberculeuses.
11 faut enregistrer ces contradictions, qui disparaîtraient peut-être, si l'on tenait compte des variations possibles dans la virulence du bacille tuberculeux ; mais il ne faut pas y attacher grande importance (Duclaux).
On est d'accord aujourd'hui, pour considérer le lait des vaches atteintes de pommelière, comme dangereux pour la santé publique, surtout pour les enfants élevés par l'allaitement artificiel. Ce lait peut transmettre la diathèse. S'il n'est pas nécessairement virulent, il faut toujours le tenir par prudence en suspicion.
Propagation de la tuberculose par le lait tuberculeux, — Les inoculations pratiquées par Bang et BoUinger
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avec ce liquide ont parfois donné des résultats positifs. Certains animaux ont péri mâme très rapidement. L'alimentation avec ce même lait a également provoqué la tuberculose chei tous les animaux (porcs, veaux, cobajes, lapios) qui y ont été soumis. F. Peuch et Toussaint, Gerlach, Klebs, Plemming, Boilinger, Epstein. Orth, Sommer, Gohnheim, etc., dans leurs expériences sur l'espèce bovine et d'autres animaux, sont arrivés aux mêmes résultats. Thiéry a observé une véritable épizootie tuberculeuse chez de Jeunes veaux de boucherie. Elle était due à ce fait que le lait de la traite de plusieurs vaches était mêlé, et, parmi elles, s'en trouvait une tuberculeuse. On ât cesser l'épidémie en abattant la vache et en faisant brûler les baquets ayant servi.
Boilinger a cité le fait d'une chèvre dont le lait fraîchement tiré était bu par des enfants qui succombèrent à la tuberculose; la chèvre à l'autopsie fat trouvée atteinte de cette affection.
Le D'' Creighton, de l'Université de Cambridge, a constaté chez l'homme, douze cas de phtisie qu'il déclare dus à l'usage du lait de vaches tuberculeuses.
Le vétérinaire bâlois Segmund a communiqué à Léonhardt l'observation suivante : Plusieurs enfants bien portants d'un forestier thurgovien restèrent florissants tant qu'ils furent allaités par leur mère. Une fois sevrés, ils furent nourris avec le lait d'une vache qui à l'abatage fut reconnue tuberculeuse. Tous succombèrent à une tuberculose aiguë. Un frère né ultérieurement demeura sain.
A Francfort, un enfant né de parents bien portants, d'une santé magnifique, tant qu'il fut nourri au sein maternel, ne tarda pas à tomber malade après le sevrage et fut emporté par une tuberculisation cérébrale aiguë. Les médecins qui
l'avaient soigné coDstatèrent à son autopsie une dégt-ni cence caséeuse des ganglions intestinaux et niësentéri( Or, depuis longtemps déjà, Léonhardt avait signalé co tuberculeuses les deux vaches au lait desquelles on ava recours ponr cet enfant,
Demme (de Berne) a tu quatre enfants, exempts de i prédisposition héréditaire, succomber à la tuberculose ii tinale et mésentérique, pour avoir absorbé le lait de Vi infectées, qui présentaient des bacilles dans U glande a
Lydtin a fait connaître un autre fait au Congrès int<
lional tenu à Bruxelles en 1883. Un jeune garçon, Sgé de ans, bien constitué, succombe en. quelques semaines à tuberculose miliaire des poumons. Cet enfant absorbait ch Jour du lait fourni par une vache, bonne laitière. Gond l'abattoir, l'animal fut reconnu tuberculeux.
En janvier 1890, Brouartlel a communiqué à l'Acad de médecine de Paris plusieurs cas d'infection survenus un établissement d'instruction privée. Cinq des pensionna de quatorze à dix-sept ans, moururent de tuberculose ei de temps, sans avoir aucune tare héréditaire. Quel semaines après, on amenait à l'abattoir une vache qui I lissait le lait à l'établissement en question. Elle prése des lésions de nature tuberculeuse.
I«gTouxa lu au Congrès de la tuberculose, tenu à Par iSSS, une observation à peu près identique.
Des cinq enfenis d'une famille dont le père et la mère relativement bien portants encore, ou tout au moins aucune trace de tuberculose pas plus que leurs ascend l'aîné, garçon de vingt ans aujourd'hui, est solide. Les i sième et quatrième enfants, jeunes garçons de trei2
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onze ans, le cinquième, petite fille de six ans, n'ont jamais été sérieusement malades et semblent dans toutes leurs allures être iodemnes de toute pénétration bacillaire.
Ces quatre enfants ont été nourris par la mère pendant vingt-deui, dix-neuf, vingt mois. L'ainé a dû être mis aa sein d'une nourriee à l'âge de sept mois, la mère ayant trop peu de lait vers cette époque; la noarrice qui en fat chargée est encore aujourd'hui, dix-neuf ans après celte nourriture, nne femme de santé irréprochable.
Mais Je deuxième enfant de cette famille, somme toute remarquablement douée quant aux conditions d'ensemble et de tempérament, le deuxième enfant était une petite fille de constitution excellente. Nourrie par la mère seule pendant les premiers mois, l'enfant prospérait à vue d'œil et était admirée par les connaisseurs (je parle des médecins). Or, la mère en raison des exigences sociales et dans le but de ménager sa santé, entreprit l'allaitement m'ixto, donnant à sa fille, outre le sein, le biberon, très soigneusement administré par une nourrice sèche, femme d'expérience.
Le lait était fourni par les vaches d'une laiterie de Gharenton, où les bêtes provenant de Suisse étaient bien soignées et vivaient en partie à l'air libre dans les champs voisins de la ferme. De l'aveu même du directeur de cette ferme, les animaux suisses ne résistaient pas à la prolongation de leur séjour à l'élable et aux champs suburbains. Au bout de quinze, seize, dix-huit mois, ils devenaient malades et on était obligé de les rapatrier. 'Vraisemblablement, longtemps encore avant de s'en défaire, l'industriel exploitait leurs mamelles, alors que déjà le lait devait être altéré.
L'enfant allaité ainsi, partie au sein, partie au biberon, eat souvent, vers les huitième, neuvième, dixième mois, de 1«