‹ Le lait; caractères dans l'état de santé et de maladie: altérations etChapitre 40 sur 101 · KK^VT · texte numérisé non relu

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diarrhée dont la cause restait inexplicable, les règles de rhjgiène semblant irréprochables.

Vers Tâge de dix mois, cette fillette, naguère Joufflue, rose, fraîche, malgré ses fréquentes diarrhées, cessa do prospérer ; l'appétit diminua et elle ne tarda pas à offrir les signes suspects de la fièvre cérébrale. La maladie dura vingt jours environ pendant lesquels se déroulèrent tous les signes de la méningite tuberculeuse depuis lanorexie, l'amaigrissement, la fièvre, les vomissements, les cris et les convulsions, jusqu'à rhémiplégie et le strabisme des derniers jours (Legroux).

Influence des sécrétions gastro-intestinales sur le bacille de la tuberculose. — La résistance qu'ont mis des praticiens distingués à accepter la réalité de ces observations est basée sur le rôle de préservation, dû à l'action du suc gastrique. Mais les expériences de Sormani montrent que, si les sucs digestifs d'un individu sain et vigoureux détruisent complètement le bacille tuberculeux, il n'en est pas de même chez un animal atteint d'affection gastro-intestinale. Bans ces conditions, le chyme, provenant d'un animal à qui on a fait absorber de la matière tuberculeuse, est capable de transmettre la tuberculose, si on l'injecte sous la peau d'un animal bien portant.

D'ailleurs, si les expériences de Sormani sont rassurantes, celles de Falck, de Baumgarten, de Fischer, de I. Straus et <îe R, Wurtz produisent l'impression contraire. Ils ont reconnu que tous les animaux inoculés avec des cultures de bacilles tuberculeux ayant séjourné six heures dans du suc gastrique pur, avaient cependant contracté la diathèse. Le professeur Straus fait remarquer, à juste titre, qu'il s'agit là àe l'action, in vitro, du suc gastrique pur, sur des cultures

INFLUENCES PATHOLOGIQUBS

cette action doit-étre bien moins énerg^iqoe dans :, où le suc est dilué et agit sur des bacilles protégés substances tuberculeuses ingérées avec eus. J'ai I montré dans un autre ouvrage ' que la composition Q^astrique, dans la première enfance, le rendaient nt absolument incapable d'entraver la multiplicaacille de Kock dans les voies digestives.

I a cherché à vérifier dans quelle mesure l'alimeur du lait tuberculeux est capable de donner la tuber- 'out en admettant la possibilité, et même la frée ce mode d'inoculation, il croit à- l'immunité des dans certains cas.

le ses expériences le démontrent. De jeunes veauï, larents sains, et placés dans de bonnes conditions les, sont nourris pendant deux mois, avec du lait r des Taches manifestement tuberculeuses. On les et on ne trouve aucun signe d'envahissement du e ni du poumon par le tubercule. Imlach conclut que, ipithélium intestinal est sain, il ne peut j avoir parles bacilles.

prétation d'imlach expliquerait les eipépiencea : de Sormani et de quelques autres savants. Scbreirlt dix-huit lapins et trois cobayes avec du lait lit d'une vache tuberculeuse ; dans aucun de ces cas, ve de tuberculose. Harmes et Gunther ont observé liture de lapins tuberculeux, nourris avec le lait de e, sans constater la transmission de la dlathèse. saurait tirer de ces faits des conclusions trop absosque, d'autre part, les expériences de Chauveau,

lier. Hygiène de la première enfance, Paris, 18tB, p. 12.

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Corail, Villemin, Parrot, Saint-Gyr, démontrent que le simple contact de produits tuberculeux sur une muqueuse intacte suffit, notamment dans Fintestin, pour produire la tuberculose.

Dans la séance du 30 juillet 1888 du Ck>ngrès de la tuberculose à Paris, Legroux a appelé Fattention sur les conditions anatomiques des voies digestivcs, qui facilitent si singulièrement l'absorption des bacilles infectieux par les chjlifères. L. Landouzy croit de son côté que le rôle de Tallaitement artificiel dans Tinfection des nourrissons est considérable. Il a très souvent rencontré le granule tuberculeux dans l'intestin grêle, les ganglions mésentériques, le foie et la rate des bébés autopsiés. Mais Tabsence de lésion du tube digestif ne prouve absolument rien contre lorigine alimentaire de l'affection.

En résumé, l'usage d'un lait suspect, non soumis préalablement à l'ébuUition expose à un danger extrême d'infection dans la première enfance encore plus qu'à l'âge adulte. Conséquences. — On conçoit donc la fréquence des Mnifestations tuberculeuses, phtisie, carreau, coxalgie, tumeurs blanches, caries vertébrales, etc., dont l'origine parait inexplicable, chez des enfants appartenant à des faniilles très robustes. Il importe, en effet, de remarquer que l'ingestion de lait virulent ne détermine pas nécessairement la tuberculose intestinale, les leucocytes pourraient transporter les bacilles à travers la couche épithéliale de l'intestin restée saine, et les entraîner jusque dans les ganglions mésentériques où ils se multiplient et déterminent la dégénérescence caséeuse (Tchistowitch, Wasener, Orth); l'absence de tuberculose intestinale ne prouve rien contre Torigine alimentaire de l'infection. Les expériences de Orth,

INPLDKNCES PATH0LOQIQUB8

le démontrer. Sur neuf cas d« tuberculose aljmenoquée expérimentalement chez les animaux, cet .

trouvé deux fois l'intestin indemme, et dans les es caa, des lésions intestinales, pour ainsi dire, les relativement à celles des autres organes. D'après

ce serait surtout sous forme de tuberculose que ou carreau, qu'évolnerait la tuberculose 3 à l'alimentation par le lait tuberculeux, notani- : l'enfant.

e parfaitement exactes, les expériences positives convaincu tous les praticiens ; on sait en effet que nimaux ne sont pas également aptes à la tubercu- Les uns, le cobaye, le lapin, le singe, la vacbe, etc., ;tent facilement. Les autres, le chien, le chat, le ■te, comme l'homme, sont pins réfractaires à son

k preuve du contraire, il semble beaucoup plus surtout pour les sujets prédisposés à la tuberculose ntabsorberdu lait provenant de sujets atteints de thèse, à moins de le soumettre préalablement à n. Car V. Galtier a montré (1877), Gaspérini et rès lui, que les germes nuisibles se conservent dans aité par la présure, dans le petit-Iail, dans le

et peuvent rendre ces produits aussi dangereux it dont on les a tirés, Flemming, Orth, Epstein, a, etc., au Congrès de Dusseldorf (1876); Bruizozzero, Nocard, etc., au Congrès international ; de Turin {septembre 1880), partagent la même

Le Congrès de la tuberculose, tenu à Paris 888) a été plus af&rmatif, en votant qu'il constatait mnaissance l'inscription, parmi les affections conta-

gieases, de la tuberculose des Taches, de par un récent décret 4a président de la Républiqt^e française, Ge décret d^à en vigueur en Allemagne depuis le 28 janyier 1884, oblige à : 1^ déclarer les animaux atteints de pommelière ; 2^ à les isoler ; 3^ à les soumettre à la surveillance d'un yétérinaire dé%aé ; k^ à exclure leur viande de la consommation ; 5° à interdire, l'usage de leur lait, si ce n'est pour les animaux, après, ébuUition préalable de ce liquide. En Italie, reicellente loi de vigilance sur les aliments (3 août 1890) fait les ménaes prohibitions de vente.

Ces mesures sont malheureusement insuffisantes. Il serait à désirer que l'autorité administrative eût le droit de faire abattre l'animal tuberculeux et désinfecter l'étable qui resterait pendant quelque temps soumise à l'inspection d'une commission compétente.

La tuberculose chez la nourrice n'entraîne-t-elle point dans Tespèce humaine les mêmes résultats que chez les autres animaux ? La simple logique nous conduit à donner une réponse affirmative. Cependant les recherches de Bang, d*Aguet et de Cochez, chez des femmes dûment tuberculeuses, ne leur ont jamais permis de retrouver le bacille de la tuberculose dans leur lait.

Il est vrai qu' Aguet, en donnant ces résultats n'ose conclure à l'absence absolue de bacille, car l'épreuve des cultures n'a point été faite en ces cas. Il me semble néanmoins indiqué par la prudence la plus élémentaire d'appliquer jusqu'à nouvel ordre à l'espèce humaine les remarques faites sur diverses femelles laitières, et de proscrire avec sévérité l'allaitement des nourrissons par des nourrices même simplement suspectes de tuberculose.

Syphius. — La transmission du virus syphilitique par le

J*RoDYiEii, Le Lait. ii

1NPLUBNCE8 PATHOLOGIQUES

it point admise par tous les auteurs. Nisbet, Hanter,

Colljneau, Gullerier, Ricord, l'amier, Tomaso de , Mireur, RoUet, Ppofeta, Padova, Nat. Guillot, Nouât,

Pellizzari, OalloU, Oeigel, Archambaalt la croient ble. L'immense majorité des auteur* qui ont étudié lestioD jusqu'en 1850, et depuis, Rtcordi, Lagaeau, jert. Petit-Radel, Melohiop Robert, Vidal (de Gasaia),

Parker, Plaite, Filippo Gerasi, Bruaelli, etc., sont ontraire.

lis Guillot a observé deux nourrices syphilitiques, deux affectées de plaques muqueuses à l'anus, aux génitales et sur les téguments, sanfles mamelons, oi la syphilis eût été reconnue. Ces femmes qui avaient

gerçures au sein, cachaient l'état de leur santé. Le seul conduisit à la découverte des accidents qu'elles lient. L'une resta aux Enfants-Trouvés pendant huit autre pràs de deux ans. L'une et l'autre firent des 9ons très convenables et nullement Bjpfailttiques. ' a vu aussi un fait qui plaide contre la transmissibi-

le lait. Une nourrice infectée par nn enfant étranger it une seule de ses mamelles, et portant sur cet oigane cre auquel avaient succédé divers accidents généraux, jnmoins continuer à donner l'autre mamelle à son infant, sans lui communiquer la maladie qui évoluait e. Dugâa a rapporté l'observation d'une petite Slle u monde bien portante qui suça, pendant cinq mois, 'une nourrice affectée d'une syphilide tuberculeuse itracter la maladie. Il est vrai que la nourrice fut at de suite â l'usage des mercuriaux.

eu 1^0, Gullerier avait lu à l'Académie de médecine, nervations concluantes de nourrices infectées dont les

"jç^r.^

SYPHILIS i^

nourrissons restèrent toujours sains. £n 1866, il publia d'autres faits du même genre.

Dans un remarquable ouvrage, couronné en 1887 par rAcadémie de médecine, mmi compatriote et ami, H. Mireur fait quelques remarques à ce sujet. « Les observations s'appujant sur des résultats négatifs, dit-il, sur la nontransmission, sont sur ce point d'une valeur indiscutable* Si le lait d*une nourrice syphilitique était contagieux, l'infection de l'enfant serait la règle générale. Cette règle ne devrait même souffrir aucune exception, tant que la syphilis de la nourrice n'aurait pas dépassé la période secondaire. Or une seule exception bien confirmée établie sur des données absolument précises et complètes, à savoir : une nourrice atteinte de syphilis secondaire, allaitant un nourrisson qui reste parfaitement sain, cette seule exception devrait ajuste titre être considérée comme une preuve évidente de la non-contagiosité du lait. Si l'on réfléchit maintenant que les observations de ce genre, au lieu de constituer dans la science des faits isolés et exceptionnels, y ont été au contraire fréquemment consignés, on ne pourra se refuser à partager nos convictions ^ . »

Ces arguments paraissent avoir une certaine valeur, et. cependant ils ne me convainquent pas pour plusieurs raisons.

1® Que penserait mon confrère, aujourd'hui que la transmission de la syphilis de la nourrice au nourrisson, ou réciproquement du nourrisson à la nourrice, par des plaques muqueuses de la bouche ou du mamelon, est un fait acquis à la science, si on recourait à son genre d'argumentation. Lorsqu'une nourrice atteinte de syphilis secondaire

* Mireur, La Syphilis et la prostitution, Paris, 1886.

INFLUENCES PATFIOLOQIQUES

S muqueuses du mamelon) allaite un nourrisson, -ci reste ■parfaitement sain, ou réciproquement, tn nourrisson, atteint de manifestations de

secondaire (plaques muqueuses de la bouche); turrice demeure parfaitement saine, cette seule >n devrait être considérée comme une preuve î de la non-contagiosité des plaques muqueuses. erait cependant pas en peine de trouver, non point is plusieurs observations à l'appui de cette hérésie jue.

rofesseur affirme, en effet, à propos de la nonsité des plaques muqueuses des lèvres des nourlux seins des nourrices, avoir eu dans son service des nfectés de cette lésion, nés de filles soumises sypbi-

Ges enfants tétaient depuis plusieurs jours des !S, lorsque Guillot en connut la provenance (Saint-

Onconlinua, car il n'y avait pas d'accident, et il vint pas.

•, Cuillerier (en 1852, à Lourcine), Sarrhos, plus te fois, ne se sont-ils pas inoculés le liquide de 3 variétés d'accidents secondaires, sans que l'infechilitique s'ensuivit?

ongerait à nier la contagiosité des accidents secon- 3 la syphilis (plaques muqueuses), d'après ces obser-

On se borne à croire logiquement qu'elle ne se pas dans tous les cas sans exception, i^ur, ayant établi que le sperme n'est pas inoculable, en droit, par analogie rationnelle, de nier aussi la e du lait et de tous les autres produits de sécrétion, it-étre'généraliser un peu trop vile. Déjà, dans une aladie à micro organisme, la tuberculose, la viru-

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