‹ Le lait; caractères dans l'état de santé et de maladie: altérations etChapitre 43 sur 101 · MALADIES AI0UB8 CHEZ LA FEMUE · texte numérisé non relu

MALADIES AI0UB8 CHEZ LA FEMUE

Fièvres éruptives. — Dans une discussion qai eut lieu à la Société médico-chirurgicale de Paris en 1851, Gaude a cité Tobservation d'une liamme, qui contracta, le douzième jonr de ses couches, une rougeole, et continua Tallaitement de son enfant, sans lui communiquer la maladie. Maillot a rapporté un fait andogue «ëei une fournie accouchée depuis trois mois et atteinte de scarlatine.

On a fait remarquer, en faveur de la continuation de Tallaitement pendant les fièvres éruptives, que les nouveaunés sont très peu accessibles à ces sortes d*affections et que la cessation brusque d*une fonction comme celle de l'allaitement, n'est peut-être pas sans influence sur la marche relati- Tement plus grave qu'affecte alors la maladie. Pour être rares, les ûdts de contagion des Jeunes en&nts n'en existent pas moins. Bernouilli a observé la scarlatine chez un petit garçon de trois semaines et chez une petite fille de deux mois. Baillou et d'autres auteurs ont rencontré des cas de scarlatine congénitale chez des enfants dont la mère était atteinte de la maladie. La rougeole, rare dans les six premiers mois de la vie, est très grave, puisqu'elle donne à ce moment une mortalité de 60 à 70 pour 100. J'en ai observé divers cas. J'ai constaté aussi des faits de transmission de variole, toujours très fréquente et très sérieuse chez les nourrissons non vaccinés. Dans la varioloïde, Legroux a vu la contagion s'effectuer de la mère à l'enfant dans deux cas. Tan dix-sept jours, et l'autre dix- huit jours après les couches ; il est donc prudent de ne pas trop compter sur une immunité hypothétique.

Malaria. — J. Frank et Boudin admettent l'infection d'un nourrisson sain par le lait d'une nourrice atteinte d'impali^disme ; A. Laveran, Burdel (de Vierzon), Bonfils et Paul

J. RocviBR, L« Lait. 18

Le Gendre sont d'avis contraire* Ghi^rleoni n'ose se prononcer. Les observations des premiers offrent trop de prise à la discussion pour résister à un examen scientifique. Elles ne convaincront aujourd'hui aucun esprit sérieux. Les seconds consacrent à peine quelques lignes à un sujet si important. Paul Le Gendre^ se borne à citer une observation personnelle, sans traiter méthodiquement cette question toujours pendante.

Exerçant la médecine en Syrie, où grâce * à l'incurie administrative et aux préjugés routiniers des cultivateurs, les affections paludéennes sont très fréquentes ; en ayant observé, dans ma pratique privée ou hospitalière, de nombreux exemples durant le premier âge, je crois utile d'apporter dans ce débat les données de mon expérience personnelle.

Ce point spécial d'hygiène et de pathologie n'intéresse pas seulement la Syrie et les pays placés sous une latitude rapprochée de Téquateur, mais aussi, toutes les régions du globe infectées par la malaria et elles sont nombreuses !

Pour être passée sous silence par la plupart des auteurs de pédiatrie, cette cause de mortalité n'en est pas moins une des plus meurtrières pour les enfants à la mamelle. Deux ou trois accès, non combattus par un traitement approprié, suffisent souvent pour entraîner la cachexie ou la mort.

Regy et Dellon ont figuré, dans une carte biométrique, le coefficient de mortalité des parties saines et des parties marécageuses du département de l'Hérault. Ils ont montré que le coefficient de la mortalité générale d'un jour à dix

* Retfue pratique cC obstétrique et d'hygiène de Venfanoe, mars

Page 1