‹ Le lait; caractères dans l'état de santé et de maladie: altérations etChapitre 46 sur 101 · MALADIES AIGUËS CHEZ LA FEMME · texte numérisé non relu

MALADIES AIGUËS CHEZ LA FEMME

danger pour Tespéce humaine et les animaux. Mais ces observations ne prouvent point Tabsence du virus rabique dans le lait. En effet, des expériences faites par I. Bardach, Nocard et Pasteur montrent que cette sécrétion est pauvre en virus rabique; par l'ingestion elle n'a jamais produit d'accidents; même par inoculation, ceux-ci ne sont point constants. Nocard, sur quatre tentatives, obtint un cas de transmission par l'inoculation du lait recueilli avec pureté chez une chienne; Roux réussit une seule fois à transmettre la rage par inoculation de la matière obtenue sur une lapine en broyant dans le lait recueilli des fragments de la mamelle, rinoculation du lait pur restant sans résultat.

Peut-étre l'avenir enseignera-t-il que, dans quelques cas de maladies localisées au canal digestif, l'ingestion peut entraîner les dangers des inoculations. Un pareil résultat serait logique.

L'Allemagne n'a pas hésité en attendant, à interdire, par la circulaire du 28 janvier 1884, la vente du lait de femelles atteintes de rage. L'Italie, dans sa loi du 3 août 1890 sur la surveillance des aliments, a suivi cet exemple.

Ictère, — Dans cette affection symptomatique de lésions fonctionnelles ou organiques du foie, le lait est souvent coloré en jaune comme les autres sécrétions. Marsh (de Dublin), Richard, Brîght, Bouteqnoy en ont signalé des exemples. Cette règle n'est pas sans souffrir quelques exceptions. La coloration jaunâtre tient uniquement à la présence des éléments biliaires dans le lait. Gorup-Besanez l'a démontré par ses analyses chimiques.

Monde, Franck, Villeneuve ont vu des nourrices ictériques transmettre l'ictère à leurs nourrissons. Par contre, Heberdeen a vu une femme atteinte au plus haut degré de

le pathologique allaiter sans ancan inAonrénient pour enfaat, et ce, durant un mois et demi. D'aotres les sont nécessaires pour trancher 1« différent. lattsme. — Dans un cas de rhumatisme articoliire ec une température de 40*, 3f chez un lait de trois ajoux a constaté une augmentation considérable des B solides, 143 grammes; du beurre, Ql,90; delà ' 61 i une diminution des matières albuminoîdes, t à peu près le chiffre ordinaire des sels, 1,50.

— Affections chez le* femellea laitières.

)0N. — GhambrelentetMoussous (1884), dans trois ces d'inoculation du charbon i des femelleB en I, ont montré que les bactéridies passaient dans le microscope est quelquefois impuissant à les y déceler, nt le lait en contient, car on peut les cultiver, Dculations, aux anii&aux, du bouillon de culture qni te, produisent le charbon. Les expériences de Feser t d'Emler (1880) oonfinnent les précédentes.

tssoff (1385) déclare que, une fois apparus dans le microbes (flg. 21) ]' restentjusqu'àlaân delalactansqu'à la mort de 11 femelle. Fait étrange, cet expériir regarde un pareil lait comme inoffensif pour les ons ! Bollinger et Feser sont arrivés expérimenuux conclusions opposées.

alie, la vents du lait de mammifères atteints de est prohibée par la loi de surveillance des aliments .890).

ATiNË. — Dèl 1892, Power remarqua la localisale épidémie de scarlatine, à la zone de distribution

SCABLATINB CHBZ LES PEMBLLKS LA1T]Ë31I{8

d'tin lait provenaut d'une vache malade. Le lait Bormal, maii la béte, qui Tenait de vêler, avait ] partie de son poil et était languissante. A cette ^o dea expériences pour savoir si la scarlatine hnm inocoUble à l'espèce bovine, Klein vit que les vach 1^ contractaient une maladie bien définie, sortoo il période de lactation.

Fie 21. — Bacilles dix charbon (anthracU).

Bn décembre 1885, Winler Blyth médecin byg Marylebone, à Londres, observa qu'nne violente scarlalineuse sévissait dans son quartier, chez des qui s'approvisionnaient toutes chez le même laitier faisait venir son lait de la ferme de Hendon où te sonnel domestique était en bonne santé. L'enquête que lo lait était devenu malsain depuis l'introductù ferme d'une vache qui avait récemment vêlé. Gt conmtiniqna i ses voisines une maladie à laquelle < pas tait attention, car elle ne diminuait ni l'app

sécrétion lactée. Les animaux malades présentaient des vésicules bulleuses et des ulcérations du pis, ainsi que la desquamation partielle de la queue.

La contamination du lait des raches atteintes de la maladie éruptive était l'origine réelle de l'épidémie de scarlatine. Deux épifoées Aoureaux le démontrèrent.

Dans la ferme de HendoD, les Taehes laitières étaient réparties en trois étables. Deux contenaient deB «ûmaux malades. Ceux de la troisième étaient en parfait état de santé.

Dès que le propriétaire de la ferme apprit qu'on soupçonnait le lait fourni par la première étable d*étre la cause des cas de scarlatine observés à Londres, il ordonna de cesser la vente de ce lait, et de le donner aux cochons de la ferme, ou de le jeter dans des fosses. Des habitants d'un village voisin s'entendirent ^vec des employés de la ferme pour se faire donner le lait sacrifié. Quatre jours après une épidémie de scarlatine éclatait dans ce village.

D'autre part, le district de Saint-John, qui continuait à s'alimenter exclusivement du lait fourni par la troisième étable, était resté indemne jusqu'à la fin de décembre quand la scarlatine l'envahit à son tour.

On examina les vaches de la troisième étable et sur le pis de plusieurs d'entre elles, on trouva des vésicules et des ulcérations récentes datant seulement de quelques jours .

La preuve était suffisamment faite. La vente du lait de la erme de Hendon fut interdite, et rapidement dans les quatre quartiers atteints, on vit décroître et disparaître l'épidémie de scarlatine.

Klein compléta ces données, en inoculant le liquide des pustules mammaires. En faisant l'inoculation sous-épidermique sur les organes sexuels et à l'intérieur de l'oreitle de

SGARLATINR GHBZ LB8 FBMBLLBS LAITIÈRES 191

quatre veaux, il ne développa qu'une lésion locale, aboutissant à ane ulcération, et à une desquamation circonscrite, mais en Élisant pénétrer le virus sous la peau, dans le tissu souscutané, il donna lieu à une maladie générale infBctieuse comparable à la scarlatine humaine, et se compliquant de néphrite albumineuse. Preuve irréfutable, croyait-il, de Fidoitité des deux maladies, Klein a annoncé en mai 1887, à Tlnstitut royal de Londres, que le pus sécrété par les ulcères mam maires contient un streptococcus identique au streptococcus scarlatineux. Il conclut à Texistence chez la vache d'une loaladie spéciale, produite par un streptococcus, caractérisée parles symptômes déjà décrits, et se transmettant à Thomme sons forme de scarlatine.

Le même auteur a retrouvé le microbe, dont Tinoculation a provoqué les symptômes habituels, dans un échantillon de lait condensé.

Les conclusions de Klein ont été combattues (novembre 1887) par Grookshank, professeur de bactériologie à Kings C!oilege. Observant, en novembre 1886, une épidémie ana< logae à celle décrite par Klein, dans un troupeau de vaches, Grookshank a cru reconnaître dans les accidents communiqués à l'homme, les caractères du cowpox. En tout cas, il n'y eut point de scarlatine dans la zone affectée de la maladie. Cet auteur ne croit pas devoir se prononcer déûnitivement sur le streptococcus de Klein ; il est cependant porté à croire que ce microbe n'a rien de spécifique et qu'on ie retrouve dans la diphtérie, Térysipèle, la fièvre puerpérale, etc. Ce serait le Streptococcus pi/ogenes, l'une des boit espèces de bactéries retrouvées par Jamieson et Ëdington, sur la peau des scarlatineux, mais engendrant par inocolation des phénomènes de septicémie.

Il est embarrassant d'avoir à se prononcer ici entre deux personnes aussi compétentes en bactériologie, avec des conclusions aussi contradictoires. Toutefois, en tenant compte de nos connaissances actuelles sur la bactériologie de la scarlatine, on pourrait admettre comme probable que Kldn a fait erreur et pris pour le microbe pathogène de cette maladie (sur lequel même aujourd'hui on n'est pas d'accord) le Streptococcus pyogenes reconnu par Grookshank.

D'autre part, on pourrait objecter à Grookshank, observe Talamon, que plusieurs maladies de la vache donnent lieu à la formation sur le pis de vésicules et d'ulcérations, qu*il n'est point démontré que l'épidémie observée par lui soit identique à celle observée par Klein. Il serait bien surprenant que, dans le cours de ses inoculations, Klein n'ait jamais reproduit ou reconnu le cowpox.

En somme, la question peut à la rigueur être considérée comme pendante; les conclusions de Klein paraissent cependant peu démonstratives à Baumgarten, à Thui et à Duclaux, dont la compétence en matière microbiologique ne saurait être contestée.

Cette réserve parait prudente en lisant dans un mémoire d'Axe la suite de Thistoire précédente. Les trois vaches achetées par le fermier de Hendon faisaient partie d'un lot de trente bétes qui furent emmenées dans plusieurs directions par leurs acheteurs. Plusieurs de ces vaches souffraient d'une éruption au pis et communiquèrent la maladie à d'autres.

M. A... achète huit de ces bétes; croyant qu'elles avaient le cowpox, il fit certaines recommandations à ses vachers, qui les suivirent si peu que trente ou quarante bétes de son troupeau furent contaminées. Le lait dont la quantité ne

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varia pas, fot distribué comme d*habitade, matin et soir. Une enquête faite par M. A..., pour savoir si ses clients avaient été incommodés par ce lait, donna des résultats négatif vérifiés par un médecin.

M. B..., acketa aussi trois vaches au marchand qui avait vendu au fermier de Hendon et à M. A..., Ces bêtes furent aussi atteintes de l'éruption précitée et en contaminèrent une dou£aine d'autres. Le lait distribué aux clients ne produisit nulle paît aucun malaise.

M. G. . ., .fteheta à M. A ... , sept vaches ayant été récemment atteintes de l'éruption et les môla à son troupeau composé ^'environ cent bétes. Peu de temps après leur arrivée, pludenrs vadies furent atteintes de l'affection ici limitée par ce fait que, peu de semaines auparavant, la plus grande partie de ce troupeau avait été déjà contaminée et se trouvait ainsi à l'abri d'une nouvelle atteinte. Le lait fut livré comme d*babitude et aucune plainte ne fut adressée.

M. Axe pense que la maladie, qui sévissait dans les différents troupeaux, avait une origine commune, venant, dans tous les cas, directement ou indirectement, des vaches achetées dans le Derbyshire. Quatre laiteries furent infectées, mais la fièvre scarlatine, coïncidant avec la maladie des vaches, était inconnue parmi les clients de trois d'entre elles. D'où cette conclusion irréfutable que l'épidémie de Londres, imputée à la laiterie d'Hendon, devait son origine à quelque cause obscure et à des causes que l'enquête n'a pas su révéler. D'après Thin, on a constaté qu'à Ghild's Hill, localité située à 3 milles de Hendon, il y avait eu, peu de temps avant l'épidémie, trois cas de scarlatine. Or, deux hommes de la ferme, employés à traire circulaient tous les jours entre Ghild's Hill et Hendon. Thin pense qu'il est possible que ces

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INPLUËNCKS PATBOLOOIQUES

; infecté le lait par suite de leur fréquentation

aie de scarlatine ajant sévi, en 1884, à DoTer

avait étë rapportée à l'asage du lait de vache, es, Strukler poursuivit une enquâte auprès de lionnes qui avaient été atteintes. Il s'ag;issait ent de savoir si ces persoDiies avaient eu la 'ant ou après l'épidémie, pour établir jusqu'à ane des maladies préserve do l'autre. Il fut

: 1" sur les 183 personnes qui avaient été |ui existaient encore, aucune, depuis l'épidémie scarlatine; 2" dans 8 familles, ceux qui avaient iment la maladie, avaient été préservés pendant ' 16 personnes infectées avaient eu antérieoreatine; 4° deux personnes atteintes légèrement gine) avaient eu la maladie dans leur jeunesse; s, la question de savoir s'il y avait en scarlare est restée douteuse.

ité incriminé dans plusieurs autres épidémies loper à Wimbledon et Merton, faubourgs de décembre 1888); par Blanc, à Cannes (1888); -, à Besançon; par Muir Howie; aucun fait n'est

démontré pour entraîner la conviction. La 9 donc encore pendante de savoir si les vaches ' une scarlatine se propageant par l'intermédiaire

— Dans une épidémie de diphtérie qui eut lien e, où l'on a cm devoir incriminer le lait, on a

certitude la présence d'une éruption siégeant I et ani pis des Taches, ces faits, Klein a essajé sur ces animaux l'ae-

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